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Éducation et COVID-19 en Ontario : des parents examinent les trois options

Une mère fait l'école à la maison à ses enfants.

Bon nombre de parents ont dû faire l'école à la maison à leurs enfants en raison des mesures de confinement.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les situations - géographique et économique - de chaque famille semblent peser lourd dans l’opinion des parents en lien avec les options d’éducation qui se présenteront en septembre.

C’est ce que révèle une série d’entrevues réalisées par Radio-Canada avec des parents de la province.

Vendredi, le gouvernement ontarien a annoncé que les conseils scolaires de la province allaient avoir une décision à prendre au sujet du mode d’éducation qu’ils allaient préconiser lors de la rentrée en septembre 2020.

Pandémie oblige, chaque décision en lien avec le rassemblement de plusieurs personnes dans une seule pièce ne peut être prise à la légère. Or, le ministère de l’Éducation offre trois options aux conseils scolaires :

  • Des cours en personne, mais avec des classes à capacité réduite ;

  • Une éducation à la maison seulement ;

  • Un peu des deux.

L’apprentissage à la maison? C’est non!

Les trois parents interviewés s’accordent sur un seul sujet : le projet d’éducation à la maison du gouvernement ontarien n’est pas adapté à leur réalité.

Une élève fait des exercices de mathématiques en ligne.

Une élève fait des exercices de mathématiques en ligne.

Photo : Annie Spratt/Unsplash

À North Bay, Nathalie Rainville illustre son opinion de ce mode d’éducation ainsi : au nord de l’Ontario, j’ai beaucoup de familles et d’amis qui vivent où il n’y a pas d’Internet. Ils ne peuvent pas faire école à la maison du tout.

Mme Rainville est membre de Parents partenaires en éducation à North Bay et mère de trois enfants (4, 6 et 9 ans). Selon elle, les cours en ligne, tels que proposés actuellement, sont un échec. L’équité n’est pas là du tout.

Julie Lupetu, elle, a trois enfants et habite Windsor. Elle affirme que l’apprentissage leur a été très difficile. Les professeurs et les enseignants se sont rendu compte [des impacts] sur le rendement des travaux. Il y a eu beaucoup de retards, dit-elle. Ses enfants de 11, 8 et 7 ans ont éprouvé des difficultés à passer de longues périodes devant l’ordinateur.

« L’apprentissage en ligne, c’est mieux pour les grandes personnes. Pour les petits enfants, c’est vraiment compliqué. »

— Une citation de  Julie Lupetu, mère de famille qui habite Windsor

Je pense qu’il y a encore beaucoup de travail à faire sur l’apprentissage en ligne, renchérit Doug Konaré, qui est père de deux enfants et habite Toronto. Il dit avoir constaté beaucoup de déficiences dans l’offre éducative depuis le début de la pandémie.

Malgré tout, M. Konaré ne souhaite pas l’abandon total de l’enseignement à la maison. Il croit qu’il s’agit d’une excellente expérience pour ses enfants en prévision du marché du travail qui les attend. Les enfants, en commençant à cet âge, vont grandir et s’habituer, dit-il.

Les risques d’une école en personne

Si les trois parents interviewés s’entendent sur l’école à distance, ils ont aussi des craintes vis-à-vis une école 100 % en personne.

M. Konaré est inquiet. Rouvrir complètement sans précautions, je trouve que ce serait extrêmement dangereux, dit-il. Il serait prêt à envoyer ses enfants à l’école, mais pas avant d’avoir obtenu des certitudes vis-à-vis la protection personnelle. C’est certain que les enfants vont jouer ensemble, rappelle-t-il.

On ne peut pas demander à une enseignante d’enseigner et de veiller à ce que toutes les mesures sanitaires soient respectées , ajoute Mme Lupetu. Elle souligne qu’il faudra beaucoup plus de personnel pour veiller à ce que tout se déroule correctement à l’école.

Mme Rainville précise d’ailleurs que le transport scolaire, ça va être très différent aussi. Ils veulent que ça soit peut-être une personne par banc à moins que ce soit de la même famille, explique-t-elle.

La solution hybride, un bon compromis

M. Konaré et Mme Rainville s’entendent sur un point : la solution hybride semble la meilleure.

Avoir des rencontres physiques, c’est extrêmement important. On est tous humains et c’est tout à fait normal d’avoir cette approche hybride. Je trouve que c’est un bon choix et j'espère qu’ils vont prendre l’approche hybride avec la possibilité d’avoir des exceptions au cas par cas, précise M. Konaré.

Une salle de classe vide, vue à partir d'un bureau d'élève.

Certaines classes en région accueillent déjà peu d'élèves, selon Mme Rainville.

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Mme Rainville explique que restreindre le nombre d’élèves dans une salle de classe ne serait pas un défi aussi imposant dans le nord de l’Ontario qu’à Toronto, par exemple. On a, au Nord, certaines classes qui sont déjà très petites alors ça se peut que ça n’affecte pas autant l’organisation, dit-elle.

De son côté, Mme Lupetu serait prête à envoyer ses enfants à l’école à temps plein.

Demander aux enfants de rester à la maison, c’est demander aux parents de rester à la maison avec les enfants, affirme-t-elle. D'un autre côté, les enseignantes doivent être là juste pour dispenser les cours en plus d’une personne secondaire qui sera là pour faire respecter les mesures.

Elle croit qu’il s’agit de la meilleure des solutions que de garder les enfants à la maison et qu'ils suivent des cours en ligne .

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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