•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Remaniement à Québec : six ministres, dont McCann et Dubé, changent de place

François Legault, Christian Dubé et Danielle McCann au Salon rouge de l'Assemblée nationale.

François Legault a décidé de placer Christian Dubé à la tête du mégaministère de la Santé à la place de Danielle McCann, à qui il confie l'Enseignement supérieur.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le premier ministre François Legault rebat les cartes de son Cabinet, sans y admettre de nouveaux venus.

Entrevu par certains, ce remaniement présenté lundi survient au moment où le Québec se prépare à une deuxième vague de COVID-19, que le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, estime probable à 95 %.

François Legault en profite pour changer de ministre de la Santé et des Services sociaux – un ministère durement éprouvé durant la pandémie, principalement en raison des ravages causés par le nouveau coronavirus dans les CHSLD.

Dans ce qui a toutes les allures d'une rétrogradation, Danielle McCann est transférée à l'Enseignement supérieur pour appuyer Jean-François Roberge, qui demeure ministre de l'Éducation. Elle sera remplacée par Christian Dubé à la tête du plus important ministère de l'État québécois. Son sous-ministre, Yvan Gendron, est également éjecté de son poste.

Interrogée par la presse parlementaire sur cette mutation, Mme McCann cachait mal sa déception, lundi.

Moi, j'étais venue en politique pour la Santé, [mais] c'est la prérogative du premier ministre de faire des choix.

Danielle McCann, ex-ministre de la Santé et des Services sociaux et nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur

Malgré tout, Mme McCann s'est dite très contente de ses réalisations à la Santé et du nouveau défi qui l'attend à l'Enseignement supérieur.

Danielle McCann regarde son successeur du coin de l’œil.

Danielle McCann n'a pas voulu donner de conseils à Christian Dubé, qui la remplacera à la tête du ministère le plus important de l'État québécois.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Avec l'arrivée de Christian Dubé, ce sera la première fois que la Santé échoit entre les mains d'un élu qui n'est pas issu de ce milieu depuis... François Legault, en 2002.

En agissant de la sorte, le premier ministre a déclaré lundi vouloir donner un deuxième souffle au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), un monstre, a-t-il dit, qui doit sortir de l'âge de pierre et devenir plus efficace.

J’y crois que c’est possible quand on est un homme d’affaires d’améliorer les choses dans le réseau de la santé, a déclaré François Legault, pour qui le MSSS représente le plus gros défi de gestion au Québec.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
François Legault entouré des six ministres touchés par le remaniement : Simon Jolin-Barrette, Nadine Girault, Danielle McCann, Christian Dube, Sonia LeBel et Jean-Francois Roberge

Remaniement à Québec : entrevue avec Christian Dubé

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

En entrevue à l'émission En direct avec Patrice Roy, Christian Dubé a confirmé plus tard en après-midi qu'Yvan Gendron sera remplacé par nulle autre que Dominique Savoie.

Cette haute fonctionnaire de carrière, qui avait été dénoncée par la CAQ lors du scandale sur les irrégularités au MTQ en mai 2016, a été réhabilitée récemment par le gouvernement Legault.

Nommée en avril administratrice d'État à la gestion des ressources gouvernementales en santé, elle a notamment contribué à faire le ménage dans la liste des candidatures transmises au MSSS par le site Je contribue.

Son nouveau mandat a été entériné par le Conseil des ministres, lundi, en fin de journée.

Au Trésor, mon trésor, dit Legault

Au Conseil du Trésor, Christian Dubé cède sa place à Sonia LeBel, qui quitte la Justice pour rejoindre le trio économique de François Legault, constitué du ministre des Finances, Eric Girard, et du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

À ce titre, Sonia LeBel aura notamment la responsabilité de conclure les négociations sur le renouvellement des contrats de travail des 500 000 employés de l’État et de poursuivre à l'automne les travaux parlementaires sur le projet de loi 61, une mesure législative contestée de relance économique.

Elle demeure en outre ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, et ministre responsable des Institutions démocratiques, de la Réforme électorale et de l’Accès à l’information.

Plan rapproché de Sonia LeBel.

Sonia LeBel perd la Justice, mais gagne la présidence du Conseil du Trésor.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Sonia LeBel laisse sa place à la Justice à son rival Simon Jolin-Barrette, jusqu'alors titulaire du ministère de l'Immigration. Celui-ci reste leader parlementaire et garde la charge de la Langue française, de la Laïcité et de la Réforme parlementaire.

