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Le déconfinement n'est pas une étape facile pour les garderies

Des enfants jouent dans une garderie.

Des enfants jouent dans une garderie.

Photo : Radio-Canada

L'entrée en vigueur de la phase 3 du plan de relance de l'économie n'est pas synonyme de retour à la normale pour les gardries manitobaines. Si elles peuvent fonctionner dorénavant à plein régime, plusieurs sont encore loin du nombre d'enfants qu'elles accueillaient avant la pandémie de COVID-19.

À Shilo, la directrice de la garderie Les Amis de la Source, Marie-Angélique Jaune, affirme que lundi, neuf enfants seulement étaient présents sur une capacité totale de 35. Comme on est sur une base militaire, je pense que certains parents n'ont pas encore repris le travail, dit-elle.

Il y a aussi ceux qui ne sont pas encore rassurés pour envoyer leurs enfants à la garderie. Selon Mme Jaune, ils se posent beaucoup de questions en dépit de toutes les mesures de sécurité mises en place par le centre.

Des blocs Lego multicolores en vrac.

Marie-Angélique Jaune, directrice du centre de la petite enfance Les Amis de la Source, à Shilo, dit que certains parents semblent réticents à envoyer leurs enfants à la garderie.

Photo : Radio-Canada / Marie-Maude Pontbriand

Ils nous demandent ce qu'on va faire si des enfants sont malades ou ont des symptômes. On les rassure en leur disant que si un enfant est malade, il va rentrer chez lui en attendant les résultats du test. On leur dit aussi que s'il faut fermer la garderie pendant la période de quarantaine, on le fera, souligne-t-elle.

En raison de la crise sanitaire, la garderie fait également face à une pénurie de personnel. Sur les cinq employés en place, deux ont déjà remis leur démission.

La garderie est située dans la campagne et c'est difficile de trouver du personnel qui parle français, note Marie-Angélique Jaune. Faute de pouvoir remplacer les employés partis, la direction pourrait devoir réduire le nombre d'enfants qu'elle peut admettre.

À Saint-Pierre-Jolys, la directrice des Petites Grenouilles, Chantal Maynard, attend d'en savoir davantage sur les directives provinciales de cette troisième phase de déconfinement avant de décider quoi faire.

Je ne sais pas c’est quoi, les nouvelles directives. Pourquoi est-ce que je dirais si je peux prendre tous les enfants, si je ne connais pas le nouveau règlement, indique-t-elle. Pour le moment, la garderie n'accueille que 35 enfants, alors que sa capacité normale est de 60.

De son côté, la garderie les Petits Génies, à Saint-Boniface, a opté pour un retour graduel. Un groupe de huit enfants s'est ajouté aux 16 autres qui sont sur place depuis le début de la pandémie. Huit autres sont attendus en juillet.

Une femme sourit.

Anick-Lia Péhé, directrice de la garderie les Petits Génies.

Photo : Radio-Canada

La directrice, Anick-Lia Péhé, affirme que ce retour progressif vise à s'assurer que les dispositions de sécurité en place fonctionnent convenablement. Ces enfants ont passé au moins quatre mois à la maison. On veut donc être prudent par rapport aux autres enfants et aussi par rapport au personnel, dit-elle.

D'après Anick Lia Péhé, cela permet aussi à la direction de mieux s'organiser pour rappeler au travail d'autres employés. Il faut s'assurer que tout se passe bien avec les salaires parce que nous n'avons pas d'argent, explique-t-elle.

Une pétition pour plus de financement

Il faut dire qu'à l'instar de nombreux autres secteurs celui de la petite enfance a subi les contrecoups de la pandémie. Certaines garderies ont dû fermer temporairement leurs portes tandis que d'autres ont vu le nombre d'enfants baisser de façon importante. Toutefois, selon Anna Weier, les difficultés financières des garderies au Manitoba datent d'avant la crise sanitaire.

Avant même la pandémie, les services de garde d'enfants ne recevaient pas suffisamment de fonds du gouvernement pour payer des salaires équitables et justes. Et maintenant, c'est encore plus difficile pour les garderies de fonctionner sans l'appui financier du gouvernement, dit-elle.

Des pinceaux.

Les initiateurs de la pétition réclament plus de financement de la province et des salaires équitables pour le personnel de la petite enfance.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Cette mère de famille fait partie d'un groupe de parents et de fournisseurs de services de garde qui ont lancé une pétition en ligne. Ils réclament plus de financement pour les garderies de la part du gouvernement provincial.

Selon Anna Weier, la pandémie a entraîné des dépenses supplémentaires pour les garderies. Elle soutient que le gouvernement devrait allouer un budget aux dépenses destinées à la désinfection des locaux et à l'achat d'équipements individuels de protection.

Elle affirme que, sans appui financier, il est impossible pour les centres de la petite enfance de tenir le coup. La pétition a recueilli jusqu'à présent plus de 2200 signatures.

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