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Quand la maladie impose le confinement : plaidoyer d'un parent vulnérable

Le petit Mihiikin est assis devant sa maman.

Mihiikin Hudon, 9 ans, et sa mère, Catherine Hudon

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

« Plus la société se déconfine, plus nous, on se confine­ », s’exclame Catherine Hudon, mère de trois enfants, et affaiblie par les complications d’un traitement contre le cancer de la glande thyroïde. Les personnes vulnérables, dont la santé les fragilise encore plus devant la COVID-19, se sentent ignorés au regard des politiques de déconfinement.

Depuis la présentation du plan du ministre Roberge sur la rentrée scolaire, Catherine se sent démunie.

Au préscolaire et au primaire, les classes seront organisées en sous-groupes de six élèves où il n'y aura pas de distanciation requise, ce qui inquiète la mère de trois enfants.

Qu’est-ce qui arrive aux enfants dont le parent est vulnérable? On fait quoi avec eux autres?, se questionne-t-elle.

La mère des trois enfants mentionne se sentir oubliée par le gouvernement. Catherine Hudon espère que des mesures d'exception aux politiques de déconfinement pourront être appliquées pour accommoder les parents vulnérables.

Elle se demande par exemple si les écoles que ses enfants fréquenteront s'adapteront à leur réalité.

Est-ce que mon fils peut être excepté d'un cours d'éducation physique? Sinon, est-ce que je l’envoie vraiment à l’école pour qu'on choisisse pour lui des amis avec qui il va se faire une bulle dont je ne connais pas ce que les parents font, alors que nous on fait super attention ?

Elle explique aussi ne pas savoir si elle aura une compensation financière de la part du gouvernement encore longtemps, puisqu'elle ne pourra pas retourner au travail. Le distanciation s'impose en tout temps pour cette famille.

Alors qu’elle combattait un cancer de la glande thyroïde dans les dernières années, elle affirme que les chirurgiens ont retiré par erreur quatre glandes qui régissent le taux de calcium dans son sang. Si Catherine Hudon développe des problèmes respiratoires reliés aux effets de la COVID-19, des complications quant à son apport de calcium pourraient apparaître.

La famille est assise sur un banc de parc.

La famille Hudon

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Je pense que pour les enfants, de vivre avec l’idée de ramener ça à la maison et de me le donner, je crois que c’est difficile pour tout le monde, autant pour mon conjoint que pour eux autres, s’inquiète Mme Hudon.

Catherine Hudon, tourmentée par la situation, se sent coupable d’imposer le confinement à ses enfants. Un confinement qui s’impose puisque le risque n’est jamais nul. Il s’agit qu’un des trois [enfants] le ramène à la maison et qu’il soit asymptomatique.

Et les enfants?

Quand je rencontre des gens, c’est vraiment un stress constant, raconte Morganne, 16 ans.

Je m’inquiète de savoir si je prends assez de précautions. Je n’ai pas vraiment fait ce choix-là, mais de savoir que je pourrais être la personne qui pourrait potentiellement transmettre l’infection à une personne malade, dit-elle en regardant sa mère.

Une femme de jeune âge aux cheveux bouclés.

Morgane est âgée de 16 ans et termine son secondaire en ces temps particuliers.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Mihiikin frotte ses yeux rouges. Sa mère l’embrasse sur la tête.Tu t’ennuies de tes amis?, demande-t-elle à son garçon de 9 ans.

Mihiikin acquiesce. Il faut respecter beaucoup de règles avec maman, comme le port du masque et le deux mètres. C’est sûr que c’est plus difficile, explique-t-il.

Enfants et confinement

De nombreux parents dont la santé est plus fragile se questionnent. Est-ce que le confinement aura un impact sur le développement social et émotif de leurs enfants?

Pour la présidente-directrice générale de l’organisme Deuil-Jeunesse, Josée Masson, de nombreuses façons de diminuer les impacts et de les minimiser existent.

Il faut être à l’écoute de tous les jeunes qui sont dans cette situation au Québec. On peut leur demander : "qu’est-ce qui te ferait le plus de bien?" Et se demander : "comment on pourrait faire pour le faire autrement?" Il faut chercher des solutions et impliquer [les enfants dans ces solutions], explique-t-elle.

Ainsi, Josée Masson estime que les enfants se sentiront respectés, ce qui pourrait alléger la situation.

Pour les personnes vulnérables qui ne sont pas âgées, Catherine Hudon espère qu’ils obtiendront une reconnaissance et que leur situation sera prise en compte dans les politiques de déconfinement.

On parle beaucoup des aînés en CHSLD. Quand on est jeune et qu’on nous voit dans la rue, on n’a pas un tag facilement identifiable. Mais il faut savoir que d’autres personnes sont à risque, on n’a pas fait ce choix, et notre vie est chamboulée.

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