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Les tournages pourront reprendre à moins d’un mètre, à certaines conditions

Quatre personnes masquées sont autour d'une table.

Lors de la reprise du tournage de «5e rang», le port du masque ou de la visière était obligatoire entre les prises.

Photo : Productions Casablanca

Cecile Gladel
Angie Landry

À partir du 15 juillet prochain, les comédiennes et comédiens pourront jouer à moins d’un mètre de distance, mais pour une durée maximale de 15 minutes par jour. Les scènes d'intimité restent toujours interdites pour le moment.

Voici les conditions imposées par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et la Santé publique pour la reprise des tournages, si les conditions épidémiologiques continuent d’être favorables.

La durée quotidienne où les acteurs et actrices pourront jouer sans distanciation physique a été établie à 15 minutes. [Ce temps maximal] sera cumulatif, donc on oublie les scènes de 22 minutes. [Les scènes doivent] être annoncées d’avance et on doit les fournir à la CNESST, [qui va] être très présente sur les plateaux de tournage pour s’assurer que tout se passe bien. C’est une très bonne nouvelle. Quand on se comporte correctement, ça ne cause aucun souci et ça peut être très rassurant pour tout le monde , pense Guillaume Lespérance, l’un des deux producteurs, avec Alexis Durand-Brault, qui ont proposé des protocoles à la Santé publique pour encadrer les tournages.

Joanne Forgues, productrice de la série 5e rang, dont le tournage du premier épisode post-COVID à deux mètres de distance s’est terminé mardi matin, croit que les 15 minutes seront difficiles et complexes à évaluer. Dans une scène, il y a plusieurs plans et plusieurs prises. On contrôle moyennement ça. On fait trois ou quatre plans et plusieurs prises. S’il arrive un pépin, les 15 minutes ne seront pas évidentes à respecter. On ne peut pas avoir des gens qui vont chronométrer, explique-t-elle.

Julie est dans les bras de Réginald.

Une scène de rapprochement encore interdit dans un épisode de la dernière saison de « 5e rang », tournée avant la pandémie.

Photo : Productions Casablanca inc.

Autrement, les tournages pourront se faire à une distance d’un mètre sans masque et sans limites de temps, avec des équipes restreintes de comédiennes et comédiens. Ce rapprochement va nous aider beaucoup , évalue Joanne Forgues.

La présidente de l’Union des artistes (UDA), Sophie Prégent, approuve ces mesures, mais les interprétations des normes sanitaires émises par la Santé publique l’inquiètent.

Si elles sont suivies, je n’ai aucun problème. Mais les artistes sont très vulnérables sur les lieux de tournage. Si tout le monde s’en tenait au guide, il n’y aurait pas de problème, mais certains producteurs ne [le suivent pas] et font toutes sortes de choses. Plus on va suivre le plan, plus on va éviter la catastrophe. L’improvisation sur un lieu de tournage va exposer les artistes

Sophie Prégent

Évidemment, le nombre de personnes sera toujours limité sur le plateau. L’une des autres conditions est d’avoir de petites équipes stables dans des zones contrôlées. Un registre de ces équipes et des scènes tournées à moins d’un mètre devra être mis en place, et les dates de tournage devront être communiquées à la CNESST. Cette documentation permet le traçage rapide en cas de contamination.

Il est important de comprendre que le un mètre sera permis avec un groupe de personnes sur une production qui doivent toujours travailler ensemble. Ce sera au producteur d’identifier ces gens-là et de communiquer leur nom à la CNESST.

Guillaume Lespérance

Cependant, les personnes considérées à risque devront toujours être à deux mètres.

Les scènes intimes toujours interdites

Il y aura cependant des contraintes. Durant les 15 minutes quotidiennes de proximité, les comédiennes et comédiens ne pourront s’embrasser ou avoir des scènes sexuelles simulées, puisque les scènes intimes sont exclues.

Dans les différents documents informatifs publiés par l’Association québécoise de la production médiatique, on explique notamment qu’un contact joue à joue ou lèvre à lèvre est considéré intime, mais une poignée de main, une tape sur l’épaule ou prendre un enfant dans ses bras ne l’est pas.

Cette mesure n’est toutefois pas comprise de la même manière par tout le monde. Sophie Prégent précise que les accolades, les scènes de bagarres ou d’arrestations ne seront pas possibles.

La comédienne regarde la personne qui fait l'entrevue.

La présidente de l'UDA, Sophie Prégent

Photo : Radio-Canada

Je lis que les accolades seront autorisées, mais c’est faux. La main sur l’épaule, c’est faisable; les arrestations, les bagarres, ce n’est pas permis, soutient Sophie Prégent, affirmant en avoir discuté à maintes reprises avec la docteure Marie-France Raynault, l’experte de la santé publique qui accompagne le milieu culturel depuis le début de la crise.

De son côté, la productrice Joanne Forgues pensait qu’il était possible pour les artistes de se toucher.

Ce n’est pas clair du tout, car la manière dont c’est écrit, on pouvait se rapprocher à moins d’un mètre, sauf pour des scènes intimes. Je pensais qu’on pouvait faire des accolades. Si c’est aussi flou, tout le monde va l’interpréter [à sa manière].

Joanne Forgues

Sophie Prégent ajoute qu’il est évident que des scènes devront être modifiées ou réécrites. C’est pour la santé des artistes que les gens aiment. Un lieu de tournage, c'est un nid à contraction du virus, soutient-elle en faisant le parallèle avec le monde du sport, où plusieurs athlètes ont été contaminés récemment,dont le joueur de tennis Novak Djokovic.

La CNESST entend veiller au grain. Si un inspecteur se rend sur les lieux de travail et constate qu’il n’y a aucune mesure prise pour protéger les travailleurs, il y a différents scénarios possibles en vertu de ses pouvoirs. Il peut donner un avertissement, demander des corrections, imposer une amende et aller jusqu’à la fermeture du milieu de travail, explique Nicolas Bégin, porte-parole de la CNESST.

Des contraintes qui s’intègrent bien

Guillaume Lespérance précise que le plus difficile se déroule lors des premières journées de tournage alors que les équipes doivent s’habituer aux différentes mesures. On a une capacité d’adaptation très forte, et les gens de notre industrie sont de grands professionnels. Je suis persuadé qu’on va trouver notre rythme et notre plaisir de créer, admet le producteur qui l'a expérimenté avec les émissions en direct Tout le monde en parle et Bonsoir bonsoir.

D'ailleurs, ces mesures vont lui permettre de compléter la dernière journée de tournage de la nouvelle série Les mecs et commencer celui de la prochaine saison de Discussion avec mes parents.

Trois techniciens portent des masques.

L'équipe de tournage de la série «5e rang»

Photo : Productions Casablanca

Joanne Forgues souligne aussi que le tournage avec distanciation de 5e rang s’est bien déroulé. Les prochains tournages sont prévus pour juillet. On était tellement préparés, ça a fait une différence. Tout le monde a beaucoup aimé. Le pire était de s’habituer à porter les masques et visières. Les lunettes sont plus efficaces. C’est contraignant, mais ça ne fera pas de différence à l’écran, explique-t-elle.

Si ce premier tournage s’est bien passé, la productrice soutient cependant qu’on ne pourra pas toujours se passer des scènes d’intimité. On va avoir besoin de scènes intimes, on ne pourra pas repousser ça à l’infini. Ça en prend, peu importe la série, sinon ça n’aura pas de sens, pense Joanne Forgues.

À noter que deux propositions, celles de plateaux confinés et de tests de détection de la COVID-19 pour les équipes, n’ont pas été retenues par la CNESST.

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