•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vaccination obligatoire : le rejet du projet de loi suscite des réactions partagées

Deux affiches de manifestants contre la vaccination obligatoire sur lesquelles on peut lire : «Protecting the charter of Rights Protects our Freedoms» et «Bill 11 NB».

Une manifestation a eu lieu mardi matin à Fredericton contre la vaccination obligatoire.

Photo : Radio-Canada

Lisa Revil

Le projet de loi sur la vaccination obligatoire dans les écoles du Nouveau-Brunswick a provoqué le débat à l'Assemblée législative et dans la population. Tour d’horizon des premières réactions, au lendemain de rejet du projet de loi 11.

Le projet de loi sur la vaccination obligatoire des élèves dans les écoles et les garderies publiques du Nouveau-Brunswick a été rejeté à l’issue de son vote final, jeudi 18 juin, à l’Assemblée législative.

Vingt-deux députés ont voté contre le projet, vingt autres députés l’ont appuyé, et trois se sont abstenus.

La déception d’un médecin de famille

Au lendemain de ce vote, certains sont déçus, comme le Dr Philippe Chouinard, un ardent défenseur de la vaccination.

Ce médecin de famille de Dieppe qui voit cette défaite comme un retour à la case départ.

Le Dr Philippe Chouinard en entrevue.

Le Dr Philippe Chouinard, médecin de famille dans la grande région de Moncton, est un défenseur de la vaccination obligatoire.

Photo : Radio-Canada

La pression du mouvement anti-vaccin, fort au Nouveau-Brunswick, serait l’un des éléments, pour le médecin, qui a mené à cet échec.

Ce médecin déplore le fait que certains députés ne sont pas prononcés. Je pense que le politicien doit être capable de peser les pour et les contre... On n’est pas dans une situation où l’on peut se permettre de s’abstenir. Les virus et les bactéries qui sont en cause de ces infections, eux, ils n’ont pas de croyance, ils n’ont pas de parties, ils vont infecter et potentiellement tuer des Néo-Brunswickois, si on leur laisse la chance, fait-il valoir.

Selon lui, la pandémie aurait même fait chuter le taux de vaccination des nouveau-nés. Ce qui va rendre l’ensemble de la population vulnérable pour plusieurs années.

On est dans une situation où le taux de vaccination est en train de diminuer, il est en chute libre, parce que les gens restent à la maison. On a des enfants de 2 mois, 4 mois, 6 mois qui ne sont pas en train de se faire vacciner… On va être une population vulnérable pour potentiellement quelques années , soutient-il.

La loi 11 aurait permis de rattraper le retard engendré par la pandémie.

Il y avait une urgence à ce que l’on considère une méthode pour essayer de palier à l’hésitation contre les vaccins, et puis malheureusement, on n’est pas arrivé à une solution concrète avec la défaite de la loi 11, déplore-t-il.

Un projet de loi qui divise les députés

Kevin Arseneau, le député de Kent-Nord, fait partie de ceux qui se sont abstenus. Malgré les critiques, il tient sa position.

Moi, je suis confortable avec l’abstention. D’un côté, on n’envoie pas un message de victoire au mouvement anti-vaccin. Par contre, il s’agissait de la mauvaise politique publique. On a répété au ministre, et on tend la main au ministre, pour dire : retravaillons ce projet de loi et faisons-en un projet de loi qui a le mérite d’être implanté au Nouveau-Brunswick, explique le député vert.

Kevin Arseneau dans les couloirs de l'Assemblée législative.

Kevin Arseneau, du Parti vert, député de Kent-Nord s'est abstenu.

Photo : Radio-Canada

Kevin Arseneau croit dans le pouvoir des vaccins, mais pense qu’il y a besoin de plus de données et de travail auprès de la population avant de rendre ceux-ci obligatoires.

Robert Gauvin, lui aussi, était dans le camp des abstentionnistes.

Robert Gauvin.

Robert Gauvin s'est abstenu.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Il est important de dire que la vaccination est toujours obligatoire dans les centres de petites enfances et dans les écoles. Mais, selon moi, l’insuffisance de données ne justifiait pas une approche aussi musclée. Je suis en faveur des vaccins et je respecte le choix de chacun , a lancé Robert Gauvin dans sa déclaration officielle.

La députée libérale de Madawaska-Edmundston, Francine Landry, a voté contre le projet de loi 11. Elle dit cependant croire aux bienfaits des vaccins, mais elle n’a pas été convaincue par le projet de loi présenté par le gouvernement.

Je tiens à préciser que je n’ai pas voté contre la vaccination, j’ai voté contre un projet de loi, se défend Francine Landry.

Francine Landry interviewée

Francine Landry , députée de Madawaska-Les-Lacs-Edmundston.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Elle ajoute que les dispositions étaient vagues : Je trouvais que ce projet de loi n’a pas démontré clairement comment on aurait augmenté le taux de vaccination au Nouveau-Brunswick.

Isabelle Thériault, la députée libérale de Caraquet, a voté, elle, pour ce projet de loi afin de mieux protéger les enfants.

Isabelle Thériault signe un document.

Isabelle Thériault, députée libérale de Caraquet

Photo : Assemblée législative du Nouveau-Brunswick

Les vaccins, c’est l’une des avancées scientifiques les plus spectaculaires de ces 150 dernières années… Je pense que c’est une mesure progressiste et j’ai appuyé ce projet de loi , revendique-t-elle.

La députée de Caraquet pense qu’il y a de la sensibilisation à faire pour améliorer le taux de vaccination dans la province.
Il en va, pour elle, du bien-être des enfants.

Le but, c’est de vacciner le plus d’enfants, pour que ceux qui sont immunodéprimés puissent avoir la chance de s’épanouir.

Isabelle Thériault, la députée libérale de Caraquet

Le ministre de l’Éducation, Dominic Cardy s'est dit très déçu, mais il ne compte pas abandonner la bataille.

Dominic Cardy, ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, en entrevue.

Dominic Cardy dit qu'il ne va pas laisser tomber la cause de la vaccination obligatoire.

Photo : Radio-Canada

J’espère que je peux retourner avec un projet de loi et un point, pas nécessairement dans ce gouvernement, dans la période de vie de ce gouvernement, mais dans les années qui arrivent pour continuer la pression pour protéger les jeunes , affirme-t-il.

Avec les informations de Nicolas Steinbach.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale