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Un sondage révèle l’ampleur du racisme envers la communauté chinoise au Canada

Les messages haineux peints en rouge sur les lions du Chinatown ont été recouverts.

Des statues du quartier chinois de Vancouver ont été vandalisées dans les dernières semaines (archives).

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Un nouveau sondage non probabiliste de l’Institut Angus Reid, en collaboration avec l’Université de l’Alberta mené auprès d'un échantillon de gens s'identifiant comme sino-canadiens révèle qu’une grande partie des gens sondés ont subi du racisme sous une forme ou une autre depuis le début de la pandémie.

Ce coup de sonde met en lumière l’ampleur du racisme au pays, selon Shachi Kurl, directrice générale d'Angus Reid.

Parmi les 500 Canadiens d’origine chinoise et membres du Forum Angus Reid ou d'Inclusive Insight qui ont été sondés, la moitié auraient été insultés ou traités de noms en lien avec la COVID-19, et 43 % affirment avoir été personnellement menacés ou intimidés.

Près du tiers de ces personnes disent avoir été fréquemment exposées à des graffitis racistes ou à des messages du même genre sur les médias sociaux. La majorité, soit 61 %, auraient modifié leurs habitudes pour éviter les rencontres désagréables depuis le début de la pandémie.

Des barrières à l’acceptation bien présentes

Selon Mme Kurl, l’un des résultats les plus troublants de l’étude est que, malgré le fait que la vaste majorité (88 %) des répondants sont d’avis que le fait d’être Canadien constitue une part importante de leur identité, seulement 13 % pensent que les autres personnes les considèrent toujours comme des Canadiens.

Cela m’indique qu'on peut être dans ce pays depuis cinq ans ou être un immigrant de quatrième génération, mais, que, à cause de son apparence il y a toujours une barrière à l’acceptation et il est difficile d’être reconnu comme Canadien par les autres.

Shachi Kurl, directrice générale d'Angus Reid

La majorité des répondants pensent que les Canadiens attribuent aux personnes d’origine chinoise la responsabilité de la COVID-19. Près des deux tiers affirment que la couverture des médias nord-américains a eu un effet négatif sur la façon dont ces communautés sont perçues par les autres personnes au Canada.

Un plaidoyer pour plus de données

Selon le professeur Henry Yu, qui enseigne l’histoire à l’Université de la Colombie-Britannique, ces résultats ne sont pas surprenants. Il a mandaté l'Institut Angus Reid afin d’illustrer la présence de racisme systémique, alors que les actes racistes sont souvent décrits comme des actes isolés.

C’est d’une importance vitale que l’on amasse plus de données du genre au Canada, explique le professeur Yu. Comment peut-on savoir s’il y a du racisme si l’on ne fait pas de recherches?

Jusqu’à présent, ce sont les victimes qui ont dû signaler elles-mêmes les actes racistes dont elles ont été victimes. Elles peuvent le faire notamment auprès du centre de signalement des actes racistes de Project 1907. (Nouvelle fenêtre)

Le fait de traiter les gestes racistes et discriminatoires comme une constellation d’actes isolés encourage le déni et le silence à propos du racisme au Canada, selon le professeur Yu. Cela pourrait aussi rendre plus difficile pour les personnes qui les subissent de croire qu'il s'agit bien de racisme.

Si le sondage était limité à la population canadienne d’origine chinoise, les résultats seraient sans doute applicables à de nombreuses autres communautés aux racines asiatiques ou à n’importe qui pouvant être perçu comme un Canadien d’origine chinoise, affirme le professeur Yu.

Le sondage en ligne (Nouvelle fenêtre) a été réalisé entre le 15 et le 18 juin 2020 parmi un échantillon aléatoire représentatif de 516 adultes canadiens se disant d'origine chinoise et qui sont membres du Forum Angus Reid ou d'Inclusive Insight. Une marge d’erreur ne peut être calculée sur un échantillon non probabiliste comme celui-ci, mais à titre comparatif, un échantillon aléatoire probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 4,3 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Avec les informations de Maryse Zeidler

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