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Quand l’art rencontre les mesures sanitaires

Une rangée de quatre statues imposantes de Matthieu Binette

Les sculptures de Matthieu Binette servent à imposer la distance entre les tables à l'avant du restaurant Auguste de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Fanny Lachance-Paquette

La restauratrice Anik Beaudoin a su tirer le meilleur des nouvelles mesures sanitaires à respecter dans son établissement. Le Auguste de Sherbrooke s’est transformé en salle d’exposition depuis sa réouverture en début de semaine.

Lorsque son établissement a fermé ses portes le 15 mars dernier à cause du confinement, Anik Beaudoin a regardé ses murs vides avec tristesse. Quelques heures plus tôt, apprenant la fermeture, l’artiste Adèle Blais, qui exposait depuis un moment ses toiles colorées aux murs du restaurant de la rue Wellington, était venue décrocher ses oeuvres. Son restaurant se retrouvait tout à coup vide et plutôt terne.

Déjà l’idée germe en elle d’égayer le restaurant en prévision de la réouverture. Faut faire quelque chose de joyeux, se dit-elle en cette période plutôt morne.

Elle contacte alors le photographe Jocelyn Riendeau. Je pense que les gens quand ils vont recommencer à aller au restaurant, ils vont vouloir se souvenir de ce que c’était la vie en groupe et que ça va revenir un jour , lui dit-elle au téléphone. Le photographe lui sort alors une quinzaine de photos de foules prises lors d’événements qui ont rythmé la vie culturelle sherbrookoise.

Six photos, dont plusieurs de foules, apposées sur les murs du restaurant.

Les photos de Jocelyn Riendeau rappellent aux clients les événements qui ont rassemblés les Sherbrookois.

Photo : Radio-Canada / Fanny Lachance-Paquette

Puis, plusieurs semaines plus tard, les mesures sanitaires pour la réouverture des restaurants sont annoncées. Les désinfectants, les masques, les visières, les flèches au sol et les plexiglas font leur entrée dans la vie des restaurateurs.

Pour Anik Beaudoin, il n’est pas question pour autant de lésiner sur l’esthétique du restaurant, encore moins de rappeler aux clients qui veulent passer un bon moment que le virus rôde. Les pompes à désinfectant seront donc déposées sur du mobilier créé par l’artiste Raphael Zweilder. Pas question de mettre de plexiglas non plus, la distance entre les sections sera dictée par une rangée de sculptures de Matthieu Binette.

Au lieu du festival de plexiglas, on va se donner du beau dans notre vie.

Anik Beaudoin, propriétaire du restaurant Auguste

Approché par la propriétaire, une semaine avant la réouverture, Matthieu Binette est emballé par le projet. Il collecte alors quelques oeuvres dont il dispose dans son atelier, incluant certaines qui n’ont pas réussi à se rendre chez leurs nouveaux propriétaires pendant la pandémie.

C’est plus intéressant de les avoir ici [les œuvres] que dans mon atelier qui attendent, souligne l’artiste.

Il participe à l’initiative sans espoir de vendre, uniquement dans l’objectif d’enjoliver les lieux. Il réalise tout de même qu’il s’agit d’une occasion pour les clients de découvrir son travail.

Matthieu Binette pose à côté de ses sculptures à l'intérieur du restaurant Auguste.

Le sculpteur Matthieu Binette a prêté quelques-unes de ses oeuvres au restaurant Auguste pour qu'elles servent d'éléments de distanciation physique.

Photo : Radio-Canada / Fanny Lachance-Paquette

L’artiste, comme la plupart des artisans du domaine artistique, est durement éprouvé par la pandémie. Il salue l’entraide et le dynamisme des divers milieux, qui souhaitent faire ressortir du positif et de la beauté en cette période difficile financièrement.

Je trouve que la restauration et le milieu culturel, on est pas mal les mal-aimés de l’économie. Je trouve ça le fun qu’on se tienne là-dedans, ajoute la propriétaire du Auguste. 

Deux bouteilles de désinfectant sur un meuble fait de béton et de bois.

Un meuble créé par l'artiste Raphael Zweidler sert à déposer les pompes de désinfectant du restaurant.

Photo : Radio-Canada / Fanny Lachance-Paquette

Les œuvres feront partie prenante du décor du restaurant tant que les mesures sanitaires seront en place. Une rotation des pièces est même envisagée par Matthieu Binette. Chose certaine, les admirer au quotidien fait actuellement le bonheur des clients et des employés.

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