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Violente microrafale et record de chaleur à Sept-Îles

Un ciel, bleu d'un côté, menaçant de l'autre, à la pointe de Moisie.

Les conditions météorologiques ont changé rapidement jeudi après-midi à Sept-Îles.

Photo : Courtoisie, Charles Hébert

Les résidents de Sept-Îles ont eu droit à un cocktail météo des plus rares jeudi en après-midi. Après une augmentation rapide du mercure, qui a atteint un niveau record, une violente microrafale a secoué certains secteurs de la ville.

La microrafale sèche a déferlé sur Sept-Îles et ses environs jeudi en fin de journée.

La station météo d’Environnement Canada à l’aéroport de Sept-Îles a enregistré ces vents violents à 17 h 32.

Aucune pluie n’a été observée selon Environnement Canada, mais la microrafale sèche a provoqué une quinzaine de coups de foudre sur le Saint-Laurent.

Jean-Philippe Bégin, météorologue pour Environnement et Changements climatiques Canada, explique que la microrafale sèche se produit quand des précipitations qui tombent dans un courant descendant s’évaporent, en grande partie avant d’atteindre le sol. Cette évaporation cause un refroidissement local de l’air. Comme cet air froid est plus dense que l’air chaud plus bas, il amplifie le courant descendant.

C’est ce qui a causé des rafales à 47 nœuds (87 km/h) qu’on a observées, indique M. Bégin.

Est-ce qu’il peut pleuvoir pendant une microrafale sèche?

Oui! Le terme microrafale sèche est ici utilisé en opposition au terme microrafale humide. La microrafale de type sèche se déclenche dans un environnement où la grande partie des précipitations s’évapore avant de se rendre au sol. L’évaporation devient une force amplificatrice de la force des vents. De son côté, la microrafale humide prend de l’ampleur lorsque la pluie atteint le sol. La rafale est générée par la force des masses d’eau qui tombe. Les termes sèche et humide sont utilisés par les météorologues pour décrire les phénomènes qui provoquent et amplifient les microrafales. Il n’est cependant pas exclu qu’il pleuve pendant une microrafale même si elle est de type sèche.

Les conditions météorologiques de jeudi, avec une faible humidité près du sol, ont permis l’évaporation des précipitations et ainsi accentué le courant descendant.

Le phénomène a duré au plus une trentaine de minutes, explique Jean-Philippe Bégin.

Dix minutes avant, on ne voyait qu’un gros nuage de l’autre côté de la rivière, et ç'a traversé comme un mur. Nous n’avons eu qu'une minute pour partir, raconte Charles Hébert, qui se trouvait sur la plage à la pointe de Moisie lors du passage de la microrafale.

Avec son groupe d’amis, il a pu se réfugier dans le véhicule d’un bon samaritain qui circulait à proximité, sans quoi il croit qu’il aurait dû se coucher par terre et couvrir son visage pour se protéger en attendant la fin de la rafale.

Sur les réseaux sociaux, des citoyens rapportent des arbres déracinés et des bâtiments endommagés en raison de la force des vents.

Cette microrafale sèche n’était pas attendue par Environnement Canada, qui invite la population à lui transmettre des vidéos ou des images pour documenter ce phénomène rare.

Un record de température causé par la microrafale

En parallèle, le record de chaleur pour un 18 juin a été fracassé de plus de 10 degrés. La température a atteint pour un court moment 37,1 °C à l’aéroport de Sept-Îles. Le record précédent datait de 1964 et était de 26,7 °C.

Il n’a jamais fait aussi chaud dans la municipalité au mois de juin. Le record absolu précédent pour le mois était de 32,2 °C.

Cette température aurait été impossible à atteindre près de la côte sans la microrafale qui s’est formée, selon Jean-François Bégin.

Jamais Sept-Îles n’aurait connu une température de 37,1 degrés si ce n’était pas de la rafale sèche d’hier, indique le météorologue.

La différence énorme avec le record précédent s’explique par le fait que la microrafale a brisé complètement la structure de l’inversion causée par la brise de mer, dit-il.

La brise de mer qui refroidit habituellement Sept-Îles a alors cédé sa place momentanément à l’air plus chaud venu de l’intérieur des terres.

Ça enlève un peu de valeur au record finalement, parce que ce 37 degrés-là n’aurait jamais été atteint sans la rafale descendante, juge M. Bégin.

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