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Du ballet au dessin : une conséquence inattendue de la pandémie

Dessin de silhouettes d'hommes en bleu.

Nouvelle création de l'artiste chorégraphe Jean Grand-Maître «Les danseurs».

Photo : Jean Grand-Maître

Radio-Canada

L'Alberta Ballet a annoncé qu'il ne reprenait pas ses activités avant 2021; toute l'équipe du ballet est donc en attente. Jean Grand-Maître aussi. Le directeur artistique et chorégraphe en profite pour revenir à ses premières amours, le dessin.

Je dessinais quand j'étais jeune. Jusqu'à l'école secondaire, je faisais beaucoup, beaucoup de dessins et mes cahiers de mathématiques étaient remplis de croquis. Il n'y avait pas beaucoup de chiffres... C'était probablement la première discipline artistique à travers laquelle je m'exprimais. Lorsque j'ai commencé à danser j'ai tout arrêté, jusqu'à l'âge de 57 ans, où j'ai repris le crayon et je me suis mis à dessiner, raconte-t-il.

De la danse au dessin

C'est la première fois que je ne suis pas en studio avec des danseurs depuis tout ce temps. J'ai réalisé tout de suite que ça me manquait, la relation avec les artistes, avec la musique, l'interprétation, la création, ajoute-t-il.

Plusieurs danseurs de ballet se pratiquent dans un studio.

« Je pourrais peindre une fresque de 20 mètres de long, ça ne remplace pas une répétition avec des danseurs parce qu'on crée en communauté », dit Jean Grand-Maître.

Photo : Radio-Canada

Un jour, j'ai sorti un vieux cahier et j'ai recommencé à dessiner. Au début c'était horrible, mais je me suis forcé à continuer, comme un danseur qui s'entraîne, sans arrêt, je me suis forcé à finir un dessin et ensuite à le retravailler, explique-t-il.

Puis je me suis mis à étudier les grands maîtres. J'imitais et je retravaillais ce que j'avais appris dans ma jeunesse et tout à coup il y a quelque chose qui a débloqué il y a une journée où j'ai fait un dessin, ajoute-t-il.

Jean Grand-Maître est assis à une table, à l'extérieur, regarde la caméra en tenant dans sa main droite, un crayon.

C'est dans son jardin, à l'arrière de sa maison, que Jean Grand-Maître travaille sur ses créations.

Photo : Radio-Canada

Bien-être

Dessiner, et jouer avec les différents médiums, ça a commencé à engendrer les mêmes émotions que j'avais en création, en studio avec les danseurs, avec les concepteurs scéniques, les costumes, les compositeurs. Ça m'a beaucoup nourri, depuis cette quarantaine; cinq heures par jour de travail, partage-t-il.

Des crayons de pastels sont dans une boite en métal.

Jean Grand-Maître utilise plusieurs outils pour créer ses oeuvres : pastels, crayons de bois, encre noire, craies et de l'aquarelle.

Photo : Radio-Canada

Comme disait Jean Cocteau, une fois qu'on ouvre les yeux à l'art, c'est très difficile de les fermer par la suite parce que nos yeux s'ouvrent à la beauté, à la vérité, à l'expression profonde. « C'est quelque chose que l'on ne veut pas perdre en vieillissant comme artiste.

Jean Grand-Maître
Paysage dessiné au charbon d'une cathédrale.

L'une des premières oeuvres de Jean Grand-Maître.

Photo : Jean Grand-Maître

J'ai pensé au ballet que je vais créer sur David Bowie en 2021. C'est loin encore, puisqu'on a repoussé la date à cause de la COVID-19, alors j'ai décidé de commencer à créer mon ballet David Bowie sur papier, dit Jean Grand-Maître.

Dessin d'une silhouette d'un homme.

Esquisse d'un futur costume pour le ballet sur David Bowie, dessiné par Jean Grand-Maître.

Photo : Jean Grand-Maître

Les personnages, la scénographie, j'écoutais ses chansons et les personnages me venaient tout doucement. Maintenant, ça me donne la chance de ralentir et d'imaginer le ballet, qu'il vienne à moi tout doucement, ajoute-t-il.

Esquisse d'un homme sur fond vert.

Esquisse du personnage Phi, pour le ballet de David Bowie, fait par Jean Grand-Maître.

Photo : Jean Grand-Maître

Dessin d'un homme nu en train de danser.

Esquisse d'un danseur dessinée par Jean.

Photo : Jean Grand-Maître

Je travaille avec les contrastes de couleurs ou dans des teintes de noir et blanc. Par la suite je prends ces images là en photo, je les travaille numériquement et puis je retravaille le dessin, et puis je retravaille l'image numérique, explique-t-il.

Un peintre peut voir huit couleurs sur une feuille d'arbre, ce sont des sens qu'on a depuis notre naissance, ce sont des cadeaux qu'on a à développer. Souvent on voit qu'on s'est amputé d'une partie de nos sens. Alors durant des temps comme ceux-là, c'est aussi le temps de revenir à nos sens, à cette sensibilité et faire attention aux détails de la vie, aux petites choses qui nous inspirent. Parce que c'est là, toute la magie de la vie, de toute façon, partage Jean Grand-Maître.

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Alberta

Arts visuels