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La pilule abortive utilisée dans 8 % des interruptions volontaires de grossesse au Québec

Un an après son déploiement, la pilule abortive est un choix pour de plus en plus de femmes.

Différentes boîtes de pilules abortives.

La pilule abortive est offerte gratuitement au Québec.

Photo : Radio-Canada

Un an après le déploiement de la pilule abortive, cette méthode d’interruption volontaire de grossesse (IVG) est de plus en plus utilisée par les Québécoises. Environ 2100 interruptions de grossesse ont été réalisées à l’aide de la pilule abortive (de janvier 2018 à mai 2019), d'après un rapport du Collège des médecins.

Parmi toutes les IVG effectuées du 1er janvier 2018 au 31 mai 2019, 8 % ont été réalisées à l’aide de la pilule abortive.

Le Collège estime que le déploiement de la pilule abortive en 2019 a offert une solution de rechange à l’interruption de grossesse par voie chirurgicale.

On s'attendait à voir une plus grande demande de la pilule, dit le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins. Mais le but, ce n'est pas que les femmes choisissent majoritairement la pilule ou la chirurgie. On veut offrir le choix le plus éclairé et le plus sécuritaire.

Après un an, la plupart des milieux d’IVG (87 %) proposent désormais ce choix thérapeutique. Il y a désormais au Québec 46 milieux offrant des services d’avortement sur 52 qui proposent le choix de la pilule abortive.

En avril 2019 toutefois, 23 des 49 cliniques d’avortement au Québec n’offraient toujours pas cette option aux femmes désirant interrompre leur grossesse.

La pilule abortive est une solution de rechange à l’avortement chirurgical. Elle a l’avantage de permettre aux femmes d’interrompre leur grossesse dans le premier trimestre, chez elles, sans procédures complexes.

Mise au point en France au début des années 1980, la pilule abortive est devenue légalement accessible au Canada en janvier 2017.

La pilule abortive est devenue gratuite au Québec au début de l’année 2018. Toutefois, une rupture d’approvisionnement du médicament en a retardé pendant plusieurs semaines le déploiement.

En Europe, la pilule est maintenant utilisée par 60 à 90 % des femmes désirant un avortement.

Au Québec, tous les médecins peuvent prescrire la pilule abortive, à condition d’être formés dans le domaine des interruptions volontaires de grossesse. Près de 356 médecins ont pratiqué des avortements en 2019 et environ 200 prescriptions ont été faites à l'extérieur des cliniques spécialisées, dans une clinique privée ou dans un groupe de médecine familiale.

La grande majorité (84 %) des prescriptions a été réalisée par des médecins de famille. Les obstétriciens-gynécologues ont effectué 16 % des prescriptions. La pilule abortive est après tout un service de première ligne, ajoute le Dr Robert, contacté par Radio-Canada.

Soins postavortement et complications

Normalement, une femme doit se présenter à une visite de suivi de 7 à 14 jours après avoir pris la pilule abortive pour confirmer l’interruption de grossesse. Un peu plus de 10 % des femmes ne se sont toutefois pas présentées à cette visite de suivi.

Ce n’est pas juste de prescrire une pilule et de laisser la femme à elle-même. Elle doit avoir accès à la pilule facilement, mais elle doit avoir le suivi approprié. Par exemple, il y a un certain pourcentage d’échecs, même s’il est faible, dit le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins. 

Si 75 % de femmes disent être satisfaites du choix de la pilule abortive, certaines ont signalé des douleurs parfois intenses ou des saignements prolongés, indique-t-on dans le rapport.

Parmi les 2130 IVG par pilule abortive, il y a eu 162 complications inattendues, soit des cas où une deuxième dose de la pilule ou un curetage a été nécessaire.

On estime à 4,3 % le taux de complications liées à la prise de la pilule abortive, comparativement à 1,8 % pour les IVG chirurgicales.

Parmi les patientes qui ont utilisé la pilule abortive, 0,9 % ont subi une hémorragie, 0,8 %, une infection, et 0,8 % se sont rendues à l’urgence pour une consultation. Seulement une femme a nécessité une hospitalisation.

L'accès à travers le Canada

Ailleurs au pays, la pilule abortive est gratuite en Ontario, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et en Alberta, à condition que le régime public d’assurance maladie l'assure.

Certaines provinces (Colombie-Britannique, Saskatchewan, Manitoba, Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador) offrent une couverture partielle et/ou limitent les lieux de distribution de la pilule abortive.

On observe [que] dans d’autres provinces, les femmes n’ont pas le choix, dit le Dr Robert. Par exemple, les femmes au Nouveau-Brunswick peuvent seulement utiliser la pilule, parce qu’il n’y a pas de cliniques d’avortement. Ce n’est pas un réel choix pour la femme, c’est un choix par défaut.

Le Québec a toujours eu et a toujours le meilleur réseau d’avortement au Canada.

Dr Yves Robert, Collège des médecins

Mais le Collège précise dans son rapport que l’IVG médicale ne s’inscrit pas dans une course de compétition pour savoir quelle province sera celle qui distribue le plus de pilules abortives. À certains égards, un haut taux de prescriptions peut laisser croire que la pilule abortive vient compenser l’accès déjà limité à l’avortement dans certaines provinces.

Selon le rapport, les médecins ont indiqué que la pilule abortive n’a pas été aussi populaire qu’escompté et qu’il existe toujours des embûches administratives à certains endroits. Le Dr Robert ajoute que le Collège des médecins travaille maintenant à répertorier les endroits où l'accès est plus difficile pour s'assurer d'offrir cette option aux Québécoises, peu importe leur lieu de résidence.

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