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Résidents saisonniers à l'Î.-P.-É.: les autorités se contredisent

Un homme vêtu d'un complet parle dans un micro devant des drapeaux du Canada et de l'Île-du-Prince-Édouard.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Dennis King (archives).

Photo :  Capture d’écran - YouTube

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les responsables de la sécurité publique à l'Île-du-Prince-Édouard ont-ils déjà commencé à autoriser des résidents saisonniers de l'Ontario à séjourner dans la province? C'est la question que se posent plusieurs Insulaires à la suite de témoignages contradictoires de la part des autorités.

D'un côté, les responsables de la santé publique affirment que les demandes de séjour des résidents saisonniers originaires du Québec et de l'Ontario ne sont pas traitées pour le moment, étant donné le nombre élevé de cas de la COVID-19 dans ces deux provinces.

D'un autre côté, plusieurs sources, y compris le chef de l'opposition officielle, Peter Bevan-Baker, signalent qu'au moins cinq propriétaires de chalets originaires de l'Ontario ont déjà reçu le feu vert des autorités de l'Île-du-Prince-Édouard pour séjourner dans la province insulaire.

Peter Bevan-Baker en entrevue dans un bureau

Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker (archives).

Photo : CBC/Al MacCormick

C'est le ministère de la Sécurité publique qui est responsable de l'approbation des demandes de séjour des résidents saisonniers.

Mercredi, le premier ministre Dennis King a déclaré qu'environ 850 demandes avaient été approuvées par les autorités depuis le 1er juin dernier. Il n'a cependant pas été en mesure d'indiquer la provenance de ces résidents saisonniers.

Selon le plan présenté par le gouvernement, à la fin mai, les demandes des propriétaires de chalets originaires de l'Atlantique et de l'Ouest canadien devaient être traitées en premier en raison du nombre relativement peu élevé de cas de la COVID-19 dans ces régions. Les demandes de résidents saisonniers du Québec et de l'Ontario devaient être étudiées plus tard.

Toutefois, le chef de l'opposition officielle, Peter Bevan-Baker, affirme que des résidents saisonniers de l'Ontario pourraient arriver à l'Île-du-Prince-Édouard dès le 20 juin. Il reproche au gouvernement un manque de clarté dans ses communications.

« Pourquoi donnez-vous aux Insulaires ce faux sentiment de sécurité? »

— Une citation de  Peter Bevan-Baker, chef de l'opposition officielle à l'Île-du-Prince-Édouard

Peter Bevan-Baker dit que les Insulaires sont préoccupés par les résidents saisonniers qui proviennent de régions où il y a toujours de nombreux cas de la COVID-19. Nous avons maintenant découvert que [...] les gens de ces zones à haut risque arrivent, oui après les autres, mais seulement quelques jours après les autres, s'inquiète-t-il.

Certains propriétaires de chalets à l'Île-du-Prince-Édouard sont autorisés à entrer dans la province depuis le 15 juin dernier. Ils doivent toutefois s'isoler pendant 14 jours à leur arrivée.

Dans un échange de courriels avec Radio-Canada, jeudi, une porte-parole du ministère de la Sécurité publique confirme que les fonctionnaires ont terminé d'éplucher les demandes de l'Atlantique et de l'Ouest canadien et qu'ils sont donc passés à traiter les demandes de l'Ontario et du Québec. La province ne précise cependant pas combien de demandes dans ce dernier groupe ont déjà été approuvées.

Le premier ministre Dennis King soutient que le processus d'approbation des demandes de séjour des résidents saisonniers est minutieux et prudent. Il souligne que certaines régions de l'Ontario ne comptent plus beaucoup de cas de la COVID-19, contrairement à certains points chauds comme le centre-ville de Toronto.

Le chef progressiste-conservateur dit que son gouvernement a toujours fait preuve de clarté et de transparence dans ses communications.

Tensions palpables dans la province

L'annonce de l'ouverture des frontières de l'Île-du-Prince-Édouard aux résidents saisonniers a provoqué de vives tensions dans la province. Une pétition en ligne demandant au gouvernement de faire marche arrière a reçu plus de 6500 signatures.

Des résidents saisonniers, comme Raynald Charest, s'inquiètent quant à eux de possibles représailles, et ce, même s'ils respectent toutes les directives de santé publique. Si les Insulaires ne s'attendent pas à voir des résidents de l'Ontario, ils vont peut-être penser que ceux-ci n'ont pas suivi les consignes et qu'ils ne se sont pas isolés, confie-t-il en entrevue à Radio-Canada.

« Il se pourrait qu'il y ait des abus verbaux, ou même du vandalisme sur les voitures des gens qui ont des plaques d'immatriculation de l'Ontario. »

— Une citation de  Raynald Charest, résident saisonnier de l'Île-du-Prince-Édouard

Miriam Leslie dit avoir vécu une situation semblable. La résidente de l'Île-du-Prince-Édouard, qui travaille pour l'Armée du Salut et dont la voiture est louée et immatriculée par son organisation en Nouvelle-Écosse, dit avoir trouvé récemment une note dans son pare-brise lui ordonnant de retourner sur le continent. Honnêtement, c'est quelque chose qui m'inquiète un peu, commente-t-elle.

Une note sur laquelle il est écrit : Go the fuck back to the Mainland, signé All of P.E.I.

Miriam Leslie a trouvé récemment cette note dans son pare-brise lui ordonnant de retourner sur le continent.

Photo : Miriam Leslie.

Raynald Charest souhaite que les autorités insulaires donnent l'heure juste en ce qui concerne les résidents saisonniers.

Pour sa part, la médecin hygiéniste en chef de la province, la Dre Heather Morrison, exhorte ses concitoyens à faire preuve de respect et de tolérance. Vous ne pouvez rien supposer lorsque vous voyez une plaque d'immatriculation de l'extérieur de la province. Il pourrait y avoir un million d'histoires différentes, prévient-elle.

Avec des renseignements de CBC

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