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Montréal n'a pas interdit le glyphosate, contrairement à sa promesse

Le pesticide devait être banni avant la fin 2019, mais il est toujours autorisé. La Ville promet un règlement plus ambitieux en 2021.

Des bouteilles de Roundup déposées sur du gazon et entourées de pissenlits.

Le glyphosate est l'ingrédient actif d'un herbicide principalement commercialisé sous la marque Roundup. C'est le pesticide le plus utilisé au Canada et dans le monde.

Photo : Getty Images / Scott Olson

Ce serait irresponsable de ne pas agir, affirmait en septembre 2019 Laurence Lavigne-Lalonde, élue au comité exécutif.

La nouvelle de l'interdiction du glyphosate sur le territoire de Montréal avait suscité de l'intérêt au Canada et à l'étranger.

Montréal devenait une des toutes premières administrations à oser le faire « au nom du principe de précaution » et elle encourageait même les autres municipalités et le gouvernement du Québec à la suivre. Mais elle ne l'a finalement pas fait. En tout cas, pas encore.

Il est prévu d'adopter le nouveau règlement sur l'utilisation des pesticides d'ici la fin de l'année afin qu'il entre en vigueur à partir du 1er janvier 2021, explique le porte-parole de la Ville, Gonzalo Nunez.

Pourquoi ce report d'un an par rapport à l'échéance initiale? Le nouveau règlement est ambitieux, répond la Ville. Certains aspects en termes d'application doivent être bien arrimés avant de le faire adopter.

Selon nos informations, d'autres pesticides pourraient s'ajouter au glyphosate sur la liste des produits interdits dans le nouveau règlement, mais la Ville a refusé de nous montrer le texte. Certains aspects sont en cours de validation, justifie Gonzalo Nunez.

Même si l'île de Montréal compte peu de terres agricoles, l'administration de Valérie Plante s'inquiète de la qualité des sols ainsi que des résidus de pesticides qui se retrouvent dans l'alimentation ou dans les cours d'eau.

À l'époque, l’Union des producteurs agricoles (UPA) avait qualifié la décision de Montréal de précipitée.

Avec l'interdiction, des agriculteurs, certains clubs de golf et même le Jardin botanique devraient trouver une autre solution pour lutter contre les mauvaises herbes.

Un cancérigène « probable », selon l'OMS

Le glyphosate est l'ingrédient actif d'un herbicide principalement commercialisé sous la marque Roundup. C'est le pesticide le plus utilisé au Canada et dans le monde.

L'herbicide est au centre d'un conflit scientifico-judiciaire et met en jeu des milliards de dollars.

En 2015, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré le glyphosate « cancérigène probable ». Son fabricant, Bayer, qui est propriétaire de Monsanto, fait face à plusieurs poursuites d'utilisateurs atteints de cancer, dont certains au Canada et au Québec.

Bayer dément que le glyphosate soit cancérigène et met en avant des décennies d'études et d'autorisations réglementaires dans différents pays qui prouvent, selon elle, l'innocuité du Roundup pour l'humain.

En janvier 2019, Santé Canada a maintenu son approbation du produit.

Au Québec, les municipalités ont le droit de réglementer l'utilisation de pesticides sur leur territoire, pourvu qu'elles ne soient pas plus permissives que la province. Elles peuvent toutefois s'exposer à des poursuites si des agriculteurs jugent qu'ils subissent un préjudice.

Environ 150 municipalités québécoises restreignent l'usage des pesticides, mais généralement la pratique agricole en est exemptée.

Avec la collaboration de David Rémillard

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