•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Chine exige des preuves d'absence de traces de COVID-19 dans le homard canadien

Récolte du premier jour de pêche en Nouvelle-Écosse.

Les clients chinois demandent aux exportateurs de signer un formulaire de responsabilité.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

Radio-Canada

Une demande des importateurs chinois de homard inquiète les exportateurs canadiens, particulièrement ceux de la Nouvelle-Écosse. La Chine demande qu'ils assument la responsabilité de toute contamination par la COVID-19 en lien avec leur produit, une signature qui pourrait être lourde de conséquences.

Les clients chinois demandent que les exportateurs assurent que leur homard est exempt du virus et qu’ils assument la responsabilité si une éclosion est détectée en Chine.

Cette demande inquiète plusieurs exportateurs. C’est le cas d'Osborne Burke, de Victoria Co-op Fisheries, au Cap-Breton. Il est aussi le président de l’Alliance des producteurs de fruits de mer de la Nouvelle-Écosse. Il affirme ne pas avoir recommandé à ses membres de signer ce formulaire.

Nous aurions des inquiétudes en raison de la possibilité d'être rendus responsables en vertu des règles et règlements chinois, ce qui est effrayant dans le meilleur des cas, a-t-il déclaré.

Osborne Burke s’inquiète que les exportateurs soient tenus responsables des produits acheminés en Chine, même s’ils n’ont aucun contrôle sur les produits, sur qui les manipule et sur comment ils les manipulent après que ceux-ci aient quitté le Canada.

Osborne Burke, lors d'une réunion, semble en plein discours.

Osborne Burke est président de l'Alliance des producteurs de fruits de mer de la Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Mark Crosby

Le fédéral reste neutre

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a contacté Affaires mondiales Canada vendredi dernier pour avoir des conseils.

En 2019, les ventes de homard vivant du Canada à la Chine valaient à elles seules 457 millions de dollars, la plupart provenant de la Nouvelle-Écosse. Puisque la province est un joueur important dans l’exportation de homard canadien vers la Chine, il n’est pas surprenant qu’elle se sente concernée par le dossier.

Toutefois, Affaires mondiales a préféré ne pas se prononcer sur la chose. Dans un échange de courriel entre un fonctionnaire provincial et Callie Stewart, une représentante d’Affaires mondiales Canada, obtenu par CBC News, on peut voir que le ministère fédéral ne veut pas se mêler au dossier et préfère laisser à l’industrie le soin de décider elle-même de ce qu’elle fera.

C’est l'Agence canadienne d'inspection des aliments qui est le chef de file du gouvernement du Canada dans ce dossier. L’Agence a laissé à la discrétion des associations et exportateurs le soin de décider de signer ou non les formulaires de responsabilité.

L’échange de courriel confirme toutefois que certaines associations les ont déjà signés.

Dans une déclaration écrite, l'Agence a confirmé que la signature de ce formulaire est laissée à la discrétion des exportateurs et/ou des intervenants canadiens.

Les risques de transmission

L’Alliance des producteurs de fruits de mer de la Nouvelle-Écosse a demandé à des avocats du cabinet d'avocats du Canada atlantique Cox and Palmer de rédiger un document que les expéditeurs de homard enverront aux clients en Chine qui confirme la sécurité du produit sans que les expéditeurs aient à en assumer la responsabilité.

Une serveuse d'un restaurant de Beijing amène un plat de homard vers une table.

Les exportations de homard américain vers la Chine sont en chute libre.

Photo : Reuters / Jason Lee

Selon Osborne Burke, président de l’Alliance, il faut faire quelque chose pour protéger les exportations de la province, et ils ne peuvent pas attendre que le gouvernement fédéral réagisse.

Toutefois, dans le courriel entre la province et Affaires mondiales Canada, la représentante du ministère fédéral affirme que l'Agence canadienne d'inspection des aliments a déjà répondu à une lettre d'agents des douanes en Chine qui demandaient une assurance sur les produits exportés.

Le message officiel est "Il n'y a actuellement aucune preuve scientifique que les aliments ou les emballages alimentaires sont une source ou une voie de transmission probable du virus", peut-on lire.

Osborne Burke souhaite que l'Agence d'inspection fournisse ces lettres aux expéditeurs, qui pourront ensuite les transmettre à leurs clients chinois.

Un deuxième revers pour les exportations

C’est la deuxième fois au mois de juin qu’un obstacle émerge en Chine en raison de la COVID-19, alors que les exportations recommençaient tout juste.

Après qu'une épidémie de COVID-19 ce mois-ci eut été attribuée à un marché alimentaire à Pékin, les autorités chinoises ont réagi en augmentant considérablement les tests aléatoires des fruits de mer importés.

Cela a forcé les expéditeurs de homard vivant de la Nouvelle-Écosse à annuler des expéditions de fret aérien plutôt que de risquer que le homard ait à attendre jusqu'à 36 heures avant qu'on obtienne les résultats des tests. Mais depuis, selon ce que des sources ont indiqué à CBC News, la vitesse des tests a augmenté, permettant la reprise des envois.

D’après des informations de Paul Withers, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouvelle-Écosse

Industrie des pêches