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La communauté congolaise de la N.-É. se raconte pour combattre le racisme

Adonis Fuki est le nouveau président de la Communauté congolaise de la Nouvelle-Écosse.

Adonis Fuki est le nouveau président de la Communauté congolaise de la N.-É.

Photo : Radio-Canada

Olivier Lefebvre

Les Canadiens d'origine congolaise s’enracinent de plus en plus en Atlantique. À l’approche du soixantième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, ils ressentent le besoin de partager leur histoire. Une façon pour eux de combattre le racisme vivement dénoncé depuis la mort de George Floyd aux États-Unis.

En temps normal, les Canadiens d’origine congolaise se rassemblent chaque année le 30 juin. C'est le jour où, en 1960, la République démocratique du Congo est née. Le Congo belge se libérait ainsi du contrôle de Bruxelles.

La fête de l'indépendance est un moment pour les plus jeunes d’en apprendre plus à propos du pays de leurs parents. Quand nous leur parlons de nos difficultés là-bas, ils n'en reviennent pas, lance Mukunda Lunda, professeur à l'Université Sainte-Anne et membre de la Communauté congolaise de la Nouvelle-Écosse.

Mukunda Lunda est professeur de français à l'Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse.

Mukunda Lunda est professeur de français à l'Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Né dans les années 50, il a vécu la période précédant l'indépendance. Le professeur se rappelle les tensions raciales entre les Belges et les Congolais quand il était tout petit. Une période qu'il qualifie de difficile, marquée par la violence.

Même s'il est beaucoup plus jeune, Adonis Fuki, récemment élu à la tête de la communauté en Nouvelle-Écosse, en est bien conscient. Vous savez, aujourd’hui quand on parle de racisme, nous, on a dans notre tête l’histoire du colonialisme.

Il ne peut s'empêcher de dresser des parallèles dans le contexte actuel où le racisme a été vivement dénoncé ces dernières semaines.

Ce que nous vivons aujourd’hui, nos grands-parents l’ont déjà vécu. C’est important que nous puissions nous réunir pour essayer d’éradiquer systématiquement cet aspect, qui, pour nous, est un élément dangereux.

Adonis Fuki, président, Communauté congolaise de la N.-É.

La Communauté congolaise de la Nouvelle-Écosse compte actuellement environ 70 membres. Il espère bientôt tripler ses effectifs pour renforcer leur voix.

Célébrer la démocratie

L'atmosphère est normalement à la fête le 30 juin, mais Mukunda Lunda ne pourra s'empêcher de penser aux défis encore persistants dans son pays d'origine, 60 ans après son accession à l'indépendance. Le peuple, à l'époque, déplore-t-il, n'avait pas été préparé à vivre en démocratie.

C’est pour ça que notre démocratie jusqu’aujourd’hui souffre, ne parvient pas à s’implanter comme on aimerait, comme on souhaiterait, parce qu’il y a ce travail à faire, éduquer la population, c’est quoi la démocratie, dit-il.

La Néo-Brunswickoise Ginette Martin a été ambassadrice du Canada en République du Congo pendant trois ans.

La Néo-Brunswickoise Ginette Martin a été ambassadrice du Canada en République du Congo pendant trois ans.

Photo : Facebook/Ambassade du Canada en République démocratique du Congo

L’ex-ambassadrice du Canada Ginette Martin en sait quelque chose. Elle a passé trois ans dans le pays entre 2014 et 2017. Pendant son mandat, elle a participé à ce travail d’éducation avec des ONG locales.

Un meilleur Congo qu’avant, ça repose sur la participation des gens, la participation des jeunes et des militants qui osent s’avancer sur la place publique. Ça ne manquait pas en RDC, par contre, ce n'est pas évident, la répression peut parfois être assez forte, souligne-t-elle.

Le 30 juin, plusieurs Canadiens d'origine congolaise méditeront sur cette quête constante vers une démocratie plus saine et équitable, en République démocratique du Congo, au Canada, comme ailleurs.

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