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Les proches d'une jeune femme assassinée finalement considérés comme victimes

Des amis de Daphné Boudreault lui ont rendu hommage le 1er avril au soir.

Daphné Boudreault a été tuée en mars 2017.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les parents de Daphné Huard-Boudreault et sa belle-mère seront finalement indemnisés par l’IVAC. Le tribunal a renversé, le 10 juin, la décision précédente du Service d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC).

Daphné Huard-Boudreault, 18 ans, avait été tuée par son ex-conjoint à Mont-Saint-Hilaire en mars 2017 alors qu’elle était allée récupérer ses effets personnels, quelques instants avant l’arrivée des policiers.

Même s’ils avaient notamment pu bénéficier d’une trentaine de séances de thérapie offertes par l’IVAC, ils n'avaient pu recevoir le statut de victimes. L'organisation le leur refusait du fait qu’ils n’avaient pas été témoins du meurtre.

Les juges Carl Lemel et Louise Hamel ont plutôt adopté une vision large et libérale de la définition de victime. En se présentant sur les lieux du crime, peu après celui-ci, c’est toute une scène encore active qu’ils ont découverte, notent les juges en évoquant les policiers, les ambulanciers ainsi qu’un corps apparemment inanimé couché sur une civière et recouvert d’un drap, écrivent-ils.

Ils notent notamment que les requérants ont eu un lien suffisamment étroit avec la scène de crime pour être considérés comme ayant été blessés à l’occasion de la perpétration de celui-ci.

Je suis content du résultat, mais terriblement aigri de cette expérience dégradante face à l'IVAC

Éric Boudreault, père de la victime

Sa conjointe, Claudine Halde, a de son côté dénoncé les mensonges, le ton glacial, les lenteurs et le mépris de l’IVAC.

Évoquant les cauchemars et les flash-back qui meublent son quotidien, et la peur et l'anxiété qui ne la quittent pas, la mère de Daphné, Mélanie Huard, a de son côté confié que ce combat contrel'IVAC a compliqué [s]on deuil.

Le gouvernement interpellé

Les trois bénéficiaires sont désormais admissibles au remboursement complet de leurs frais de thérapie et verront leurs pertes de revenus compensées. Une rente à vie pour les séquelles permanentes leur sera versée au terme du processus thérapeutique, indique le cabinet de Marc Bellemare qui les représentait.

Ce dernier recommande au gouvernement de tenir sa promesse et de réformer l’IVAC, mais aussi d’augmenter le financement du Tribunal administratif, où selon lui on laisse dépérir les victimes au moins deux ans avant une première audience.

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