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Les prix des billets de spectacle vont-ils augmenter?

Des personnes les mains dans les airs au milieu d'une foule compacte, dans une salle où des lumières s'illuminent au-dessus de la scène.

Fixer le prix d’un billet de spectacle est le fruit d’une savante alchimie, qui tient notamment compte de la capacité des gens à payer, selon Julie-Anne Richard.

Photo : getty images/istockphoto / Bernard Bodo

Fanny Bourel

Lundi, les salles de spectacle pourront rouvrir si elles accueillent un public de moins de 50 personnes. Maintenir une distance physique entre chaque personne et garantir la sécurité sanitaire des lieux a un coût pour les salles. Les prix des billets pourraient donc grimper de quelques dollars, mais ils ne devraient pas s’envoler.

Fondateur et président du Groupe Entourage, Éric Young produit les spectacles d’artistes comme Messmer, Philippe Laprise et Mariana Mazza. Ce vétéran de l’industrie qui compte 25 ans d’expérience déclare : Je n’ai pas l’intention d’augmenter les prix des billets davantage que l’inflation.

Les gens sont habitués à payer un certain prix , justifie-t-il.

Il en va de même pour le président de Productions Martin Leclerc, qui produit les spectacles de Brigitte Boisjoli et de Marie-Jo Thério.

Ce n’est pas aux consommateurs d’absorber la hausse de dépenses des salles.

Martin Leclerc, président de Productions Martin Leclerc

Lorsque l’activité aura réellement repris, nombre des représentations proposées seront des reports de spectacles qui auraient dû être donnés au printemps. Une partie du public aura donc acheté ses billets avant le confinement. Je ne me vois pas pénaliser un nouvel acheteur, dit-il.

Fixer le prix d’un billet de spectacle est le fruit d’une savante alchimie, qui tient notamment compte de la capacité des gens à payer, selon Julie-Anne Richard, directrice générale de l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles – RIDEAU.

À moyen terme, je ne crois pas qu’on va assister à une hausse systématique des prix.

Julie-Anne Richard, directrice générale de RIDEAU

Sara Castonguay, qui est à la tête du Cabaret Lion d’Or, ne compte pas non plus faire grimper les prix des concerts ou encore des spectacles d’humour organisés dans cette petite salle montréalaise. La culture doit rester la plus accessible possible, dit celle qui refuse que son espace culturel devienne élitiste.

Une petite augmentation à court terme

Toutefois, dans l’immédiat, le montant à débourser pour aller voir un spectacle risque d’être un peu plus élevé, car le nombre de personnes autorisées dans la salle est très restreint et l'application de mesures sanitaires engendre des frais.

Bientôt, le Cabaret Lion d’Or accueillera des représentations du Projet parallèle, imaginé par le Groupe Phaneuf. La formule est basée sur un concept simple : trois ou quatre humoristes se produisent à tour de rôle pendant une heure au total devant un petit public.

Julien Lacroix fera partie des artistes appelés à se produire sur scène. À l’automne dernier, c’est au Cabaret Lion d’Or que l’humoriste était venu roder son spectacle. Le tarif pour assister à l’une des représentations était de 25 dollars puisqu'il s’agissait d’un rodage.

Activer ses zygomatiques devant les humoristes du Projet parallèle coûtera environ 33 dollars.

C’est un petit peu plus cher, mais j’ose espérer que ce sera revenu à la normale à partir de cet automne , dit Sara Castonguay.

En appliquant ce tarif, le Cabaret Lion d’Or sera un peu déficitaire. Des travaux ont été faits à l’entrée pour éviter la promiscuité, des panneaux de plexiglas ont été installés, du gel désinfectant sera fourni, la salle sera désinfectée entre les deux représentations de la soirée et ne pourra pas compter sur les ventes d’alcool habituelles.

On le fait quand même pour demeurer actif et pour rémunérer les artistes , souligne Sara Castonguay, dont la salle ne pourra pas tenir le coup financièrement plus de deux mois.

Si une augmentation généralisée des prix des spectacles n’est pas à prévoir, une explosion des tarifs pourrait survenir pour une poignée de productions mettant en vedette des célébrités capables de donner envie aux gens d’ouvrir leur portefeuille. Le public serait d’autant plus prêt à payer le prix fort qu’il a soif d’art vivant après trois mois de confinement et un été sans festivals.

Quand Patrick Huard avait donné un nombre limité de représentations de son spectacle Le bonheur à plus de 100 dollars la place, cela avait provoqué un tollé, mais cela avait fonctionné, rappelle Éric Young.

Pas de grosse hausse des prix, mais pas de gros spectacles

En l’absence de hausse des prix des billets, seuls des spectacles ne nécessitant pas de grands décors, d’éclairages sophistiqués et de larges distributions seront offerts au cours des prochains mois. Par conséquent, une bonne partie des salles de spectacle resteront fermées.

À moins que des aides à la diffusion culturelle ne soient octroyées par le gouvernement, les grosses productions resteront à l’arrêt tant que les grandes salles de plusieurs centaines de sièges ne pourront pas être remplies.

Beaucoup de spectacles vont attendre la reprise complète pour redémarrer , ajoute Éric Young, dont l’entreprise table sur un redémarrage total en janvier 2021. Les seuls spectacles d’envergure qui repartiront sur la route sont ceux de Mariana Mazza et de Dominic Paquet, qui devaient être en rodage au printemps.

On aime bien donner les spectacles en rodage devant une foule moindre afin de les polir avant de les montrer à tout le monde , précise le producteur.

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