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Le Canada perd sa cote de crédit AAA chez Fitch

Le Canada est l'un des pays du G7 ayant le plus emprunté au cours de la pandémie.

Bill Morneau assis derrière une tribune de la presse.

Le ministre des Finances Bill Morneau défend le plan d’intervention du Canada pour répondre à la COVID-19, qui consiste, selon lui, à donner aux travailleurs et aux entreprises le soutien financier dont ils ont besoin pour surmonter la crise sanitaire.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le Canada subit une baisse de sa cote de crédit en raison de ses dépenses liées à la crise de la COVID-19. Elle passe de AAA et AA+ chez l’agence de notation Fitch. C’est la première fois en 25 ans que la cote de crédit du Canada est déclassée.

Fitch indique que le Canada aura un déficit beaucoup plus important que prévu en 2020. Malgré le fait que ces dépenses ont été faites pour maintenir l’économie à flot, les perspectives d’investissements et de croissance du Canada continuent de faire face à des défis importants, selon l’agence Fitch.

Le Canada est l'un des pays du G7 qui a le plus emprunté au cours de la pandémie, après les États-Unis. Ses emprunts pour 2020 atteignent presque 12 % de son PIB.

La notation de crédit du Canada à AAA était déjà considérée comme faible par Fitch dès le mois de juillet 2019.

Les autres agences de notation de crédit comme Moody’s et DBRS maintiennent pour le moment leur cote AAA, tout comme Standard & Poor's. D’ailleurs, de tous les pays du G7, seuls l’Allemagne et le Canada ont une cote AAA avec S&P.

La baisse de la cote de crédit signifie que le Canada va payer plus cher d'intérêts pour emprunter de l’argent sur les marchés internationaux. Cela pourrait aussi avoir un effet semblable pour certaines compagnies canadiennes, mais il y aurait peu d’effets directs sur les Canadiens.

Réaction d’Ottawa

Le Parti conservateur du Canada (PCC) indique qu’il n’est pas surpris de voir la première baisse de la cote de crédit du Canada survenir sous le règne d'un gouvernement libéral. Selon le député Pierre Poilievre, le gouvernement Trudeau dépense trop, sans compter, et que le problème date d’avant la pandémie.

C’est un signe de perte de stabilité financière pour le Canada.

Pierre Poilievre, député conservateur

Le Canada est plus proche d'une crise potentielle d’endettement comme on a eu dans les années 90. Ça fragilise la situation économique. Certains investisseurs pourraient y penser à deux fois avant d’investir au Canada et ceci pourrait nuire à la relance économique, ajoute le député.

Le ministre des Finances Bill Morneau estime que le plan d’intervention du Canada pour répondre à la COVID-19 permet au Canada d’avoir une situation financière plus solide que de nombreux autres pays du G7 et du G20.

Nous continuerons d'être fiscalement responsables tout en agissant pour protéger notre pays et son économie. [...] Dès le début de la pandémie, le Canada était en excellente position pour déployer sa puissance fiscale pour protéger les Canadiens, et c’est ce que nous avons fait, affirme le ministre Morneau.

Plusieurs analystes au cours des derniers jours estiment cependant que la courbe d'endettement du Canada par rapport à sa croissance économique était trop rapide, et que l’absence de budget ou d’énoncé économique en bonne et due forme depuis le mois de mars rend l’incertitude encore plus difficile.

D'autres pays à risque

L’Australie a subi une baisse de sa cote de crédit au mois d’avril pour des raisons semblables. Et d’autres pays dans le monde pourraient se faire déclasser au cours des prochains mois.

L’agence Moody’s avertit que de nombreux pays sont à risque de subir un déclassement au cours des prochains mois, en raison de la hausse des dépenses et du ralentissement de l’économie liés à la pandémie.

Moody’s prévient notamment que le ratio de la dette par rapport au PIB va augmenter dans les 14 économies les plus avancées, en moyenne de 19 points de pourcentage en 2020. La hausse plus marquée, soudaine et vaste que durant la crise économique de 2008, note Moody’s.

Ce qui va affecter la cote de crédit dans les mois à venir dépendra de l'efficacité des politiques mise en place pour renverser le niveau d'endettement. Sinon, ça rendra les pays vulnérables à la reprise économique.

Agence Moody’s

Par ailleurs, le Canada est le pays le plus à risque d’une décote, ajoute Moody’s, puisque son ratio dette/PIB augmente à une plus grande vitesse que les autres grandes économies mondiales.

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