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Un groupe divulgue les documents internes de 200 services de police américains

Un pirate informatique utilise un ordinateur.

Le groupe DDoSecrets prétend avoir reçu les documents d'une personne faisant partie du groupe Anonymous.

Photo : Getty Images / Getty Images / xijian

Radio-Canada

Le groupe DDoSecrets a mis en ligne plus d’un million de fichiers qui auraient fuité de plus de 200 services de police et de bureaux du Federal Bureau of Investigation (FBI), aux États-Unis. Le dossier, qui couvre une période de 24 ans, inclut des notes de service internes, des courriels et de l’information personnelle sur du personnel policier.

Le dossier de 269 gigaoctets (Go) regroupant ces documents, baptisé BlueLeaks, a été publié en ligne vendredi dernier. Les fichiers auraient été obtenus à la suite d’une brèche de données dans les serveurs de Netsential, un fournisseur de services web qui centralise les données de plusieurs établissements des forces de l’ordre de partout aux États-Unis.

En entrevue au magazine Wired, la fondatrice de DDoSecrets, Emma Best, a raconté que les fichiers piratés lui auraient d’abord été fournis par une personne affirmant faire partie du collectif Anonymous, qui a confirmé l'information sur Twitter, en indiquant ceci : Lorsqu'on a de nouveaux abonnés, les médias sont partout, mais quand on publie 270 Go de données internes sur les forces de l'ordre, les médias restent silencieux.

DDoSecrets a rassemblé les fichiers dans un dossier consultable par recherche sur son site web. Les internautes ont rapidement créé le mot-clic #blueleaks pour partager sur les réseaux sociaux les informations qu’ils et elles y ont trouvées.

C’est le plus grand piratage à viser les forces de l’ordre américaines, a expliqué Emma Best. C’est un regard intérieur sans précédent sur les agences locales, étatiques et fédérales chargées de protéger le public, notamment dans leur réponse à la COVID-19 et aux manifestations en appui au mouvement Black Lives Matter.

Que contiennent les fichiers?

En consultant BlueLeaks, on peut apprendre par exemple que le FBI surveillait de près les réseaux sociaux des personnes prenant part aux manifestations à la suite de la mort de George Floyd et qu'il transmettait aux autorités locales tout message ciblant les forces policières.

D’autres documents montrent comment le FBI a retracé les dons en bitcoins faits à des groupes de protestataires, ainsi que des notes de service internes indiquant que des groupes suprémacistes blancs se faisaient passer pour des antifas afin d’alimenter la violence.

D’autres notes internes mettent en lumière la façon dont les services de police s’échangent de l’information sur les vêtements et les véhicules des personnes qui manifestent, qu’ils considèrent comme une menace.

Les documents comprendraient aussi des informations très sensibles sur des membres spécifiques des forces policières, comme des informations sur leurs comptes en banque.

Emma Best explique toutefois qu’elle et son équipe ont épluché les fichiers et ont retiré près de 50 Go de contenu sensible à propos des victimes d’actes criminels, des enfants, de certaines entreprises privées, d’établissements de santé et d’associations de vétérans.

Pas d'information sur de possibles actes illégaux

Les documents ne semblent pas inclure d’information sur les manquements spécifiques de certains agents et agentes ni sur les plaintes adressées aux différents services de police, affirme le Business Insider.

J’ai vu quelques commentaires affirmant que [BlueLeaks] a peu de chances de dévoiler de fautes graves de la part de la police, mais je crois qu’il passe à côté du sujet. [...] Les manifestations récentes sont alimentées en partie par ce que la police fait en toute légalité.

DDoSecrets indique agir de façon similaire à WikiLeaks en étant un forum publiant des fuites sans identifier les pirates qui en sont l’origine. Le groupe ajoute qu’il n’est pas impliqué dans l’exfiltration de données.

Avec les informations de Wired, et Business Insider

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