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Seize décès liés aux opioïdes en deux semaines en Alberta

Un comprimé coupé en deux.

Le carfentanil est un opiacé 100 fois plus puissant que le fentanyl.

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/CBC

Une augmentation du nombre d’appels d’urgence liés aux surdoses aux opioïdes oblige les autorités sanitaires de l’Alberta à lancer une deuxième alerte publique en 14 jours pour souligner les dangers entourant la consommation de drogues illégales.

Une drogue illégale puissante circule sur le marché noir, selon des analyses toxicologiques.

Depuis le début du mois de juin, il y a eu 184 appels à Edmonton pour des incidents entourant la consommation d’opioïdes. En comparaison, pendant presque la même période l'an dernier, les services d’urgence ont été contactés 133 fois dans la capitale albertaine.

De plus, 16 personnes sont mortes d'une surdose de carfentanil au cours de la dernière semaine de mai et la première semaine de juin. Parmi elles, 14 vivaient à Edmonton.

Cette augmentation est due en partie à la pandémie de COVID-19, dit Petra Schulz, une Albertaine dont le fils est mort d'une surdose il y a six ans.

Tenter de se sortir d'une dépendance à la drogue est la chose la plus difficile, mais encore plus en temps de pandémie, poursuite celle qui est aussi la cofondatrice de l’organisme Moms Stop the Harm.

Les personnes qui souffrent de dépendances sont plus à risque d'une rechute à cause des règles de distanciation physique qui entraînent l'isolement et diminuent l'accès aux services, explique cette mère qui milite pour changer les politiques entourant les drogues. Elle connaît le nom de plusieurs personnes souffrant de dépendance qui ont perdu la vie ou qui ont fait une rechute récemment.

Ceux qui ont des proches qui consomment dans les rues sont plus inquiets que jamais.

Une citation de :Petra Schulz, cofondatrice, Moms Stop the Harm

Des drogues plus fortes

Krishna Balachandra, un psychiatre spécialisé dans les problèmes de dépendance, a aussi constaté une hausse des surdoses. D’après lui, des drogues de moins bonne qualité sont en circulation depuis que la COVID-19 a entraîné la fermeture des frontières le 21 mars dernier.

Ce qu’on voit avec ces surdoses, c’est une augmentation de la puissance des opioïdes et la présence de contaminants, dit-il.

Les vendeurs de drogues ont de la difficulté à s'approvisionner depuis la pandémie et doivent, pour réduire leurs coûts, mélanger leur produit avec d'autres substances toxiques, selon le médecin spécialiste.

Les solutions existent

Pour aider les consommateurs pendant la crise, la province va investir 4 millions de dollars supplémentaires dans son programme d'assistance médicale virtuel. Si Petra Schulz salue l’initiative, elle estime que ce n'est pas suffisant.

On doit faire en sorte que les gens qui ne sont pas prêts à recevoir de l’aide pour traiter leur dépendance restent en vie, dit-elle.

La cofondatrice de Moms Stop The Harm croit que la publication de données mensuelles sur le nombre de surdoses permettrait d’avoir un portrait plus clair de la situation et de prendre de meilleures décisions.

Elle juge que la province devrait adopter une approche qui se base sur la science, similaire à celle utilisée pendant la pandémie de la COVID-19 afin d’enrayer cet autre problème qui a fait plus de 600 morts l'an dernier en Alberta.

Avec des informations d'Andréane Williams

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