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Des craintes face à une possible prolifération des magasins de cannabis dans le marché By

Le gouvernement de l'Ontario ayant supprimé la limite quant au nombre de magasins de cannabis autorisés, une prolifération de ces commerces pourrait avoir lieu au cours des prochains mois dans le marché By.

Des clients qui font la file à l'extérieur du magasin de cannabis.

Deux magasins de cannabis ont pignon sur rue dans le marché By, à Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Jusqu’à sept magasins de cannabis pourraient avoir pignon sur rue d’ici quelques mois dans le marché By, ce petit secteur touristique d’un périmètre de 2,5 km à Ottawa. L’association des résidents et le conseiller du secteur souhaitent ralentir la cadence.

Certains brokers commerciaux ont signifié être seulement à la recherche de [locataires pour des] magasins de cannabis, lance le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury. Pour une zone comme le marché, c’est inquiétant.

Deux commerces ont ouvert leurs portes dans le marché By depuis la légalisation du cannabis, en octobre 2018. Quatre autres ont trouvé un local à quelques jets de pierres du parlement et ont demandé un permis à la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO), qui analyse leur demande.

Le conseiller municipal devant un magasin de cannabis.

Mathieu Fleury s'inquiète de constater que plusieurs magasins de cannabis veulent s'installer dans le marché By.

Photo : Radio-Canada

Si toutes les demandes sont approuvées, trois commerces pourraient se retrouver sur les rues Clarence et Parent, sur une distance de 225 mètres. Selon M. Fleury, un septième joueur a aussi démontré de l’intérêt dans le secteur au cours des derniers jours.

Il y a une inquiétude de la Zone d’amélioration commerciale (ZAC) et de résidents du coin, nous disant : "Pourquoi une aussi grosse concentration, pourquoi l'agence provinciale ne commence pas à essayer de décentraliser ce type de licence?" , explique le conseiller.

On recherche une mixité

En raison de la pandémie de COVID-19, plusieurs locaux se retrouvent désormais vacants dans le marché By, ce qui fait craindre au conseiller de Rideau-Vanier que d'autres détaillants de cannabis puissent s'y installer. Ce qu'on a remarqué, c'est que les tarifications pour les locations deviennent de moins en moins compétitives pour d'autres types de commerces, raconte-t-il.

On recherche une mixité d'entreprises dans une zone comme le marché By.

Mathieu Fleury, conseiller du secteur Rideau-Vanier

L'Association communautaire de la Basse-Ville d'Ottawa (ACBVO) abonde dans le même sens. On veut certainement que le commerce légal remplace le commerce illégal et dans ce sens-là on appui la présence de ces commerçants ici, mais [sept possibles commerces] semble un peu excessif, soutient son président, Norman Boyer.

Le président devant un magasin de cannabis.

Norman Boyer est président de l'Association communautaire de la Basse-Ville d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

De son côté, la Coalition des zones d'amélioration commerciales d'Ottawa ne partage pas ces inquiétudes. Son président, Mark Kaluski, estime que la COVID-19 vient changer les cartes du jeu. Tout commerce de détail et toute possibilité pour les travailleurs et les propriétaires de gagner de l'argent sont les bienvenus, a soutenu dans un texto M. Kaluski.

Prendre un pas de recul

En décembre, le gouvernement de Doug Ford a supprimé la limite du nombre de magasins de cannabis dans la province, dans le but de contrer le marché illégal. Sur le grand territoire de la ville d'Ottawa, du quartier Stittsville jusqu'à Orléans, une quarantaine de magasins pourraient ainsi ouvrir leurs portes, si les détaillants obtiennent leur permis.

Le président de l’ACBVO demande maintenant aux progressistes-conservateurs de prendre un pas de recul avant d’autoriser d’autres commerces à ouvrir leurs portes dans le marché By.

On croit qu'on devrait aller doucement et avec deux ou trois magasins, on pourrait faire une pause et regarder. C'est très difficile de reculer après, c'est pour ça qu'on propose d'y aller avec prudence.

Norman Boyer, président de l'Association communautaire de la Basse-Ville d'Ottawa

M. Fleury souhaite maintenant obtenir l'appui de ses confrères. Il déposera une motion lors de la prochaine rencontre du conseil municipal demandant plus de pouvoirs à la CAJO afin de permettre l'imposition d'une distance minimale de 150 mètres entre les magasins de cannabis. La province, dans ce contexte-ci, peut nous aider avec certains critères de séparation, soutient le conseiller.

Un édifice à louer dans le marché by.

Difficile d'être commerçant dans le marché By.

Photo : Radio-Canada

Le libre marché limitera le nombre de magasins, croit la province

C’est la CAJO qui est responsable de délivrer les permis, mais l'organisme suit les règles imposées par le gouvernement. Par courriel, la Commision convient qu'il n'y a pas de limite d'octroi de permis à l'intérieur des municipalités qui ont décidé d'autoriser les magasins sur leur territoire.

L'organisation assure toutefois qu’avant de donner le feu vert à un détaillant, elle entreprend une évaluation complète du candidat et de toutes les parties intéressées, y compris des contrôles de police et des antécédents. Seuls les candidats qui satisfont à toutes les exigences légales et réglementaires pourront ouvrir leurs portes.

Pour sa part, le bureau du ministère du Procureur général affirme dans un courriel qu'un libre marché limitera naturellement le nombre de magasins de cannabis rentables en fonction de la demande des consommateurs.

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Ottawa-Gatineau

Cannabis