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Une étude suggère que les thérapies de conversion font encore des victimes au Canada

Deux hommes tiennent une bannière où l'on peut lire en anglais : « Interdisez les thérapies de conversion ».

Un appel à bannir les thérapies de conversion lors du défilé de la Fierté à Calgary en 2019 (archives).

Photo : Michaela Neuman Photography

Radio-Canada

Une étude parue en janvier dans La Revue canadienne de psychiatrie suggère qu’environ 20 000 hommes canadiens appartenant aux minorités sexuelles pourraient avoir été exposés aux thérapies de conversion au courant de leur vie. Ces traitements pseudo-scientifiques visent notamment à supprimer l’attirance sexuelle pour les personnes du même sexe.

En 2019, le gouvernement fédéral avait promis de mettre fin à cette pratique. Malgré un mouvement croissant visant à les rendre illégales, les thérapies de conversion semblent toujours répandues au pays.

C’est ce que tendent à démontrer les travaux de Travis Salway, épidémiologiste social à l’Université Simon Fraser. L’étude, réalisée à partir d’une enquête transversale non probabiliste, suggère qu’environ 3,5 % des hommes appartenant à une minorité sexuelle au Canada auraient été exposés à ces traitements  (Nouvelle fenêtre)controversés et inefficaces.

Les thérapies de conversion visent à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle ou de genre d’une personne grâce à la prière ou à d’autres méthodes telles que le déconditionnement par des décharges électriques.

Il est possible que bien plus de personnes aient été victimes de ces traitements, mais qu’elles soient réticentes à en parler en raison des dégâts psychologiques qu’elles ont subis, selon M. Salway.

Il y a beaucoup de honte et de stigmatisation associées aux thérapies de conversion, explique le spécialiste. Donc beaucoup des survivants à qui nous avons parlé nous ont dit qu’ils avaient cessé d’aborder le sujet.

La Société canadienne de psychologie, comme d’autres organisations médicales, s’oppose officiellement aux thérapies de conversion (Nouvelle fenêtre). Elle souligne qu’aucune preuve scientifique n’a démontré leur efficacité et surtout, qu’elles sont susceptibles d’avoir des effets négatifs sur les personnes qui les vivent.

Ces conséquences potentielles incluent notamment la détresse, l’anxiété, la dépression, l’image négative de soi, un sentiment d’échec personnel, de la difficulté à maintenir des liens et le dysfonctionnement sexuel.

Un sentiment de désespoir

Cela a été le cas de Harper Perrin. Harper Perrin a tenté de refouler son attirance pour les hommes durant son adolescence.

J’ai grandi avec le sentiment que, ce que j’étais, que cette grande part de moi qui ressentait ce désir, avait tort, était endommagée, était le mal.

Une citation de :Harper Perrin
Plan serré de Harper Perrin en entrevue.

Harper Perrin a subi une thérapie de conversion (archives).

Photo : CBC

Élevé dans un foyer de chrétiens évangéliques de la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique, Perrin à fait appel à son église pour obtenir de l’aide. On l'a alors rediriger vers une thérapie de conversion censée mieux fire correspondre sa personne à une identité masculine stéréotypée.

Au lieu des résultats espérés, Harper Perrin a plutôt souffert de l’isolement et de la dépression, des problèmes toujours présent des années plus tard.

La Colombie-Britannique ne bannira pas la pratique

L’Ontario, le Manitoba, et la Nouvelle-Écosse ont banni partiellement ou en totalité ces thérapies, tout comme plusieurs villes albertaines dont Edmonton, Calgary, Lethbridge et Saint-Albert.

Vancouver a rendu la pratique illégale par règlement en 2018, mais peu de choses ont bougé ailleurs en Colombie-Britannique. Le gouvernement provincial préfère diriger ses efforts vers une interdiction fédérale.

Je préférerais qu’on fasse le geste le plus efficace, ce qui pour moi est d’en faire une infraction criminelle, explique le député provincial du Nouveau Parti démocratique Spencer Chandra Herbert. Ça l’emporte sur tout ce que la Colombie-Britannique pourrait vouloir faire.

Le gouvernement fédéral avait initialement rejeté l’idée d’une interdiction fédérale, mais a depuis changé son fusil d’épaule et promis de rendre illégale la pratique pour les jeunes.

Selon M. Salway, des interdictions provinciales et municipales sont tout de même utiles, puisqu’elles envoient le message que ces jeunes n’ont pas à changer qui ils sont.

Nous tentons de faire passer le message aux jeunes des communautés LGBTQ+ qu’ils ont de la valeur, dit-il. Pour ça, il faut une approche à plusieurs niveaux.

Avec les informations d’Andrew Kurjata

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