M. Jolin-Barrette pendant la cérémonie.

Simon Jolin-Barrette réalise un rêve en devenant ministre de la Justice.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Simon Jolin-Barrette devient ainsi le plus jeune ministre de la Justice de l'histoire du Québec, a souligné François Legault lundi.

Un ton différent à l'Immigration

Finalement, Nadine Girault prend du galon. La députée de Bertrand prend les rênes de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, tout en conservant les Relations internationales et la Francophonie, elle qui est également coprésidente du groupe d’action contre le racisme créé la semaine dernière.

La CAQ continuera de considérer l'immigration comme un portefeuille économique, a plaidé François Legault, rappelant que le Québec avait le droit [...] de privilégier le choix de nouveaux arrivants qui répondent aux besoins du marché du travail. Mais, dit-il, je suis certain que Nadine aura un ton différent de Simon.

Mme Girault pendant la cérémonie.

Nadine Girault sera chargée du dossier de l'immigration.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Mme Girault, qui avait annoncé en septembre 2019 souffrir d'un cancer des poumons, accumule les nouvelles responsabilités ces jours-ci.

Le premier ministre a notamment fait savoir lundi qu'elle se joignait au comité des priorités de la relance économique, à l'instar de Sonia LeBel (qui remplacera Christian Dubé), de la vice-première ministre Geneviève Guilbault et du ministre de l'Environnement, Benoit Charette.

Le comité, composé jusqu'ici de quatre hommes – Christian Dubé, Eric Girard, Pierre Fitzgibbon et Jean Boulet – deviendra donc en zone paritaire.

Plan en plongée de Jean-François Roberge devant des drapeaux du Québec.

Jean-François Roberge, qui a été l'objet de critiques virulentes durant le confinement, se voit délester de l'Enseignement supérieur. Il pourra ainsi se concentrer sur l’éducation primaire et secondaire, à commencer par les maternelles quatre ans, et sur la réussite scolaire, a expliqué François Legault lundi.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Aucun député d'arrière-ban n'a été promu lundi, même si certains noms, comme Ian Lafrenière et Joëlle Boutin, ont circulé récemment.

L'opposition guère impressionnée

Le remaniement de lundi a été bien sûr l'occasion pour les trois autres partis représentés à l'Assemblée nationale de rappeler les écueils dans la gestion gouvernementale des trois derniers mois.

Pour la chef de l'opposition officielle, Dominique Anglade, cet exercice ne visait rien d'autre qu'à masquer l'incurie du gouvernement dans la préparation de la pandémie.

Ce remaniement est l’admission explicite du premier ministre du manque de préparation de son gouvernement et du refus de tenir compte des voyants qui s’allumaient sur leurs écrans radars entre les mois de décembre et de mars, a réagi la leader du PLQ, sur Twitter.

C'est un remaniement du désaveu par rapport à la ministre McCann.

Dominique Anglade, en entrevue à Radio-Canada

Pour sa part, la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé s'est dite surprise que l'on maintienne en poste la ministre des Aînés, Marguerite Blais, alors que, dans le vaste réseau de la santé, s'il y a un endroit où ça a crié "ça ne va pas, rien ne va plus", c'est au niveau des CHSLD.

Enfin, le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, a rappelé que le remaniement ne pourra jamais faire oublier ce qui s'est passé dans les premiers mois de 2020.

Le gouvernement est imputable depuis le jour un de son accession au pouvoir; alors, quelles que soient les personnes, c'est à mettre au bilan du gouvernement, a-t-il fait valoir, lundi.

Les syndicats veulent y croire

Contrairement aux partis d'opposition, les changements annoncés lundi ont été assez bien accueillis par les syndicats du secteur public.

La Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN), par exemple, a tenu à saluer le courage de procéder à un remaniement ministériel en pleine crise sanitaire. Sa présidente, Ginette Langlois, dit toutefois accueillir les principales nominations avec circonspection en raison de leur style de gestion ou de leur parcours.

Pour la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), le remaniement de lundi donne vie au Cabinet de la deuxième chance : pour le gouvernement, d'abord, qui n'a pas encore réussi à s'entendre avec syndicats du secteur public; et pour Jean-François Roberge, qui a essuyé de vives critiques pour sa gestion de crise et sa réforme sur la gouvernance.

Les résultats parleront d'eux-mêmes, estime pour sa part la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui dit espérer que ce remaniement soit suivi d'un changement de ton et d'une bouffée d'air frais dans plusieurs dossiers importants.

La CSQ souhaite également que la nomination de Nadine Girault à l'Immigration puisse mener à l'abandon de la saga entourant la réforme du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), qui n'allait nulle part, selon elle.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !