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L’homme dont l’arrestation a été largement diffusée avait besoin d’aide, dit sa femme

Les visages de Joanne Fontaine et Flinn Dorion.

Joanne Fontaine, qui vit avec M. Dorion au refuge du Main Street Project depuis plusieurs mois, affirme qu'il avait consommé de la méthamphétamine pour atténuer sa douleur après la mort de sa sœur, qu’il venait de rencontrer.

Photo : Fournie par Joanne Fontaine

Radio-Canada

L’arrestation de Flinn Dorion par la police de Winnipeg, captée sur vidéo, a été largement diffusée dans les médias sociaux. Sa femme, Joanne Fontaine, dit qu’il souffre et a besoin d’aide.

Flinn Dorion, 33 ans, a été arrêté le 11 juin, après avoir prétendument fracassé la fenêtre d’un bâtiment. Selon la police, il possédait également une arme à feu, qui s’est avérée plus tard être une réplique.

Des vidéos prises par un passant et des caméras de surveillance montrent un policier frapper à plusieurs reprises Flinn Dorion.

Joanne Fontaine, qui vit avec M. Dorion au refuge de Main Street Project depuis plusieurs mois, affirme qu'il avait consommé de la méthamphétamine pour atténuer sa douleur après la mort de sa sœur, qu’il venait de rencontrer.

D’après elle, dans une telle situation de détresse, la police aurait dû trouver une autre manière de gérer l’arrestation.

Je n’ai pas du tout aimé ça, indique-t-elle.

Ils [les policiers] auraient pu faire autre chose, au lieu de lui donner des coups de pied et tout. Dans la vidéo, il [Flinn Dorion] ne semble même pas se montrer résistant.

Joanne Fontaine, épouse de Flinn Dorion

Elle souligne que son partenaire est plutôt quelqu'un d'aimable et travailleur lorsqu’il n’est pas sous l’influence de la drogue. Le couple a trois enfants qui vivent présentement avec des membres de leur famille.

Sans famille

M. Dorion, qui est originaire de la Nation crie d’Opaskwayak, dans le nord-ouest du Manitoba, a passé la majeure partie de son enfance dans des foyers d’accueil à Winnipeg. Il n’a jamais connu ses parents biologiques. Sa mère, Elizabeth Dorion, a disparu à Pukatawagan en 1999 et aurait été assassinée.

M. Dorion est diplômé d’une école secondaire de Winnipeg et a occupé un poste de couvreur durant plusieurs années.

Selon Joanne Fontaine, Flinn Dorion a changé et a commencé à consommer de la méthamphétamine après le décès de la personne qu’il considérait comme sa mère. Celle-ci est morte des suites d’un cancer. Depuis lors il a changé. Il s’en prend à lui-même et agit de manière déraisonnable, note-t-elle.

De plus, elle souligne qu’il a été alcoolique et a été accusé trois fois de violence conjugale. Il s’est remis de ses problèmes d’alcool l’an dernier, mais n’a jamais abandonné la méthamphétamine, précise-t-elle.

Une femme debout devant un mur.

Joanne Fontaine est originaire de la Première Nation Sagkeeng.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik/CBC

Elle explique qu’il a récemment eu une crise au refuge, mais le personnel a su le calmer.

Il hurle et tout, et ils savent comment le calmer et c’est à peu près tout, dit-elle tout en martelant que ce n’est pas toujours facile pour eux au quotidien malgré leur bonne volonté.

Nous sommes tous les deux perdus tous les jours. Parce que nous sommes seuls, moi et lui. Pas de famille, dit-elle.

Accusations

Flinn Dorion est en détention et fait face à des accusations d’agression sur un officier, de méfait, d’introduction par effraction et de trois accusations de possession d’une arme.

Il a été arrêté pour la première fois en 2012, à l’âge de 25 ans, après avoir écrit désolé, pardonnez-moi sur un billet de 100 $ que son ami et lui avaient pris dans un restaurant Boston Pizza avant de sortir. Il avait alors tendu un couteau à beurre sur le policier qui l’avait plaqué dans le stationnement.

Le juge lui a infligé une peine probatoire pour cette agression et a déclaré qu’elle espérait ne jamais le revoir devant le tribunal.

Joanne Fontaine souligne que son compagnon et elle ont dû faire face à de nombreux problèmes dans leur vie, mais se sont toujours soutenus. Elle aimerait de ce fait l’aider à s’en sortir une fois de plus.

Selon Elder Dave Courchene, un aîné de la Première Nation de Sagkeeng, Flinn Dorion, comme beaucoup d’autres personnes autochtones, a besoin d’aide.

Il fait remarquer que beaucoup d’Autochtones sont incriminés pour des comportements liés à la santé mentale qui résultent d’un système dont ils sont victimes.

La responsabilité est partagée, dit-il. Les gens doivent comprendre la nécessité et le mérite d’aider à rendre ce qui a été retiré au peuple autochtone.

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