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Une mère autochtone poursuit des agences de services à l’enfant et à la famille

La façade d'un tribunal sur laquelle est écrit « Law Courtsv».

La plainte a été déposée le 4 juin devant la Cour du Banc de la Reine du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Darren Bernhardt

Radio-Canada

Une femme d’une Première Nation, qui avait lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour récupérer la garde de ses enfants en 2017, poursuit maintenant en justice plusieurs agences de protection de l’enfant et de la famille manitobaines.

La femme est membre d’une Première Nation du Manitoba et vit actuellement dans une Première Nation en Ontario.

Trois de ses enfants lui ont été retirés par les Services à l’enfant et à la famille (SEF) en 2007 après un cas d’abus par leur père, qui était son conjoint à l’époque. Ce dernier a plaidé coupable d’agression sur un de ses fils.

La femme s’est ensuite séparée de son conjoint et a passé plus d’une décennie à essayer de reprendre la garde de ses enfants. Selon le document de la poursuite, l'aîné des enfants a fui la maison où il était placé en 2015 et a pris un autobus en direction d’une autre communauté pour rejoindre sa mère.

Mes efforts pour reprendre la garde de mes enfants ont été freinés par une série d’omissions, d’inaction, de discrimination et de mauvaise foi, affirme la mère de famille dans dans sa plainte.

Cela a pris 11 ans avant que la plaignante puisse retrouver ses fils , ajoute le document.

La plaignante demande 5 millions de dollars en dommages-intérêts généraux, 1 million de dollars en dommages-intérêts punitifs et 1 million en dommages-intérêts majorés. Les mêmes sommes sont réclamées pour deux de ses enfants.

Déclarée inapte

La plaignante affirme aussi dans le document qu’à cause de l’entrave, de l’intransigeance, de la discrimination et de la mauvaise foi des groupes nommés dans la plainte, ses enfants ont perdu leur famille et ont des séquelles émotionnelles, physiques et psychologiques extrêmes .

La poursuite indique que la mère n’a jamais fait l'objet d'allégations de comportement violent et ne souffrait pas de troubles de santé mentale ou de dépendances. Pourtant, les Services à l’enfant et à la famille l’ont déclarée inapte .

Les agences poursuivies dans la plainte sont le All Nations Coordinated Response Network (ANCR), le SEF de Winnipeg, le SEF de la région de l’ouest et le réseau de soins des Premières Nations du sud. Les gouvernements provincial et fédéral sont aussi nommés dans la poursuite.

Une indifférence à la souffrance des Autochtones

L’avocate de la plaignante, Katherine Hensel, considère que le racisme systémique dans le système judiciaire est particulièrement évident dans la protection de l’enfance lorsque cela touche des familles et des enfants autochtones .

Selon Katherine Hensel, sa cliente croit que ce que sa famille a dû vivre est une chose qui se passe tous les jours et qui est représentative d’une indifférence désinvolte au sujet de la souffrance d’enfants et de familles autochtones.

Des abus dans les maisons d’accueils, selon la plainte

La plainte poursuit aussi deux parents de maison d’accueil et deux autres individus connus par les agences des SEF comme étant à risque pour des enfants. Elle affirme que deux des garçons ont été agressés sexuellement et physiquement alors qu’ils vivaient dans des maisons d’accueil.

La plainte ajoute que deux garçons n’ont pas été placés dans des foyers autochtones durant le 10 ans qu’ils ont passés au sein des SEF. Un des garçons a été placé dans une famille autochtone pendant moins d’un an.

Selon la plaignante, ses enfants ont été déconnectés de leur identité, de leur culture, de leur histoire, de leur langue et de leur communauté anichinabée. Les accusations n’ont pas été démontrées en cour, et les personnes visées par la plainte n’ont pas encore donné de document de défense. Radio-Canada ne nomme pas la plaignante afin de protéger l’identité des enfants.

Un porte-parole du gouvernement manitobain a dit qu’il serait inapproprié de faire des commentaires pour le moment, car l’affaire est actuellement devant les tribunaux.

L’agence des SEF de l’ouest et le réseau de soins des Premières Nations du sud ont aussi refusé de faire des commentaires. Aucune réponse n’a été obtenue du SEF de Winnipeg, de l’ANCR, ou du gouvernement fédéral.

Avec les informations de Vera-Lynn Kubinec

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