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Washington réclame de Pékin la « libération immédiate » de Kovrig et Spavor

Le secrétaire d'État Mike Pompeo.

Le secrétaire d'État Mike Pompeo

Photo : Associated Press / Jeff Chiu

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Washington unit sa voix à celle d'Ottawa pour demander la libération immédiate des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig, emprisonnés en Chine depuis décembre 2018. Les accusations d'espionnage déposées contre eux vendredi sont sans fondement et ne sont que des représailles politiques, estime le secrétaire d'État américain Mike Pompeo.

Les États-Unis sont aux côtés du Canada pour appeler Pékin à libérer immédiatement les deux hommes et rejettent l'utilisation de leur détention injustifiée pour intimider le Canada, a déclaré le chef de la diplomatie américaine dans un communiqué.

Mike Pompeo a aussi demandé à ce que les autorités consulaires canadiennes aient accès aux deux détenus.

Justin Trudeau s'est réjoui de cette prise de position de son voisin du Sud lors de sa conférence de presse quotidienne, lundi. C'est avec grand plaisir qu'on voit que nos alliés autour de la planète continuent de parler haut et fort pour condamner ces actions des Chinois qui ont arrêté deux Canadiens pour des raisons purement politiques, a déclaré le premier ministre canadien.

La justice chinoise avait annoncé vendredi l'inculpation pour espionnage et divulgation de secrets d'État de Michael Kovrig, ancien diplomate auparavant en poste à Pékin, et du consultant et homme d'affaires Michael Spavor, spécialiste de la Corée du Nord.

Les deux hommes avaient été interpellés en décembre 2018, quelques jours après l'arrestation au Canada, à la demande de la justice américaine, de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou.

La procédure visant les deux Canadiens est largement perçue en Occident comme une mesure de représailles, ce que la Chine dément formellement.

Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor (à droite) ont été arrêtés par les autorités chinoises.

Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor (à droite)

Photo : La Presse canadienne/Twitter

Trudeau doit cesser ses remarques irresponsables

La Chine a d'ailleurs demandé lundi au premier ministre Justin Trudeau d'arrêter de passer des remarques irresponsables après qu'il eut déclaré que la décision de Pékin d'accuser les deux Canadiens d'espionnage était liée à l'arrestation de la dirigeante de Huawei.

Les accusations d'espionnage sont complètement différentes du cas de Meng Wanzhou, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Mme Meng a été arrêtée en raison d'accusations américaines liées à de présumées violations des sanctions commerciales contre l'Iran.

En conférence de presse lundi, M. Trudeau a de nouveau répété à de nombreuses reprises que les autorités chinoises ont directement lié les cas de MM. Kovrig et Spavor à celui de Mme Meng, et ce, dès le tout début de l'affaire.

Il a de nouveau appelé Pékin à mettre fin à leur détention arbitraire.

La détention arbitraire n'existe pas, a répliqué le porte-parole du ministère, Zhao Lijian.

La Chine exhorte le leader canadien concerné à respecter sérieusement l'esprit de l'État de droit, à respecter la souveraineté judiciaire de la Chine et à cesser de faire des remarques irresponsables, a ajouté M. Zhao.

Justin Trudeau a aussi insisté sur l'indépendance du système de justice canadien.

Si, soutient-il, les Chinois agissent de façon « purement politique » en détenant MM. Kovrig et Spavor, le système canadien, lui, ne fait qui suivre son cours dans le cas de Mme Weng.

Mais selon les Chinois, la détention du numéro deux de Huawei est un incident politique grave qui fait partie des efforts américains pour supprimer les entreprises chinoises de haute technologie et Huawei. Le Canada [joue] le rôle de complice, a déclaré M. Zhao.

Interrogé sur la raison pour laquelle le Canada n'a toujours pas statué – contrairement à quatre alliés du Five Eyes – sur la place que pourra occuper Huawei dans la construction du réseau 5G au pays, M. Trudeau a déclaré qu'Ottawa est toujours en train d'écouter ses experts en renseignement.

La décision sera prise en temps et lieu, s'est-il contenté de répondre.

En janvier, les Britanniques avaient notamment annoncé que Huawei pourra contribuer au réseau 5G, mais avec certaines restrictions.

Médias chinois ciblés par Washington

Washington veut accroître son contrôle sur quatre médias chinois aux États-Unis qu’il accuse d’être des organes de propagande.

Afin d'assurer une plus grande transparence des entités dirigées par le Parti communiste chinois aux États-Unis, j'ai demandé de désigner quatre organes de propagande de la République populaire de Chine supplémentaires comme missions diplomatiques étrangères, a annoncé sur Twitter le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

La semaine dernière, le secrétaire d'État avait qualifié la Chine d’acteur voyou coupable à ses yeux d'innombrables torts.

Mike Pompeo avait assuré avoir tenu ce même message très franc à Yang Jiechi, un haut responsable chinois, et qu'il l'avait prévenu que son gouvernement observerait de près les prochains pas de Pékin, du coronavirus à Hong Kong jusqu'aux tensions avec l'Inde.

Concrètement, le changement de statut dévoilé lundi signifie pour les médias concernés que dorénavant, ils devront notifier au département d'État la liste de leur personnel et de leurs biens immobiliers, a précisé le secrétaire d'État américain adjoint pour l'Asie de l'Est, David Stilwell.

Cette mesure contre la Télévision centrale de Chine, l'agence China News Service, le Quotidien du peuple et le Global Times s'ajoute à une décision identique déjà prise en février contre cinq autres médias publics chinois (l'agence Chine Nouvelle, China Global Television Network, China Radio International et les distributeurs américains du Quotidien du Peuple et du China Daily).

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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