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La Faculté de musique de l'UdeM réinvente sa rentrée scolaire en contexte de pandémie

Les quatre responsables sont debout sur le balcon d'une salle de concert.

Jean-Francois Rivest, chef d'orchestre, Nathalie Fernando, doyenne de la Faculté de musique, Pierre Michaud, vice-doyen aux cycles supérieurs et à la recherche, et Onil Brousseau, coordonnateur à la production, dans la salle de concert Claude-Champagne de l'Université de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Pas question que la COVID-19 fasse taire la musique.

Il était impensable pour la Faculté de musique de l'Université de Montréal (UdeM) que la pandémie signe l'arrêt des cours en salle de classe, des concerts et des répétitions d'orchestre. Pour la rentrée scolaire, son équipe a notamment imaginé comment doubler la superficie de sa scène de spectacle pour en faire une plateforme qui permettra la distanciation physique, et qui en sera aussi une pour réinventer l'enseignement et la pratique de leur art.

Le jour où il a été annoncé que les classes étaient suspendues pour prévenir la propagation de la COVID-19, le 13 mars dernier, des étudiants et étudiantes de l'UdeM étaient en train de répéter une dernière fois le Chevalier à la rose de Strauss en vue d'un concert.

C'est le directeur artistique et chef de l'orchestre de l'université, Jean-François Rivest, qui a dû leur apprendre la mauvaise nouvelle.

« Je dis toujours aux étudiants qu'ils doivent jouer comme si c'était la dernière fois. Et là, c'était vrai, c'était la dernière fois. [...] Ça pleurait dans l'orchestre. C'était incroyable, la réaction. Ils voulaient jouer », a-t-il relaté cette semaine.

Pas facile d'enseigner à distance la musique

Toutes les facultés des universités québécoises se sont tournées vers l'enseignement en ligne, en raison de la crise sanitaire. Mais si de nombreuses matières peuvent s'enseigner facilement à distance, la musique se trouve dans une classe à part.

Analyser une symphonie de Beethoven via Zoom, ça va. Jouer du violon, ça ne marche pas, résume le chef d'orchestre.

Après un court moment d'angoisse, la doyenne de la Faculté de musique, Nathalie Fernando, a eu cette réaction : Il faut rester vivants. Les projets dans ce but se sont succédé en vue de la rentrée scolaire à l'automne – et même avant.

L'un d'eux est cette immense plateforme qui sera construite d'ici le mois d'août et qui recouvrira les huit premières rangées de sièges de la salle Claude-Champagne.

La salle ne pourrait actuellement recevoir que 35 musiciens et musiciennes qui respectent les règles de distanciation. Elle est trop petite pour y jouer une symphonie de Beethoven, selon le chef d'orchestre.

Avec cet ajout modulaire, la scène pourra plus que doubler sa superficie (2750 pieds carrés, l'équivalent de celle de la Maison symphonique de Montréal) et accueillir 75 musiciens et musiciennes, comme le précise Onil Brousseau, coordonnateur à la production. Elle a été conçue par Scène Éthique, une entreprise québécoise qui a travaillé avec Céline Dion, le Cirque du Soleil et Robert Lepage.

Pour l'instant, il est prévu que cette scène agrandie serve aux captations audiovisuelles, auxquelles collaborera le Département d'études cinématographiques.

Elle profitera donc au public, qui pourra écouter en ligne les concerts, et aux étudiants et étudiantes qui auront un lieu pour apprendre et travailler avec les autres, en format orchestre ou symphonique.

Une collaboration avec le cinéma

Mme Fernando se souvient que quand la COVID-19 est arrivée, on s'est demandé quelle était la formation pour un étudiant en musique du 21e siècle.

Mais sa faculté avait déjà entamé cette grande réflexion avant le 13 mars, dont celle de la collaboration avec les étudiants et étudiantes en cinéma. La pandémie a toutefois permis à l'équipe de migrer vers autre chose : Elle nous oblige à aller plus loin, plus vite, dit-elle.

Regardant la scène vide, M. Rivest explique que le fait d'apprendre à jouer en vue d'un enregistrement est plus difficile que d'apprendre à jouer en vue d'un concert en direct. C'est un métier en soi, dit-il.

Il estime que la faculté doit donc apprendre à ses jeunes musiciens et musiciennes comment travailler avec les caméras et à se donner à 100 % sans public.

Ce qu'on veut offrir à l'automne, ce n'est pas un plan B ou un plan C. On est en train de se réinventer, avec un enseignement qui servira, qu'il y ait pandémie ou non.

Pierre Michaud, vice-doyen aux cycles supérieurs et à la recherche de l'Université de Montréal

L'automne sera ainsi parsemé de cours théoriques sur Internet et de cours en classe. La doyenne souligne que toute la faculté a été réorganisée pour que les lieux soient sécuritaires. C'est déjà le cas cet été : un horaire permet aux étudiants et étudiantes de venir jouer de leurs instruments sur place, car certains ne peuvent le faire à la maison. Vous imaginez les voisins qui auraient six heures de trombone par jour? s'exclame la doyenne.

Tout le monde travaille pour que les étudiants puissent revenir, pour que la musique puisse recommencer là où elle s'est arrêtée, ajoute Onil Brousseau.

Et pour faire plaisir à ses étudiantes et étudiants privés de leur concert, M. Rivest a remis au programme en avril le Chevalier à la rose.

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