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Avec ou sans pandémie, le déclin de l’Est-du-Québec se poursuit

Des touristes pêchent sur le bord du fleuve à Rivière-du-Loup.

La population continue à décliner au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine (archives).

Photo : Radio-Canada / Sandra Fillion

Malgré le regain d’intérêt pour nos régions que semble susciter la pandémie de COVID-19, il faudra un exode urbain ou encore une hausse marquée des naissances pour contrer le déclin démographique du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

Au cours des 30 dernières années, nos régions ont perdu plus de 42 000 habitants et ont enregistré une baisse de population chaque année, à quelques exceptions près.

Elles sont les seules au Québec, avec la Côte-Nord, à être constamment en décroissance depuis les années 1990.

Le Bas-Saint-Laurent a connu son apogée démographique en 1961 avec 232 415 habitants, explique le professeur en développement territorial à l’Université de Moncton, Majella Simard.

En comparaison avec aujourd’hui, ça représente une perte d’un peu plus de 35 000 personnes, une diminution de 15 % de la population et la situation va en s’amplifiant depuis les trois derniers recensements, dit-il.

En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, la baisse de population est encore plus marquée. La région a perdu 20 % de sa population depuis 1986, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Graphique montrant que la population baisse depuis 1986 au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

La population continue à décroître dans l'Est-du-Québec.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Rochette-Bériau

Ainsi, il est fort peu probable que l’engouement créé par la pandémie pour les régions vienne renverser la tendance démographique, estime M. Simard.

C’est bien évident que ces quelques arrivées-là ne pourront jamais compenser les pertes que la région a accumulées, surtout depuis 1986 où le phénomène s’est amplifié, dit-il.

La crise [sanitaire] va finir par passer un jour, les problèmes démographiques, eux, vont rester.

Majella Simard, professeur en développement territorial à l'Université de Moncton

À la baisse démographique s’ajoute le vieillissement de la population. L’automne dernier, on apprenait que le quart de la population bas-laurentienne était âgée de 65 ans et plus. Un seuil atteint en 2017 dans la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

La Gaspésie est l’une des régions qui ont eu le vieillissement le plus marqué dans les dernières années, explique la démographe Anne Binette Chabonneau, de l’ISQ.

En 2041, si la tendance se maintient, on parle de près de 40 % de la population qui sera âgée de 65 ans et plus [en Gaspésie].

Anne Binette Chabonneau, démographe à l'Institut de la statistique du Québec

Un poids politique qui s'amenuise

Qui plus est, nos régions ont perdu un poids politique considérable depuis 1960. Le nombre de circonscriptions au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine a baissé de près de moitié à l’Assemblée nationale, et par conséquent, le nombre de députés qui défendent les intérêts de ces régions au parlement québécois.

Tableau montrant que le nombre de députés représentant l'Est-du-Québec a baissé de près de moitié depuis 1960.

*La circonscription Côte-du-Sud n'est pas comptabilisée dans ce nombre, puisqu'elle se situe en majeure partie dans la région de Chaudière-Appalaches.

Photo : Radio-Canada

Pour renverser cette tendance lourde, Majella Simard est d'avis que Québec devrait se doter d'une politique démographique. Un milieu où la décroissance est rendue à 30-40 % devrait recevoir une attention plus importante qu'une localité qui perd 5 % de sa population, estime-t-il.

Cinq kayaks au parc du Bic

La pandémie semble avoir suscité l'intérêt des citadins pour nos régions pendant la pandémie (archives).

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

En attendant, Québec projette toujours de décentraliser 5000 postes de fonctionnaires au cours des 10 prochaines années afin de favoriser l'occupation du territoire.

Un premier plan en ce sens devait être déposé au printemps dernier, mais a été reporté à cet automne en raison de la pandémie.

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