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Séoul et Washington s'engagent à défendre la paix, 70 ans après la guerre de Corée

Le reportage de notre correspondante Anyck Béraud

Photo : Getty Images / Chung Sung-Jun

Agence France-Presse

Séoul et Washington ont réaffirmé jeudi leur engagement à défendre « la paix durement gagnée » sur la péninsule divisée, à l'occasion des célébrations du 70e anniversaire du début de la guerre de Corée.

Les forces nord-coréennes avaient envahi le Sud le 25 juin 1950, point de départ d'un conflit sanglant qui a fait des millions de morts, en majorité des civils.

Les armes se sont tues trois ans plus tard à la faveur d'un armistice qui n'a jamais été suivi d'un traité de paix, ce qui signifie que, techniquement, les deux parties de la péninsule divisée par la zone démilitarisée (DMZ) sont toujours en guerre.

En ce jour de 1950, l'alliance militaire entre les États-Unis et la République de Corée est née du fait de la nécessité, avant de se renforcer dans le sang, ont déclaré dans un communiqué commun le secrétaire américain à la Défense Mark Esper et son homologue sud-coréen Jeong Kyeong-doo.

 Des soldats armés en position de tir

Des soldats américains lors de la guerre de Corée

Photo : Reuters / Official U.S. Marine Corps Photo

Les deux alliés rendent hommage au sacrifice, à la bravoure et au legs de ceux qui ont donné leur vie pour défendre la liberté, la démocratie et la prospérité du Sud.

Sur les lieux d'une importante bataille, dans le comté de Cheorwon, près de la DMZ, une poignée de vétérans de la guerre ont célébré l'événement.

Il est malheureux que le Sud et le Nord aient dû vivre dans la confrontation pendant 70 ans à cause de la guerre, a dit un vétéran avant que des colombes soient libérées.

Les bilans de ce conflit ne font pas consensus. Le ministère sud-coréen de la Défense fait état de 520 000 Nord-Coréens tués, de même que 137 000 militaires du Sud et 37 000 Américains.

Pyongyang fait une lecture radicalement différente d'un conflit appelé au Nord la guerre de libération de la patrie en affirmant avoir été attaqué par le Sud.

Les historiens ont cependant trouvé dans les archives soviétiques de multiples documents montrant que Kim Il Sung a demandé à Staline la permission d'envahir le Sud, et d'autres détaillant les préparatifs de l'opération.

Le journal officiel nord-coréen Rodong Sinmun publiait jeudi plus de 10 articles consacrés à la guerre, dont un éditorial affirmant que les États-Unis ont réduit tout le pays en cendres.

Un cessez-le-feu n'est pas la paix, indique le quotidien. L'ennemi attend que nous oubliions le 25 juin et que nous baissions la garde.

Encore aujourd'hui, la Corée du Nord justifie par l'existence d'une menace américaine ses programmes nucléaires, qui lui valent d'être sous le coup de plusieurs trains de sanctions internationales.

Les relations entre Séoul et Washington ont été refroidies ces dernières années par les déclarations du président américain Donald Trump selon lesquelles le Sud devrait verser une contribution plus importante au maintien sur la péninsule de 28 500 hommes censés protéger les Sud-Coréens de la menace nord-coréenne.

Mais les alliés demeurent totalement engagés dans la défense de la paix durement acquise dans la péninsule coréenne, peut-on lire dans le communiqué.

Cet anniversaire intervient au moment où les relations intercoréennes se sont considérablement dégradées, deux ans après le début d'une détente historique qui avait été marqué par plusieurs sommets entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in.

Le régime nord-coréen a multiplié ces dernières semaines les attaques verbales contre Séoul, critiquant notamment le fait que des dissidents nord-coréens basés au Sud envoient en direction du Nord des tracts de propagande au moyen de ballons portés par le vent.

Après avoir rompu les canaux officiels de communication, la Corée du Nord a détruit la semaine dernière le bureau de liaison ouvert en septembre 2018 juste au nord de la DMZ, qui symbolisait la détente.

Son armée avait dans le même temps affirmé qu'elle entreprendrait de multiples actions contre le Sud. Celles-ci incluaient l'occupation de sites de la coopération intercoréenne désormais au point mort, la réinstallation de postes de garde dans la zone démilitarisée ou encore l'intensification des manœuvres militaires.

Mais M. Kim a décidé de suspendre ces plans d'action militaires.

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