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Le 23 juin 1990, le Canada assiste à l'échec de l'accord du lac Meech

Robert Bourassa, debout, est applaudi par les membres de l'Assemblée nationale du Québec le 22 juin 1990.

Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, à l'Assemblée nationale le 22 juin 1990 à la suite de l'échec des négociations de l'accord du lac Meech

Photo : La Presse canadienne / stf

Radio-Canada

Le 23 juin 1990, le Canada atteint le paroxysme d’une très grave crise politique. L’accord du lac Meech, négocié il y a trois ans par le premier ministre fédéral Brian Mulroney avec les premiers ministres provinciaux, est enterré.

Un échec retentissant

Un peu plus tôt avant midi, c’est le premier ministre Mulroney qui s’est adressé au pays pour consacrer la mort d’un projet auquel il tenait tellement, le plus probablement, c’est-à-dire donner au Québec sa place dans le Canada.

Bernard Derome, 23 juin 1990

Téléjournal, 23 juin 1990

Le 23 juin 1990, l'animateur du Téléjournal Bernard Derome est à Calgary, pour couvrir l’élection dans cette ville d’un nouveau chef du Parti libéral du Canada.

Mais ce même jour, à Ottawa, une très grave crise politique atteint son paroxysme.

L’accord du lac Meech expire faute d’un accord unanime entre les 10 provinces qui forment le pays.

La proposition constitutionnelle avait été portée à bout de bras pendant trois ans par le premier ministre canadien Brian Mulroney. Le premier ministre fédéral en faisait même une affaire personnelle.

Mais le dernier clou au cercueil a été frappé par la législature de Terre-Neuve-et-Labrador et par le premier ministre Clyde Wells qui refuse de ratifier l’entente.

Un reportage du correspondant parlementaire Gérard Jolivet résume au Téléjournal les événements qui se déroulent à Ottawa ce jour-là.

Le premier ministre canadien Brian Mulroney officialise dans un discours à la nation la mort de l’accord du lac Meech. Il place la responsabilité de cet échec sur le dos du premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Clyde Wells.

Le premier ministre Mulroney exclut par ailleurs toute tentative de relancer des négociations constitutionnelles.

C’est une gifle cinglante que reçoit le premier ministre canadien.

Les partis d’opposition le blâment pour son absence de leadership et réclament sa démission.

Réintégrer le Québec dans la famille canadienne

Téléjournal, 22 octobre 1989

Un reportage du correspondant parlementaire Daniel L’Heureux nous rappelle au Téléjournal du 22 octobre 1989 les grandes lignes de l’accord du lac Meech.

Le Téléjournal est animé ce jour-là par Charles Tisseyre.

Le principe qui chapeaute l’accord du lac Meech est de ramener le Québec, laissé pour compte lors de l’adoption de la Loi constitutionnelle de 1982, au sein de la famille canadienne.

Le Québec avait refusé de ratifier cette nouvelle constitution mais lui était tout de même soumis, ce qui alimentait le sentiment souverainiste dans la Belle Province.

Le 30 avril 1987, Brian Mulroney réussit à faire accepter au premier ministre du Québec Robert Bourassa, de même qu’aux neuf premiers ministres des autres provinces du Canada, cet accord lors d’une rencontre à sa résidence d’été située au lac Meech.

La première partie de l’accord du lac Meech porte sur la spécificité du Québec au sein de la fédération canadienne.

Cette reconnaissance que le Québec constitue une société distincte est une revendication historique de la province francophone.

La seconde partie de l’entente porte sur d’autres sujets divers, généralement liés au renforcement du rôle des provinces dans leurs relations avec le gouvernement fédéral.

Pour être adopté, l’accord du lac Meech doit être unanimement ratifié par le Parlement du Canada et par les législatures des dix provinces canadiennes avant le 23 juin 1990.

Une opposition de plus en plus vive

Initialement, l’accord du lac Meech reçoit un accueil favorable.

Le Canada anglais est soulagé que le Québec puisse réintégrer le giron constitutionnel du pays.

Téléjournal, 3 juin 1990

Le 3 juin 1990, le premier ministre Mulroney doit pourtant organiser à Hull une rencontre pour sauver l’accord du lac Meech.

Cette rencontre, la journaliste Julie Miville-Dechêne la résume au Téléjournal coanimé ce jour-là par Charles Tisseyre à Montréal et Bernard Derome à Hull.

À Hull, les premiers ministres Brian Mulroney et Robert Bourassa doivent convaincre leurs homologues d’adopter l’entente.

En trois ans, l’appui à l’accord du lac Meech s’est effondré sous les coups d’une opposition vaste et organisée.

L’ancien premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau, par exemple, s’insurge contre la reconnaissance d’une société distincte pour le Québec.

Les Premières Nations, les minorités francophones hors du Québec et des groupes féministes considèrent ne pas avoir été assez consultés dans le processus de négociations.

L’opinion publique se retourne par ailleurs contre une entente négociée à huis clos, dans les coulisses, par « onze hommes en cravate ».

La province du Nouveau-Brunswick demande des modifications à l’accord, tandis que le Manitoba et Terre-Neuve retirent leur appui.

La rencontre de Hull se termine par un échec. La mort de l’entente est alors imminente et se concrétise le 23 juin 1990.

Robert Bourassa catastrophé

À Québec, le premier ministre Robert Bourassa est catastrophé.

Téléjournal, 22 juin 1990

Le 22 juin 1990, le correspondant parlementaire Jean Bédard présente au Téléjournal la réaction du premier ministre québécois à l’Assemblée nationale.

Robert Bourassa se lève. Il a le visage défait et s’apprête à faire une très courte déclaration.

Dans cette dernière, il rappelle que le Québec a accepté trois fois de réintégrer la famille canadienne pour se voir fermer chaque fois la porte sur le nez.

Le premier ministre fait alors cette mise au point.

Même si le Canada anglais s’y oppose, le Québec est à ses yeux pour toujours une société distincte au Canada.

Robert Bourassa ajoute que le Québec est aussi « libre de ses choix et de son destin ».

Personne ne sait alors ce que ces mots signifient pour Robert Bourassa à ce moment-là.

L’appui du chef du Parti québécois Jacques Parizeau à Robert Bourassa renforce par ailleurs l’impression que le Québec se trouve à la croisée des chemins.

À Ottawa, on craint plus que jamais que le Canada soit à la veille de se briser.

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