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L’aéroport de Québec freiné par la pandémie

Des avions du transporteur Air Transat stationnés sur le tarmac de l'aéroport de Québec.

Le nombre de passagers fréquentant l'aéroport de Québec pourrait passer de 1,8 million en 2019 à 600 000 cette année en raison de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Martin Labbé

La pandémie de COVID-19 a coupé les ailes de l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB) qui, après 18 années de croissance consécutives, s’attend à voir sa fréquentation et ses revenus piquer du nez en 2020.

L’administration aéroportuaire a tenu lundi son assemblée publique annuelle. Elle en a profité pour dévoiler les résultats de l’exercice financier 2019.

L’aéroport de Québec a atteint un nouveau record de 1 789 005 passagers au cours de la dernière année. L’organisation a généré des revenus de 70,3 millions de dollars et un surplus de 5,4 millions.

Ces résultats positifs ont toutefois été obtenus avant l’arrivée du coronavirus et ses effets catastrophiques sur l’industrie aérienne. Après un début d’année fort prometteur, l’aéroport de Québec a vu ses revenus et sa fréquentation s’effondrer à partir du mois de mars. En avril, le nombre de passagers a diminué de 98 % et les revenus ont chuté de 90 %.

Le président et chef de la direction de YQB, Stéphane Poirier, prévoit que l’achalandage devrait diminuer d’environ 66 % en 2020, passant de 1,8 million de passagers à 600 000.

Stéphane Poirier dans les studios de Radio-Canada, à Québec

Le président et chef de la direction de YQB, Stéphane Poirier

Photo : Radio-Canada / André-Pier Bérubé

Le gestionnaire rappelle que la décision des gouvernements américain et canadien de fermer leurs frontières, le 16 mars, a porté un dur coup à l’ensemble de l’industrie. Les effets de cette décision, prévient-il, seront durables.

C’est du jamais-vu. C'est très difficile et on pense que ça va laisser des séquelles de façon permanente [...] En quelques instants [...] on passait de plusieurs milliers de passagers à quelques centaines par jour, puis à entre 50 et 60 par jour, ce qui est toujours le cas. La rupture, elle est radicale, et ses impacts sont importants et très profonds, insiste M. Poirier.

Cette crise-là va changer à tout jamais l'industrie aérienne mondiale, un peu comme le 11 septembre 2001 avait transformé notre façon de se déplacer.

Stéphane Poirier, président et chef de la direction, Aéroport international Jean-Lesage de Québec

Pendant ce temps, l’aéroport doit continuer d’assumer certains coûts fixes, notamment ceux liés au service incendie et à la sécurité du site.

Stéphane Poirier a répété à de nombreuses reprises que la réduction des frais d'exploitation était la priorité numéro un de l’organisation. Il s’agit du seul élément sur lequel les gestionnaires peuvent agir présentement.

Pertes de plusieurs millions

YQB a réussi à diminuer ses coûts fixes de près de 50 %. L’aéroport enregistre néanmoins des pertes mensuelles moyennes de 4 millions de dollars depuis le début de la pandémie.

Les administrateurs écartent pour l’instant toute demande d’aide gouvernementale.

Vue en plongée d'une section vide du terminal de l'aéroport de Québec.

L'achalandage de l'aéroport de Québec a diminué de plus de 90 % depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Selon les différents scénarios sur lesquels travaillent la direction et le conseil d’administration de YQB, la reprise graduelle des activités aériennes pourrait s’étirer jusqu’en 2023 ou 2024, voire en 2025.

Il est clair que le secteur d'activité aérien ne reprendra pas au même rythme que certains autres secteurs d'activités dans cette pandémie. [...] Ça va s'étaler sur plusieurs années. Il y aura des répercussions sur le trafic passager qui vont nous suivre pendant plusieurs années, prévient Stéphane Poirier.

Malgré tout, le président et chef de la direction entrevoit l’avenir avec optimisme. L’appui des partenaires de la région, la capacité de l’aéroport à réagir rapidement et à se réinventer ainsi que sa saine gestion permettront, selon lui, à l’organisation de se relever de cette crise

Notre élan a été freiné, c'est sûr, mais nous saurons nous réinventer pour faire de YQB un aéroport de choix, un aéroport à dimensions humaines connecté sur les ambitions de sa région et les besoins de ses passagers, et surtout un aéroport qui va être générateur de fierté pour l'ensemble de la population, conclut avec confiance Stéphane Poirier.

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