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Trump n'aime pas Trudeau, affirme John Bolton dans ses mémoires

La Maison-Blanche a dénigré les mémoires de John Bolton, à paraître sous peu, et plusieurs fonctionnaires ont affirmé que l'ouvrage comporte des détails exagérés ou inexacts.

Donald Trump et Justin Trudeau, côte à côte, parmi d'autres dirigeants.

Le président américain Donald Trump et le premier ministre canadien Justin Trudeau lors du sommet de l'OTAN, en décembre 2019.

Photo : The Associated Press / Evan Vucci

L'ex-conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, affirme que le président américain était tellement remonté contre Justin Trudeau après le Sommet du G7 à La Malbaie qu'il avait donné l'ordre à son personnel de la Maison-Blanche d'attaquer le premier ministre canadien lors d'entrevues à la télévision.

Dans ses mémoires intitulées The Room Where It Happened: A White House Memoir (La pièce où c’est arrivé : mémoires de la Maison-Blanche), John Bolton relate la dispute notoire qui avait opposé Donald Trump à Justin Trudeau lors du Sommet du G7 qu'avait tenu le Canada à La Malbaie.

En ce début juin 2018, la tension qui régnait entre les deux hommes n'était un secret pour personne puisque, durant la semaine qui avait précédé le Sommet, le président Trump avait imposé des tarifs douaniers de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur les importations d'aluminium, des tarifs qui frappaient notamment le Canada.

John Bolton affirme que le président Trump avait de l'inimitié contre Justin Trudeau et aussi contre le président français Emmanuel Macron. Et, dans son livre, l'ex-conseiller à la sécurité nationale décrit la dynamique très inhabituelle qui prévalait durant leurs rencontres.

Trump n'aimait pas vraiment ni Trudeau ni Macron, écrit John Bolton. Mais il les tolérait, croisant le fer avec eux en réunion, mi-moqueur, mi-sérieux.

Je suppose qu'ils comprenaient son jeu et qu'ils s'y prêtaient, parce qu'il était dans leur intérêt de ne pas être perpétuellement en brouille avec le président américain.

John Bolton raconte comment il a été témoin de l'intérieur de la querelle qui s'est envenimée entre Trump et Trudeau, à la fin du Sommet du G7 dans Charlevoix et quelque temps après.

Donald Trump et Justin Trudeau en conférence de presse au G7 à Charlevoix.

Rencontre entre le président Donald Trump et le premier ministre Justin Trudeau au Sommet du G7 dans Charlevoix, le 8 juin 2018.

Photo : Reuters / Leah Millis

Les dirigeants présents au Sommet tentaient de s'entendre sur le libellé d'un communiqué final clôturant le Sommet. Bolton raconte avoir alors été appelé par John Kelly, alors chef de cabinet de Trump, qui lui a demandé de se joindre à cette discussion aux allures de marchandage.

John Bolton raconte être entré dans la pièce au moment où Kelly en sortait et ce dernier a dit : C'est un désastre.

Bolton s'est vite rendu à cette conclusion lui aussi : il affirme que Donald Trump semblait fatigué, alors que Trudeau et Macron, débordant d'énergie, poussaient le président à accepter des dispositions avec lesquelles il était en désaccord.

Bolton affirme qu'il ne pouvait pas discerner si Trump jouait au dur avec Trudeau et Macron, mais il pouvait voir que le président ne s'était pas préparé pour ce Sommet du G7 et qu'il n'en comprenait pas les enjeux.

Au bout du compte, un accord a été trouvé et le communiqué a été rédigé : « On en a fini avec le G7 », s'est dit Bolton.

Mais ce n'était pas le cas.

Tu dois t'en prendre à Trudeau

Dernier arrivé au Sommet du G7, Donald Trump a été le premier à en partir.

Dans l'avion qui le menait à Singapour pour une rencontre avec le leader nord-coréen Kim Jong-un, Donald Trump a piqué une colère en apprenant que Justin Trudeau s'était une fois de plus plaint des tarifs douaniers américains, cette fois durant la conférence de presse qui avait clos le Sommet à La Malbaie.

Le président américain a alors publié une série de messages sur Twitter indiquant qu'il retirait son soutien au communiqué final du Sommet, un geste qualifié de sans précédent par Bolton.

Ce dernier raconte que Donald Trump a alors réveillé le secrétaire d'État Mike Pompeo pour piquer une crise à propos de la conférence de presse de Trudeau.

Ensuite, raconte Bolton, Donald Trump s'est entretenu avec le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, qui devait participer le dimanche suivant à des talk-shows télévisés.

Les instructions de Trump [à Kudlow] étaient claires : Tu dois t'en prendre à Trudeau. Ne t'en prends pas aux autres. Trudeau est un hypocrite.

Selon John Bolton, il ne faisait aucun doute que le président américain voulait que Kudlow et un autre de ses collègues de la Maison-Blanche, Peter Navarro, attaquent le premier ministre canadien.

Navarro a lui aussi participé à des émissions télévisées où il a affirmé qu'il y avait une place spéciale en enfer pour Trudeau, en raison de la manière dont il traitait Trump.

Depuis ces événements, les tensions entre les dirigeants canadien et américain ont connu des hauts et des bas.

Les tarifs douaniers infligés au Canada et au Mexique sur les importations d'acier et d'aluminium ont été levés. Et Kudlow a depuis affirmé à des journalistes qu'il avait eu un échange amical avec Justin Trudeau plus tard en 2018 et que les choses s'étaient arrangées lors du Sommet du G20 en Argentine.

John Bolton ajuste ses lunettes.

John Bolton a été le conseiller à la sécurité nationale du président Trump jusqu'à ce que ce dernier le limoge à la mi-septembre 2019.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Jean Chrétien dans la mire de Bolton

Dans son livre, John Bolton parle aussi de l'ancien premier ministre canadien Jean Chrétien, rappelant le commentaire de ce dernier à l'intention d'Ottawa relativement à la demande d'extradition qui frappe Meng Wanzhou, la directrice financière du géant de l'informatique chinois Huawei.

M. Chrétien avait suggéré qu'Ottawa annule cette demande faite par Washington, dans le but d'atténuer les tensions diplomatiques entre le Canada et la Chine.

Jean Chrétien n'a jamais été un ami des États-Unis, écrit John Bolton, et il a argumenté que le Canada devait simplement enfreindre notre traité d'extradition.

D'après un texte du correspondant de CBC à Washington, Alexander Panetta

Avec les informations de CBC

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