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Le malheur s'acharne sur les agriculteurs du Québec

La canicule s'ajoute à une saison déjà difficile en raison de la pandémie de COVID-19.

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M. Chenail, les bras en croix, au milieu d'un champ.

Le reportage de Maxime Bertrand.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Une sécheresse pareille, en tout début de saison, Marc-André Chenail n'avait jamais vu ça.

Depuis le début du printemps, ce producteur maraîcher de Sainte-Clotilde-de-Châteauguay, en Montérégie, doit recourir aux lacs avoisinant pour irriguer ses champs. Mais avec parcimonie, car le niveau de l'eau baisse à vue d’œil.

C'est comme la deuxième semaine de canicule qu'on a, ça fait que les pertes s'accumulent, dit-il.

Si ses pommes de terre s'en tirent jusqu'à présent, ses fines herbes, oignons et carottes souffrent. On a perdu des champs au complet, raconte M. Chenail. Il a fallu resemer, parce que tout était brûlé.

Des travailleurs accroupis dans un champ.

La canicule est aussi un défi pour les travailleurs agricoles qui passent leurs journées dans les champs, au soleil.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Comme dans plusieurs autres provinces, dont le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, le Québec doit composer ces jours-ci avec une canicule persistante, la deuxième depuis le mois de mai. Et les précipitations se font rares.

Chez les agriculteurs, la tension est palpable, confirme le président général de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

On vient de traverser une des pires crises de l'histoire avec la pandémie de COVID-19, rappelle-t-il. On se replace à peine de cette situation-là que là, on vit une des pires sécheresses.

Dans les prochains jours, s'il ne pleut pas, dans plusieurs régions, il y aura des pertes qui seront irrécupérables à mesure que la saison va progresser.

Marcel Groleau, président de l'UPA

L'UPA signale déjà des pertes irrécupérables en ce qui a trait aux cultures fourragères. De plus, la sécheresse aura une incidence sur la qualité et sur la taille des fruits, tels que les fraises.

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Des récoltes menacées par la sécheresse

Le directeur général de l'Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), Jocelyn St-Denis, explique que les écarts de température ont également joué des tours aux agriculteurs dans les dernières semaines.

Avec le printemps qu'on a eu, qui n'a pas été un printemps facile – on se souvient des gelées, on se souvient de la première canicule, on se souvient du vent –, il y a des champs qui ont été brûlés [et] qui ont dû être resemés. Et les enjeux se font dans ces champs-là actuellement, où la pousse, elle est tellement fragile qu'elle a difficulté à résister à la chaleur de la terre, au manque d'eau et à tous ces éléments-là.

M. St-Denis espère que la pluie arrivera bientôt. Au jour d'aujourd'hui, on est corrects, a-t-il confié à Patrice Roy au Téléjournal Grand Montréal 18 h. Mais je vous dirais qu'une autre semaine, une autre semaine et demie [sans précipitations importantes] et ça va devenir un enjeu sérieux.

Son association se réjouit que de nombreux Québécois aient répondu à l'appel du gouvernement et de l'UPA pour venir prêter main-forte dans les champs, même si certains ne sont pas restés longtemps. Mais plusieurs milliers d'emplois saisonniers ne sont toujours pas pourvus.

Comble du malheur, plusieurs producteurs agricoles ne bénéficient pas d'une assurance récolte, affirme M. St-Denis. Ceux-ci, déplore-t-il, devront assumer des pertes sèches.

Avec les informations de Maxime Bertrand

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