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Des élèves et des tablettes électroniques

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Des élèves travaillent dans une salle de classe.

Dans les salles de classes de l’école secondaire le Sommet de Québec, tous les élèves ont des tablettes électroniques.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Robillard

Alors que le gouvernement du Québec a débloqué 150 millions de dollars pour l’achat d’équipements informatiques dans le réseau scolaire, une école secondaire de Québec a déjà pris avec succès le virage vers le numérique il y a plusieurs années. Nous sommes allés visiter cet établissement 2.0.

Dans les salles de classes de l’école secondaire le Sommet de Québec, tous les élèves ont des tablettes électroniques sur leur bureau, tous sans exception. Ça fait maintenant cinq ans que Léa Gauthier trimbale la sienne dans les corridors de l’école et dans les salles de cours.

Pour elle, la tablette a été une fidèle compagne qui l’a suivi tout au long de ses études secondaires. C’est un magnifique outil de travail. Ça nous motive vraiment beaucoup plus et ça permet d’aller plus loin que ce que l’école te montre.

En 2014, l’école publique le Sommet a décidé de prendre un virage vers le numérique. La direction de l’établissement a fourni des tablettes à ses élèves et à son personnel enseignant. Si bien qu’aujourd’hui, il n’y a plus d’agenda papier et de cahiers d’exercices. Dans l’école, presque tout se fait sur la tablette électronique.

Une école tournée vers l’avenir qui plaît à Jacob Haerinck, un élève de deuxième secondaire. En math, on peut aller chercher des capsules informatives si on a plus de difficultés. On peut aussi aller chercher des cahiers en ligne pour des exercices […] J’essaie le plus possible d’être sur mon iPad, soit d’écrire avec mon clavier ou avec un stylo électronique.

Dans les salles de classe et à la maison en raison de la fermeture des écoles secondaires, les professeurs utilisent leur tablette pour enseigner. David Boissonneault, un professeur de mathématique, se sert de plusieurs applications dans ses cours.

C’est un outil qu’on utilise, qu’on utilise le plus qu’on peut. Il y a des matières où il y a un potentiel énorme. En mathématiques, il existe beaucoup d’applications que j’utilise.

Il y a plusieurs enseignants encore au Québec qui passent leur cours à remplir un tableau. Nous, à notre école, on est ailleurs par rapport à ça, ajoute-t-il.

Prêts pour l'école à la maison

Dans cette école qui compte 1000 élèves, la direction finance l’achat des tablettes pour que tous puissent y avoir accès. Les parents peuvent amortir le coût de l’appareil sur une période trois ans. Ils doivent alors débourser environ 181 $ par année. Des parents peuvent aussi la louer.

La technologie occupe une telle place dans l’école, qu’on a même embauché une techno pédagogue, Julie Bélisle, pour venir en aide aux élèves et aux enseignants. Je m’occupe de former les enseignants et de former les jeunes élèves à utiliser les applications et les technologies en classe.

Résultat : quand les établissements scolaires ont fermé à cause de la pandémie, tout le personnel et tous les élèves de l’école étaient prêts rapidement à poursuivre les apprentissages à distance, selon la directrice adjointe Stéphanie Lemieux. Les élèves n’avaient pas à se soucier, s’approprier leur outil de travail donc rapidement on n’a pu s’organiser pour suivre au niveau de l’apprentissage, mais aussi d’avoir un contact rapide avec nos élèves.

Le professeur de mathématiques David Boissonneault abonde dans le même. Tous les élèves avaient déjà le même équipement. On a tous la même plateforme et les élèves savaient déjà comment ça fonctionnait, donc on avait une longueur d’avance.

On connaissait notre outil et pendant la quarantaine, l’école à distance, moi, je n’ai pas vu un changement drastique.

Jacob Haerinck, élève de deuxième secondaire

La techno pédagogue Julie Bélisle estime même que l’école aurait pu reprendre encore plus rapidement pendant la crise. Je pense qu’on aurait été prêt deux jours après avoir fermé les écoles. Je pense que le 15 mars, on aurait pu embarquer dans l’enseignement en ligne directement.

Une situation bien différente de ce qui s’est vécu dans les autres écoles du réseau scolaire public.

Si tout le monde pouvait avoir cette opportunité-là, ça serait fabuleux.

Léa Gauthier, élève de cinquième secondaire

Une course contre la montre

Pour accélérer le virage numérique dans les écoles et préparer le réseau scolaire en cas de deuxième vague du coronavirus, le gouvernement du Québec a débloqué 150 millions de dollars pour l’achat d’équipement informatique.

Au Centre de services scolaires de Montréal, on prévoit d'acheter 10 000 appareils. En Beauce, près de 7000, selon le directeur général du Centre de services scolaire de Beauce-Etchemin, Normand Lessard.

On va doter chaque élève du secondaire d'un Chromebook. D'être sûr que chaque étudiant puisse avoir un appareil donc advenant le cas qu’il arrive la deuxième vague et qu'on est obligé de fermer les écoles et bien on sait que nos élèves vont être déjà outillés.

Mais pour le professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation, Thierry Karsenti, il est difficile d'imaginer que toutes les écoles du Québec seront prêtes dès l'automne.

Ça sera tout un défi. Mais ce qui est certain, il ne faut pas se fier uniquement à la présence d'appareils entre les mains des élèves ou les écoles, ça sera réellement insuffisant. Il faut miser à la fois sur la formation des enseignants et sur la formation des jeunes aussi.

À l'école le Sommet, il a fallu au moins un an pour tout mettre en place.

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