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Crise psychologique : la police ne devrait pas occuper la première ligne

Plusieurs véhicules de police près d’un immeuble lors d’une intervention.

La police n'est pas formée à la gestion des crises psychologiques et on ne devrait pas s'attendre à ce qu'elle effectue ce travail important, affirme le CAMH.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Grégoire

Radio-Canada

Les policiers ne devraient pas être les premiers répondants pour gérer les personnes en situation de crise psychologique, affirme le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de Toronto.

Le CAMH rejoint les demandes de plus en plus nombreuses visant à retirer les policiers des lignes de front pour les personnes en situation d'urgence psychiatrique.

Il est clair que nous avons besoin d'une nouvelle voie, a déclaré mardi le CAMH de Toronto.

Cet appel fait suite à une série de décès au Canada impliquant la police et des personnes en situation de crise psychologique.

Ejaz Choudry, âgé de 62 ans et père de quatre enfants, souffrait de schizophrénie quand il a été tué par la police à Mississauga, en Ontario. Sa famille affirme avoir appelé une ligne d'assistance non urgente lorsqu’il a commencé à ressentir les effets de la schizophrénie.

Deux autres personnes en situation de crise ont été tuées par la police au cours du mois dernier. Chantel Moore, une Autochtone de 26 ans, a été abattue par la police à Edmundston, au Nouveau-Brunswick, le 4 juin.

Huit jours plus tard, Rodney Levi, 48 ans, a été abattu par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au Nouveau-Brunswick. Le chef de sa communauté autochtone l'a décrit comme étant perturbé, mais pas violent.

Au printemps dernier, D'Andre Campbell, 26 ans, a été tué par balle à Brampton, en Ontario. Il avait lui-même appelé le 911 pour obtenir de l'aide. Selon la sœur de la victime, il souffrait de problèmes de santé mentale.

Une police mal formée

Pendant trop longtemps, le système de santé a compté sur la police pour répondre aux crises de santé mentale dans la communauté, fait observer le CAMH dans un communiqué.

La santé mentale relève de la santé. Cela signifie que les personnes qui traversent une crise de santé mentale ont besoin de soins de santé, peut-on lire.

La police ne devrait pas être la première à intervenir. La police n'est pas formée aux soins de crise et on ne devrait pas s'attendre à ce qu'elle dirige ce travail important.

Le racisme aggrave les interactions pendant les crises, donnant lieu aux résultats tragiques que le Canada a connus récemment, ajoute le CAMH.

À Toronto, les équipes mobiles de santé mentale sont composées d'un policier et d'une infirmière diplômée, laquelle ne peut intervenir qu’en seconde ligne.

Montage de photos de Regis Korchinski-Paquet et de Chantel Moore

Regis Korchinski-Paquet et Chantel Moore sont toutes les deux décédées après un contrôle de bien-être effectué par la police.

Photo : Facebook

Seuls les policiers restent les premiers intervenants, notamment pour les appels impliquant une arme; la situation s’est produite lors du décès de Regis Korchinski-Paquet, une femme noire âgée de 29 ans, morte à Toronto après que la police eut été appelée à son domicile au sujet d’une agression au couteau.

Il n'est pas question d'envoyer une infirmière dans une bagarre au couteau, a commenté le chef de la police, Mark Saunders.

Le résultat, c'est que des gens se font tuer.

John Sewell, ancien maire de Toronto et désormais coordonnateur de la Coalition torontoise sur la responsabilisation de la police, dit que son organisation a demandé à la Commission des services de police de Toronto de prévoir une infirmière en santé mentale associée à un agent en civil pour répondre aux appels des personnes en situation de crise.

Un homme avec des lunettes.

John Sewell a été maire de Toronto de 1978 à 1980.

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

Le conseil d'administration a toujours refusé et a dit que nous devons d'abord envoyer les officiers armés et en uniforme, a-t-il déclaré à CBC. Eh bien, le résultat, c’est que des gens se font tuer.

Quant à l'argument selon lequel des officiers armés sont nécessaires si la situation dégénère, M. Sewell rétorque que des professionnels de la santé mentale formés traitent régulièrement de telles situations et sont habilités à gérer la désescalade, une compétence à laquelle la police n'est pas initialement formée, selon ses observations.

Dans une réponse adressée à CBC, le président du conseil d'administration des services de police de Toronto, Jim Hart, a déclaré que le conseil reste très favorable au programme en vigueur d'équipes mobiles de crise, mais qu'il est déterminé à travailler pour explorer les améliorations et les alternatives à ce concept.

D'après un reportage de Shanifa Nasser, de CBC News

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