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Blessée par balle, une femme accuse la police de Peel d’usage excessif de la force

Une femme noire, devant plusieurs micros, à l'extérieur. À sa gauche, un homme portant un parapluie et au fond en arrière, un homme en complet-cravate. Tous trois sont devant une maison de banlieue.

Chantelle Krupka, entourée de son conjoint Michael Headley (à gauche) et de son avocat Davin Charney (en arrière), a rencontré les médias mardi pour parler de son histoire.

Photo : Radio-Canada / Robert Krbavac

Radio-Canada

Une femme noire, blessée par balle par une agente de la police régionale de Peel le mois dernier, exige des réponses sur ce qui s’est passé. Elle dénonce des « schémas comportementaux » de la part des policiers, qui se répètent, selon elle.

L’affaire remonte au dimanche 10 mai à Mississauga, en banlieue de Toronto. Chantelle Krupka allègue que la police a d’abord utilisé un pistolet à décharge électrique contre elle, puis lui a tiré dessus avec une arme à feu alors qu'elle était au sol.

Le tir lui a transpercé l’abdomen et fracturé la hanche, dit la femme, qui est maintenant en convalescence. Mais mentalement et émotionnellement, c’est une autre histoire. J’en fais des cauchemars, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse mardi.

Une femme noire, devant des micros de médias, à l'extérieur.

Chantelle Krupka a été blessée par balle le 10 mai par la police, qui est intervenue chez elle.

Photo : Radio-Canada / Robert Krbavac

Son conjoint, qui était avec elle sur le perron, dit lui aussi avoir été atteint par un pistolet Taser. Ils ont porté plainte au Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police.

Une enquête en cours

L’Unité des enquêtes spéciales de l’Ontario, responsable du dossier, a indiqué mardi que son enquête était presque terminée.

L'UES a interrogé plusieurs témoins civils et policiers, ainsi que Mme Krupka. L’agent impliqué a fourni une copie de ses notes de service et a été interrogé.

Dans son communiqué initial le 11 mai, l’UES précisait que la police a été appelée à intervenir vers 22 h 30 le soir des événements pour un appel de violence familiale. L'Unité décrivait alors une interaction entre la police et un homme et une femme sur le porche d’une résidence.

Deux des agents ont déchargé leurs armes à impulsions. Par la suite, l’un des agents a fait feu. Une femme de 34 ans a été touchée. Elle a été transportée à l’hôpital pour y recevoir des soins.

Chantelle Krupka a raconté mardi que c’est son ex-conjoint qui aurait contacté la police ce soir-là, soutenant qu’elle l’avait harcelé. Elle affirme pour sa part qu’elle avait, plus tôt dans la journée, appelé plusieurs fois son ex-petit ami pour parler à son fils pour la fête des Mères, sans succès.

Elle soutient que la police l’a abordée en lui donnant des conseils de relations parentales. Le ton des agents était agressif, selon elle. Elle dit avoir d’abord refusé de sortir, puis a cédé. À l’extérieur, elle décrit une escalade, jusqu'à ce que la police fasse usage d’une arme à décharge électrique puis d’une arme à feu.

Elle assure qu’elle et son conjoint ne représentaient pas de menace, et qu’ils n’avaient pas d’arme.

Contactée par Radio-Canada, la police régionale de Peel a décliné tout commentaire, puisque l’affaire fait toujours l’objet d’une enquête.

Attirer l’attention

Chantelle Krupka dit avoir voulu parler de son histoire publiquement pour attirer l’attention sur des modèles de comportement qui se répètent chez les policiers, dans un contexte où de nombreux citoyens prennent la rue pour demander une transformation des corps de police et dénoncer le racisme systémique des institutions.

Je suis ici, vivante, et je vais me battre pour un changement.

Peut-on s'asseoir et parler avec les familles de victimes, entendre leurs histoires, et admettre qu’il y a un problème et alors avancer vers des solutions?

Chantelle Krupka

Pour Davin Charney, l’avocat qui la représente, les circonstances sont troublantes. Il soutient être en possession d’une vidéo, mais attend des développements dans l’enquête avant de la rendre publique.

L'UES a également dit, mardi, être en possession d'une séquence vidéo.

On a beaucoup entendu, dans les médias, des appels à définancer la police. Selon moi, c’est un exemple du fait que les ressources devraient être retirées des budgets de la police et redirigées vers des professions comme les travailleurs sociaux, médiateurs, conseillers, clame-t-il.

On n’a pas besoin que des agents armés se rendent dans des maisons de banlieue de Mississauga pour donner des conseils relationnels et tirer sur les gens, affirme l'avocat.

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