•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : l’industrie touristique retient son souffle en Alberta

Les Rocheuses en Alberta, en mai 2018.

Le secteur touristique a perdu plus de 70 000 emplois en Alberta depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

L’été ne rimera pas nécessairement avec le retour des beaux jours pour les opérateurs touristiques albertains, qui ne savent pas si les visiteurs seront au rendez-vous pour sauver ce début de saison maussade.

Le cowboy Dewy Matthews a guidé des dizaines de milliers de touristes à dos de cheval, lors des excursions équestres qu’ils offrent depuis 36 ans dans les Rocheuses du sud de l’Alberta.

Aujourd’hui, ce qu’il compte en dizaines de milliers, ce sont les dollars qui ne sont pas entrés dans ses caisses à cause des mesures de confinement et de la fermeture des frontières imposées en marge de la pandémie de COVID-19.

Poches vides

Deux groupes de touristes européens ont récemment annulé la semaine de chevauchée qu’ils avaient réservée dans le secteur de Kananaskis, ce qui représente un manque à gagner d’au moins 20 000 $, calcule M. Matthews.

Comme eux, de 20 % à 30 % de sa clientèle provient habituellement de l’étranger. Ces touristes internationaux sont précieux pour M. Matthews : venus de loin, ils ont tendance à réserver des séjours plus longs, et donc dépenser plus d’argent.

Avec les frontières qui resteront fermées au moins jusqu’au 21 juillet, le cow-boy aguerri ne sait pas comment il se remettra en selle.

Je ne m’attends pas à ce que la situation s’améliore avant septembre, craint-il, en ajoutant que plusieurs visiteurs ont déjà reporté leurs randonnées à l’année prochaine.

Si ses prévisions deviennent réalité, il ne restera alors plus beaucoup de temps à Dewy Matthew pour combler son manque à gagner. Pourtant, c’est grâce à ses revenus estivaux qu’il paye ses factures et nourrit sa centaine de chevaux pendant l’hiver.

Cette année, il a été contraint de réduire ses équipes de moitié, soit six employées qu’il n’aurait pu payer sans l’aide salariale du gouvernement fédéral.

Sombre horizon

Après des mois de confinement, le propriétaire de Canmore Cave Tours, Adam Walker, croise les doigts pour que les touristes aient encore le goût d’aller prendre leur bol d’air frais en rampant dans une des cavernes qu’il leur propose d’explorer.

Les nouvelles restrictions sanitaires lui imposent toutefois d’accueillir des groupes plus petits lors d’excursions souterraines plus courtes.

Cela va avoir un impact important sur nos activités cet été, redoute-t-il.

Lui aussi compte les jours avant la réouverture des frontières et s’en remet aux visiteurs albertains et canadiens pour sauver ce qui peut l’être de la saison.

On ne peut que faire preuve de patiente et attendre de voir ce que ça donnera, se résout celui qui anticipe une chute de 30 % à 40 % des revenus des professionnels du tourisme dans le sud-ouest de la province.

Un groupe de cinq personnes marche en montagne.

Canmore Cave Tours a mis en place des rabais pour les résidents de la région de Canmore qui voudrait faire une exploration de grotte, comme ce groupe, qui se dirige vers la grotte Rats Nets.

Photo :  CBC / Bryan Labby

Déjà, en avril, les hôtels et les complexes touristiques ont accusé une baisse de fréquentation de, respectivement, 12,5 % et 7 %, montrent les plus récentes statistiques. Cette désertion s’est, par extension, aussi fait sentir dans les restaurants et les commerces de Canmore, Kananaskis, Banff ou Lake Louise.

Même si les touristes font leur retour cet été, cela ne veut pas dire que toutes les entreprises survivront à la pandémie.

Rachel Ludwig, directrice générale de Tourism Canmore Kananaskis

La directrice générale de Tourism Canmore Kananaskis, Rachel Ludwig, redoute la fin des programmes d’aide gouvernementaux annoncée pour la fin du mois d'août.

L’industrie du tourisme aura besoin d’être soutenue plus longtemps, pense-t-elle.

Selon le ministère albertain du Tourisme, c’est de liquidité dont on le plus besoin les professionnels du secteur, ces temps-ci.

Le gouvernement Kenney a notamment exempté les professionnels du tourisme de la taxe dont ils doivent s’acquitter chaque année et a mis à leur disposition une aide de 5000 $.

Je ne peux pas garantir à 100 % que des mesures d’aides additionnelles seront offertes, a toutefois prévenu la ministre du Tourisme, Tanya Fir.

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement a également revu à la baisse son plan ambitieux de doubler ses dépenses allouées au tourisme qui devaient atteindre les 20 milliards de dollars d’ici 2030.

Partir ailleurs, ici

Pour soutenir l’industrie du tourisme, Travel Alberta a lancé une campagne encourageant les Albertains à prendre leurs vacances dans la province cette année, a souligné Mme Fir.

C’est aussi la stratégie sur laquelle mise l’Association des hôteliers de Calgary.

Plusieurs hôtels ont développé une offre de service spécifiquement pour ceux qui passeront des vacances chez eux, comme des possibilités d’aller au restaurant tout en ayant accès à certaines installations comme les centres d'entraînement physique ou les piscines, explique le directeur général de l’Association, Sol Zia.

Il anticipe que seule une chambre sur cinq trouvera preneurs au mois de juillet dans la métropole albertaine, qui en compte près de 13 000.

Nos réservations pour l’été se sont remplies plutôt vite grâce aux visiteurs albertains, ce qui est fantastique, annonce sur une note plus positive le directeur général de Mount Engadine, Simon Harvie.

Des chalets aux tentes, l’entreprise propose différents types d’hébergements dans l’arrière-pays au parc provincial de Spray Lakes. Ces options surtout prisées par des visiteurs internationaux qui représentaient, jusqu’à présent, environ 65 % de la clientèle de M. Harvie.

Aujourd’hui, ses nouveaux visiteurs locaux sont, selon lui, à la recherche d’escapades intimes, dans de plus petits types de logements où ils sentent qu’il y a moins de risque de contamination.

Je pense que ça va devenir la nouvelle réalité, et plus que tout, c’est ce qui va nous aider à survivre cette année, termine-t-il

Avec les informations de Bryan Labby

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !