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Plainte pour discrimination contre des élus ayant refusé une reconnaissance de la fierté

Un drapeau arc-en-ciel.

L’association entre l’entreprise privée et les revendications de la communauté LGBTQ+ est parfois critiquée. Mais n’a-t-elle que du mauvais?

Photo : La Presse canadienne / Eduardo Lima

L’organisme Borderland Pride, qui milite pour les droits des personnes LGBTQ+ dans le nord-ouest ontarien, dépose une plainte pour discrimination contre le canton d’Emo au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario. Le mois dernier, trois des cinq élus municipaux ont refusé de reconnaître officiellement le mois de juin comme étant le mois de la fierté.

Borderland Pride allègue que les trois élus ont fait preuve de discrimination basée notamment sur le genre, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, le statut familial et sont ainsi allés à l’encontre du Code des droits de la personne de l’Ontario.

Le coprésident de l’organisme, Douglas Judson, qui est aussi avocat, estime que la proclamation du mois de la fierté est un service et qu’essentiellement, en refusant d’offrir ce service en raison de l’orientation sexuelle, du genre, du statut familial des gens qui en ont fait la demande, la municipalité a fait preuve de discrimination

La motion présentée par Borderland Pride aux élus demandait aussi de hisser le drapeau arc-en-ciel pendant une semaine. Dans son argumentaire, le maire Harold McQuaker a justifié son opposition entre autres par le fait qu’il n’y [avait] pas de drapeau hissé pour les personnes hétérosexuelles

Dans sa plainte, Borderland Pride demande une compensation totale de 45 000 $ à la fois de la municipalité, du maire et des conseillers Harrold Boven et Warren Toles qui ont voté contre la motion. 

Un homme en complet

Douglas Judson est coprésident de Borderland Pride.

Photo : Douglas Judson

L’organisme exige aussi une série d’autres mesures, dont l’inscription des trois élus à une formation sur la diversité, l’inclusion et les droits humains, la proclamation rétroactive du mois de la fierté cette année, ainsi que la proclamation systématique du mois de la fierté dans les années à venir. 

Nous ne déposons pas cette plainte simplement pour [le canton d’Emo]. Dans cette municipalité, il y a des gens comme moi et d’autres qui affirmons nos droits, qui organisons des activités de la fierté, qui vivons ouvertement dans la communauté et qui pouvons offrir du soutien et devenir des modèles, souligne M. Judson

Cette cause est surtout importante parce que si nous réussissons, ça enverra un message à toutes les autres communautés où personne ne se bat ouvertement pour l’épanouissement des personnes LGBTQ.

Une citation de :Douglas Judson, coprésident de Borderland Pride

Des causes semblables

M. Judson se dit assez confiant de l’issue du processus dans lequel son organisme vient de se lancer, en raison du dénouement de plusieurs causes similaires par le passé. 

En 1995, la Commission ontarienne des droits de la personne a statué que le maire de Hamilton de l’époque, Bob Morrow, avait fait preuve de discrimination et enfreint le Code des droits de la personne de l’Ontario en refusant de proclamer une semaine de la fierté gaie quatre ans plus tôt. La Commission lui a ordonné de verser une compensation de 5000 $ au plaignant et de faire une proclamation de la semaine de la fierté en 1995. 

En 1997, la Commission a déterminé que la mairesse de London, Dianne Haskett, et la Ville avaient aussi enfreint le Code des droits de la personne en discriminant sur base de l’orientation sexuelle en lien avec l’offre de services. Le plaignant - la Homophile Association of London Ontario - s’était vu refuser la proclamation d’une fin de semaine de la fierté en 1995. 

Toutes ces causes-là étaient semblables à la nôtre. Je suis confiant mais cela dit, il arrive parfois des imprévus, note Douglas Judson.

Un panneau aux couleurs du drapeau de la Fierté repose en trois morceaux sur une dalle de béton.

Cette pancarte où on pouvait lire «Pride lives here» (la fierté est vivante ici) et qui avait été placée devant une église d'Emo a été déchirée dans un acte de vandalisme, selon Borderland Pride.

Photo : Twitter / Borderland Pride

La plainte déposée par Borderland Pride doit d’abord être évaluée par le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario, qui déterminera par la suite si elle ira de l’avant.  

Joint par Radio-Canada, le conseiller municipal Harrold Boven a refusé de commenter la situation.

Le conseiller Warren Toles ainsi que le maire Harold McQuaker n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue. 

Un geste d’une grande signification dans les régions rurales

Le Réseau de la fierté du Nord de l’Ontario appuie la plainte de Borderland Pride

Son directeur général, Greg Lawrence, explique qu’une reconnaissance officielle du mois de la fierté a une grande signification pour les gens de la communauté

Les gens savent ainsi que nous existons et qu’il est important de soutenir tout le monde dans la communauté. Ils ont besoin de savoir qu’il y a du soutien pour eux et qu’ils peuvent vivre en sécurité.

Une citation de :Greg Lawrence, directeur général du Réseau de la fierté du Nord de l’Ontario

Ayant déménagé de Toronto il y a plusieurs années avec son partenaire pour aller vivre à Elliot Lake, M. Lawrence trouve qu’il est absolument essentiel qu’une telle reconnaissance soit visible surtout dans les petites municipalités et les communautés rurales. Il se sert de l’évolution de la perception des personnes LGBTQ par le public de sa région. 

Quand nous avons lancé les célébrations de la fierté [à Elliot Lake], certaines personnes nous disaient qu’elles avaient quitté Toronto pour ne pas devoir être exposées à cela. On a eu des appels indésirables, des injures dans notre premier défilé, mais depuis, c’est devenu de plus en plus facile, fait-il savoir. 

On a des enfants transgenres, des écoles qui les soutiennent beaucoup, des grands-parents, des oncles et des tantes qui ne croyaient pas connaître de personne gaie découvrent qu’il y a des membres de leurs familles qui le sont. Les gens découvrent qu’il y a des personnes LGBTQ partout, pas seulement dans les grandes villes. C’est devenu de plus en plus accepté et c’est très beau à voir.

Borderland Pride prévoit tenir une manifestation samedi dans le canton d’Emo pour exprimer sa solidarité et son soutien aux jeunes de la communauté LGBTQ ainsi que d’autres groupes qui continuent de faire face à l’injustice, la violence, à la souffrance ainsi qu’à la discrimination systémique en raison de leur identité

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