•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sur les traces de la pandémie grâce à l'eau de votre toilette

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Peter Vanrolleghem devant des tuyaux dans un local. Il porte des lunettes de protection et une blouse de travailleur.

Le reportage de Nicole Germain

Photo : Louise Leblanc

L'eau usée de vos toilettes est sous la loupe de chercheurs canadiens pour un vaste projet de surveillance du SRAS-CoV-2 dans la population.

C'est que la COVID-19 se retrouve dans les déjections, comme tout autre virus d'ailleurs.

Le groupe consultatif de recherche de la Coalition canadienne des eaux usées COVID-19, dont fait partie le professeur Peter Vanrolleghem, de l'Université Laval, travaille sur un protocole d'analyse qui sera standardisé à travers le Canada.

Les eaux usées c'est quelque chose que les gens n'aiment pas beaucoup. Or, elles constituent une source d'information unique pour suivre quotidiennement toute une population pendant une pandémie à partir d'un échantillon. C'est extraordinaire ! explique avec enthousiasme Peter Vanrolleghem, qui travaille au Département de génie civil et de génie des eaux.

Les prélèvements et la deuxième vague

La méthode consiste à faire des prélèvements d'eaux usées dans les usines de traitement.

Au lieu de dépister chaque personne individuellement, on peut dépister une population complète dans une usine d'épuration. On ne peut pas calculer combien de monde, mais on peut savoir si ça augmente, si ça diminue.

Donc, dans l'hypothèse d'une deuxième vague, par exemple, on pense qu'on peut mesurer cela avant même le dépistage des gens.

Peter Vanrolleghem, du Département de génie civil et de génie des eaux de l'Université Laval
Un égout.

Les eaux usées peuvent contribuer à suivre la pandémie

Photo : Radio-Canada

Détecter les asymptomatiques

Le procédé a l'avantage de déceler en temps réel la présence du virus même chez les gens qui n'ont pas de symptômes.

On a entre 2 et 7 jours à l'avance parce qu'on est capables de mesurer des gens qui sont asymptomatiques, souligne le professeur Vanrolleghem. Donc même ces gens-là, qui sont infectés et qui n'ont pas de symptômes, émettent des virus dans leurs selles.

La méthode est suffisamment précise. Dans un litre d'eau, il suffit qu'une seule personne sur 100 000 soit infectée pour déceler la présence du virus.

De plus, on peut mesurer toute une population. C'est impossible de faire ça avec le dépistage. On ne peut pas mesurer 100 000 personnes, ça prendrait plus de temps et d'argent, explique Peter Vanrolleghem.

Par exemple, au Canada, on a calculé un milliard de dollars, que ça coûte pour mesurer une fois toute la population. Tandis que ce qu'on fait ici, 3700 usines d'épuration qu'on a au Canada, on fait une analyse par jour, ça coûterait 60 000 $ par  jour.

Peter Vanrolleghem, du Département de génie civil et de génie des eaux de l'Université Laval

Les bénéfices

En suivant ainsi l'évolution de la pandémie, les autorités sanitaires pourraient mieux adapter leurs stratégies, comme pour déterminer le type de confinement approprié pour mieux protéger la population.

Si une centaine de municipalités au Canada, dont la ville de Québec, ont commencé les prélèvements, conservés pour l'instant dans des congélateurs, il reste encore certains défis à surmonter dans le protocole d'analyse avant sa mise en place.

Dans un mois on va être capables de commencer à vraiment mesurer. Ce que je dis, pour la deuxième vague [si cela a lieu], pour l'automne, on va être prêt.

Peter Vanrolleghem, du Département de génie civil et de génie des eaux de l'Université Laval

D'ailleurs, les chercheurs ont déjà de bonnes indications de l'efficacité de cette approche grâce à des travaux réalisés dans certains pays.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !