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Passionnément fous? Ils se lancent en affaires en pleine pandémie

Raymond LeBlanc coupe un ruban rouge devant son restaurant en compagnie d'une femme et de trois enfants.

Raymond LeBlanc a ouvert son restaurant de poutines au début des mesures de déconfinement en Alberta.

Photo : Gracieuseté de Raymond LeBlanc

Au matin du 2 juin, Raymond LeBlanc tient fièrement une paire de ciseaux et un ruban rouge dans ses mains. Alors que seulement un quart des restaurants ont rouvert au Canada, le contractant devenu restaurateur ouvre les portes de son Shack à patate pour la première fois.

Le pari n’apparaît pas fou pour celui qui se décrit comme un optimiste. Ce restaurant est l’aboutissement d’un rêve de cinq ans, celui de rendre hommage à son beau-frère mort d’un cancer.

J’étais allé visiter mon beau-frère à Sudbury et je me suis arrêté à un shack à patates pour prendre une couple de poutines. Quand je suis arrivé, il mangeait une carotte, parce que ma soeur voulait qu’il se nourrisse mieux. Je ne peux pas décrire son visage quand il m’a vu apporter cette poutine. Ça fait cinq ans et je voulais faire quelque chose pour sa mémoire , raconte M. LeBlanc.

Une poutine dans un récipient en styrofoam sur une table.

Raymond LeBlanc a créé une poutine en l'honneur de son beau-frère Dan.

Photo : Gracieuseté Raymond LeBlanc

La pandémie, un moment idéal

L’idée s’est concrétisée il y a un an et demi lorsque l’entrepreneur a trouvé un espace commercial à Sherwood Park, en banlieue à l'est d’Edmonton. Le restaurant devait ouvrir à la mi-février, mais un retard dans la construction a repoussé le grand jour au début du mois de juin.

Pour M. LeBlanc, il n’y avait pas de meilleur moment.

Le monde veut sortir. Il veut essayer quelque chose de local, donc je pense que ça a tout marché.

Raymond LeBlanc, propriétaire du Shack à patate

Au coeur de la capitale albertaine, Fatima Zaid partage le même optimisme. Son café baptisé Amandine a ouvert il y a seulement deux semaines. Loin d’être une dissuasion, la pandémie et ses mesures de confinement ont été une période idéale pour cette entrepreneuse.

Des pâtisseries sont exposées en vitrine.

Fatima Zaid et ses partenaires se sont inspirés de leurs origines diverses pour offrir des recettes qui leur permettront de trouver une niche dans le marché de la restauration.

Photo : Gracieuseté de Fatima Zaid

On était tellement excité, on n’a même pas sorti la tête de l’eau pour voir si ça pourrait être la catastrophe, explique Mme Zaid, l’une des trois propriétaires du café. L’avantage que nous avons eu, c’est que nous étions en travaux pendant la grosse période de pandémie. Nous avons ouvert quand les mesures commençaient à s’estomper et que plus de personnes étaient autorisées à l’intérieur des commerces.

Les trois partenaires ont eu aussi le temps d'effectuer leur étude de marché, de consolider leur plan d'affaires et de réseauter auprès de la communauté de quartier.

Ça a été une bénédiction. Nous étions synchronisés avec la pandémie.

Fatima Zaid, copropriétaire du Amandine Café

La COVID-19 a dissuadé quelques aspirants commerçants, mais pas pour très longtemps. À Edmonton, plus de permis commerciaux pour des restaurants et cafés ont été annulés qu’émis en mars et avril. En mai, la différence est toutefois redevenue positive.

Le mot-clé : adaptation

Mark von Schellwitz, le vice-président pour l’Ouest canadien de l’organisation Restaurants Canada, n’est toutefois pas surpris. La planification de l’ouverture d’un restaurant prend plusieurs années. C’est dans leur plan d’affaires d’ouvrir, mais ils ont sûrement dû faire des changements importants , affirme-t-il.

C’est comme ouvrir un tout autre restaurant par rapport à leur vision initiale.

Mark von Shellwitz, Restaurants Canada

Les deux établissements ont dû s’adapter aux mesures sanitaires et notamment à la distanciation physique. L’Amandine Café n’avait ainsi pas prévu de terrasse, mais les propriétaires ont vite compris que les clients se sentent plus rassurés à l’air libre.

Même si Fatima Zaid ne s’attendait pas à ce que le café soit plein tous les jours, elle constate aussi que des parties attendues de sa clientèle manquent. Avec du gelato aux couleurs appétissantes, elle espérait plus d’enfants, mais ils ne sont pas encore au rendez-vous.

La terrasse de Amandine Café.

Le Amandine café a ouvert ses portes à la mi-juin.

Photo : Gracieuseté de Fatima Zaid

Gagner la confiance des clients

Capturer cette clientèle sera le plus grand défi de ces nouveaux restaurateurs, selon le président du Conseil des affaires de l’Alberta (Business Council of Alberta), Adam Legge. Le ramassage à la porte et les livraisons se sont accrus pendant le confinement, ce qui présente de nouveaux défis.

Toute leur bataille va être d’attirer la demande. C’est beaucoup plus difficile de faire sa promotion quand les gens se fréquentent moins et vous ne pouvez pas compter sur le bouche-à-oreille. [...] Et ils n’ont pas encore de réputation, pas encore la confiance des consommateurs alors qu’une des choses essentielles en ce moment, c’est le sentiment de sécurité , explique M. Legge.

Leur bataille sera beaucoup plus ardue.

Adam Legge, Conseil des affaires de l'Alberta

Raymond LeBlanc ne s’inquiète pas parce qu’il croit avoir trouvé une niche encore inexploitée dans la scène alimentaire d’Edmonton. Les files à l’extérieur de son restaurant semblent lui donner raison.

Après une première semaine occupée, le Amandine Café tente de trouver son rythme de croisière. Fatima Zaid ne panique pas parce qu’elle avait prévu cette période d'ajustement dans son plan d’affaires. Elle regorge d’idées pour attirer de nouveaux clients et assurer la stabilité financière de son café: brunchs à thèmes, services de traiteur, etc.

Il n’y a pas de secret. On travaille beaucoup pour maintenir ce niveau-là , philosophe-t-elle.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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Entrepreneuriat