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Des accouchements à Shawville dès septembre? Un objectif jugé « irréaliste »

De grandes portes sur lesquelles sont peinte une cigogne portant un bébé dans un foulard.

Les portes qui mènent au département d'obstétrique à l'Hôpital de Shawville.

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’objectif de rouvrir l’unité des naissances de l’Hôpital de Shawville en septembre prochain n’est « pas réaliste du tout », estime le syndicat des infirmières. Neuf postes d’infirmières sont toujours vacants.

On serait très étonnés que ça rouvre au mois de septembre, en pleine pandémie de COVID. Il n’y a pas de formation qui est donnée à nos infirmières, explique Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO).

Le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a dû fermer l’unité d’obstétrique de l’Hôpital de Shawville en février dernier, pour une durée d’au moins six mois. En raison d’un manque criant de personnel, 14 ruptures de services temporaires sont survenues du 21 septembre 2019 au 21 février 2020.

Dans ces circonstances, la santé et la sécurité des femmes enceintes et des bébés ne pouvaient plus être assurées, selon le CISSS, ce qui rendait nécessaire une fermeture prolongée.

À l’heure actuelle, quatre infirmières spécialisées en obstétrique sont en poste à l’Hôpital de Shawville, alors qu’il en faut douze pour offrir un service complet et sécuritaire, selon les autorités de santé régionales.

Une relève en attente de formation

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais avait pour objectif de recruter huit infirmières d’ici septembre. 

Selon les informations recueillies par Radio-Canada, douze infirmières ont été embauchées depuis février, mais celles-ci ne peuvent pas procéder aux accouchements pour l’instant. Elles ne sont pas encore formées ou sont en processus de l'être, écrit le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais.

Parmi ces embauches, on compte huit candidats à l’exercice de la profession d’infirmière (CEPI) et une infirmière auxiliaire dont l’entrée en fonction est à venir.

Les candidats à l'exercice de la profession d'infirmière doivent obtenir leur droit de pratique cet automne. Leur examen est prévu en septembre et les résultats peuvent prendre quelques semaines à être fournis, précise le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais. Ce n’est donc qu’autour du mois d’octobre que leur formation en obstétrique pourra débuter.

En attendant, elles sont inscrites sur la plateforme de formation en ligne afin qu'elles puissent se familiariser avec les chapitres et débuter la lecture, écrit le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais.

La façade de l'Hôpital du Pontiac, à Shawville, en automne.

L'Hôpital du Pontiac, à Shawville.

Photo : Radio-Canada / MICHEL ASPIROT

Par ailleurs, la formation en obstétrique est d'une durée de six à huit semaines, selon les estimations des autorités de santé régionales. Ces infirmières devront ensuite être jumelées avec une collègue d’expérience durant un certain temps, avant de pouvoir pratiquer seules au département.

En plus des nouvelles infirmières, les autorités de santé régionales souhaitent pouvoir compter sur les services de quatre médecins accoucheurs pour être en mesure de rouvrir le département d’obstétrique.

Depuis le départ de deux des cinq médecins accoucheurs de l’Hôpital de Shawville en décembre 2019, le service de recrutement n’a pas été en mesure d’en embaucher d’autres. Il n’y en a donc que trois en poste à l’heure actuelle.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais a décliné notre demande d’entrevue. Nous sommes toujours à travailler sur le plan pour la reprise des activités d'obstétrique à l'Hôpital du Pontiac. Ce dernier prévoit toujours une réouverture à l'automne, a fait savoir une porte-parole par courriel.

Il nous a été impossible d’obtenir davantage de détails au sujet du plan de reprise des activités.

L’encadrement des infirmières devra être suffisant, insiste le syndicat

Un homme portant une chemise à carreaux.

Patrick Guay est président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

Bien qu’il se réjouisse de l’arrivée de sang neuf à l’Hôpital de Shawville, le président du Syndicat des professionneles en soins de l'Outaouais, Patrick Guay,  compte s’assurer que les huit futures diplômées soient bien encadrées dans leurs nouvelles fonctions. 

La relève est jeune, nous devons nous assurer qu’elles aient tous les moyens mis à leur disposition pour assurer une qualité des soins, a-t-il indiqué.

Patrick Guay tient à ce que les douze infirmières embauchées soient formées adéquatement afin qu’elles soient en mesure d’être autonomes dès leur premier quart de travail à Shawville.

« Dans le Pontiac, l’unité [d’obstétrique] est petite. Elles n’auront pas un ensemble de personnes autour d’elles, ni de mentor derrière elles. »

— Une citation de  Patrick Guay, président du SPSO

Le président aimerait également que l’employeur puisse offrir du soutien à la nouvelle équipe, par le prêt temporaire d’une conseillère en soins, par exemple, ou d’une infirmière avec une vaste expérience en obstétrique.

Les résidents du Pontiac ont le droit de savoir, estime le député

Un homme en complet, alors qu'il fait une entrevue.

André Fortin, député libéral de Pontiac

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Après l’annonce de la fermeture prolongée en février, le député libéral de Pontiac, André Fortin, avait exigé un rapport mensuel sur l'évolution de la situation au sein du département d'obstétrique de l'hôpital.

Si la pandémie de COVID-19 a compliqué la transmission d’informations, M. Fortin estime que les citoyens de sa circonscription sont tout de même en droit de savoir à quoi s’attendre pour l’automne dans ce dossier.

« C’est le temps de se remettre à en parler, d’avoir de l’information claire et de rassurer les gens du Pontiac. »

— Une citation de  André Fortin, député libéral de Pontiac

Si les infirmières n’arriveront pas à temps, est-ce que le CISSS est en train de considérer d’autres avenues? s’interroge le député.

André Fortin rappelle que des sages-femmes étaient venues prêter main forte l’été dernier, de même que des infirmières de la région de Montréal à l’automne 2019, afin d’éviter des ruptures de service pour les familles du Pontiac.

Pendant la fermeture de l’unité d’obstétrique, les femmes enceintes du Pontiac peuvent obtenir un suivi de grossesse avec leur médecin ou une équipe de sages-femmes dans leur milieu.

Elles doivent toutefois accoucher à l'Hôpital de Gatineau ou à la Maison de naissances de l'Outaouais.

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