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Plus du tiers des aides-soignants et des préposés aux bénéficiaires sont des immigrants

Près de 40 % des immigrants travaillant dans ces domaines sont arrivés au Canada entre 2006 et 2016.

Une personne âgée dans un CHSLD.

Une personne âgée dans un CHSLD

Photo : Radio-Canada

Le tiers des quelque 250 000 aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires au pays sont des immigrants, et les femmes en constituent la majorité. Par ailleurs, le nombre d’immigrants occupant ces professions ne cesse d’augmenter depuis les années 90, montrent des données de Statistique Canada.

En 2016, 87 925 des 245 500 personnes (35,8 %) qui occupaient ces types d'emplois étaient des immigrants. En comparaison, dans toutes les autres professions au pays, les immigrants représentaient alors moins de 25 % des travailleurs.

En 1996, ils n'étaient que 21,7 % à exercer dans ces domaines de la santé.

Près de 40 % des immigrants travaillant dans ces domaines sont arrivés au Canada entre 2006 et 2016.

C'est très difficile d'attirer des gens dans cette profession. On leur donne des salaires très bas, on ne leur donne pas de sécurité d'emploi. Nous avons grandement besoin des immigrants, dit Ian Da Silva, directeur des ressources humaines pour l’Ontario Personal Support Workers Association.

Les trois principales régions de naissance de ces travailleurs sont l’Asie du Sud-Est, d'où proviennent 32 % d'entre eux (la presque totalité des Philippines), les Antilles et les Bermudes pour 18 % (la moitié d’Haïti, le tiers de la Jamaïque) et l’Afrique subsaharienne pour 13 %.

Ian Da Silva précise qu'il n'est pas surpris de voir autant de ces travailleurs provenant des Philippines, où il y a un nombre important d'écoles de soins infirmiers.

Le quart de ces travailleurs immigrants avaient au moins un baccalauréat, comparativement à 5 % pour le reste de la population.

Selon M. Da Silva, il y a plus de 10 000 immigrants qui veulent travailler dans le domaine de la santé en Ontario, mais on ne reconnaît pas leurs qualifications.

Nous avons en Ontario des chirurgiens qui sont préposés aux bénéficiaires. C’est désolant.

Une citation de :Ian Da Silva, Ontario Personal Support Workers Association

La plupart des immigrants occupant ces postes ont étudié dans le domaine de la santé, indique Statistique Canada.

Plusieurs immigrants - des médecins et des infirmières - qui travaillent dans des usines et des manufactures disent préférer travailler comme préposés, parce qu’au moins ils travaillent dans le domaine de la santé, dans le domaine qu’ils ont étudié, a précisé Ian Da Silva en entrevue a Radio-Canada.

Certains groupes fortement représentés

Les femmes représentent la très grande majorité des aides-infirmiers, des aides-soignants et des préposés aux bénéficiaires au Canada, et ce, autant chez les immigrants (86 %) que dans le reste de la population (87 %).

Plus de 30 % de tous les travailleurs occupant un poste d’aide-infirmier, d’aide-soignant et de préposé aux bénéficiaires étaient des femmes immigrantes.

Près de 35 % de ces travailleurs font partie de l’un des groupes de population désignés comme minorités visibles, comparativement à 21 % pour l'ensemble des autres professions.

Environ 12 % de tous les aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires sont des travailleurs noirs, 11 % sont philippins et 4 % sud-asiatiques.

La proportion d’immigrants occupant ces emplois varie grandement d’une province à l’autre.

En Alberta, c’est plus de 50 % des aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires qui sont immigrants. Le Québec se situe au milieu, avec 25 % de ces travailleurs issus de l’immigration.

La proportion de ces travailleurs immigrants est encore plus élevée dans les centres urbains – plus de 70 % à Toronto, Vancouver et Calgary.

Les travailleurs de la santé plus à risque d'être infectés par la COVID-19

En raison de contacts importants avec le public, les aides-infirmiers, les aides-soignants et les préposés aux bénéficiaires sont particulièrement plus à risque de contracter la COVID-19.

  • 53 % des aides-infirmiers, des aides-soignants et des préposés aux bénéficiaires travaillent dans des établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes;

  • 23 % travaillent dans des hôpitaux;

  • 6 % travaillent dans des établissements offrant des services individuels et familiaux et d’autres établissements de soins de santé.

Rappelons que des centaines de travailleurs de la santé ont été infectés au travail depuis le début de la pandémie; plusieurs ont par la suite infecté leurs familles et leurs proches.

Le gouvernement du Québec a d'ailleurs confirmé qu'il analysera finalement les dossiers des demandeurs d'asile qui travaillent dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) en vue de les accepter comme immigrants plutôt que comme réfugiés.

La Maison d'Haïti, un organisme qui vient en aide aux migrants au statut précaire, évalue qu'entre 800 et 1000 demandeurs d’asile présents au Québec travaillent actuellement dans le milieu de la santé.

Le gouvernement de Justin Trudeau prépare pour sa part un programme spécial de régularisation du statut d’immigration des demandeurs d’asile qui ont prêté main-forte durant la pandémie comme préposés aux bénéficiaires et à l’entretien ménager, agents de sécurité et employés dans le réseau de la santé.

Nous voulons tous reconnaître ces gens qui se sont mis de l'avant pour nous aider dans un moment de vulnérabilité pour notre société, pour nos aînés, a précisé le premier ministre en conférence de presse mardi.

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