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Analyse

Montréal a besoin d’amour

Valérie Plante et Luc Rabouin, assis, présentent leur plan à la presse.

La mairesse Plante et le responsable du développement économique et commercial au comité exécutif, Luc Rabouin, ont présenté la phase 1 du plan de relance économique de la Ville de Montréal, baptisé : « Une impulsion pour la métropole : agir maintenant ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Plus tôt que tard, le gouvernement de François Legault devra privilégier des investissements majeurs à Montréal et un engagement envers la métropole, s’il souhaite renouer avec les bonnes années de croissance économique qu’on a connues avant la crise sanitaire. La COVID-19 a frappé Montréal en son coeur, son centre-ville, qui pourrait avoir du mal à s’en remettre.

L’administration Plante tente d’agir là où elle le peut. Dans son plan de relance dévoilé mercredi, la Ville dit vouloir stimuler ses principales artères commerciales en autorisant notamment l'aménagement de grandes terrasses et des marchés éphémères.

La Ville a aussi reporté de six mois le deuxième paiement des impôts fonciers, soit jusqu'à septembre 2020, pour les citoyens et les entreprises. La mairesse Valérie Plante souhaite pouvoir offrir d’autres allègements fiscaux pour aider les commerçants et les citoyens de Montréal.

La capacité de la Ville de Montréal d’investir dans la relance, est-il écrit dans le plan, reste cependant proportionnelle au soutien financier et aux allègements fiscaux que les gouvernements apporteront à la Ville [...] Par conséquent, la Ville de Montréal devrait avoir accès aux leviers financiers et fiscaux de tout gouvernement afin de pouvoir soutenir son économie en temps de crise.

Montréal est en difficulté. Le déficit de la Ville pourrait avoisiner les 500 millions de dollars cette année, soit 9 % du budget prévu de 6,2 milliards de dollars.

Les villes n’ont pas le droit de faire des déficits. Dans les circonstances, sans une intervention urgente du gouvernement du Québec, il faudra soit couper dans les services ou augmenter les taxes, ou même les deux. Cinq cents millions, c’est énorme, a déclaré Valérie Plante à l'émission RDI économie mercredi soir.

Un été à oublier?

Des tours s'élèvent dans le ciel bleu de la métropole.

Les tours de bureaux sont majoritairement inoccupées depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Il est urgent de voir et d’entendre le premier ministre François Legault exprimer une forme de soutien pour la métropole, l’un des poumons économiques du Québec.

Nous savons qu’il n’y aura pas beaucoup de touristes dans la ville cet été avec l’annulation des festivals. Les hôtels sont vides, les restaurants vont fonctionner à faible capacité, les grandes artères seront beaucoup moins achalandées.

Les tours de bureaux du centre-ville sont vides et vont le rester encore un bon moment. Le centre-ville constitue un secteur économique important pour Montréal, est-il écrit dans le plan de relance. C’est une zone à forte concentration d’emplois.

Il y a 3,5 emplois par habitant au centre-ville contre 0,6 emploi par habitant dans l’agglomération. L’activité économique y est fortement densifiée, diversifiée et marquée par une grande présence d’emplois propices au télétravail, indique le plan.

Ce sont 55 % des emplois du centre-ville qui pourraient se faire en télétravail contre 32 % dans l’agglomération. L’adoption massive du télétravail ainsi que l’absence des étudiants et des touristes perturbent directement la capacité du centre-ville à redémarrer pleinement son activité économique, peut-on lire dans le document.

Culture et tourisme : des occasions ratées

Portrait de Caroline Proulx.

La ministre du Tourisme, Caroline Proulx

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Les messages en matière de culture et de tourisme doivent être plus clairs. Les annonces récentes de la ministre du Tourisme Caroline Proulx semblaient favoriser le tourisme en région au cours des prochains mois.

C’est très bien, mais la ministre semble avoir raté l’occasion d’encourager clairement les Québécois de toutes les régions à venir faire un tour à Montréal cet été. Montréal est aussi une région administrative sur la carte du Québec. Elle aurait pu rappeler que toutes les mesures de santé publique sont appliquées avec sérieux et rigueur dans la ville, dans les hôtels, les restaurants et les commerces.

On a aussi reproché à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, de ne pas être à l’écoute des acteurs de son secteur, qui ont l’impression de ne pas avoir la confiance du gouvernement dans leur capacité à développer une offre culturelle durant l’été, qui aurait respecté les règles de la santé publique.

Les modalités de réouverture pour les arts de la scène sont arrivées tard, bien après les annonces de réouverture des ciné-parcs et des campings.

Les commerces, les hôtels, les restaurants, la culture, les loisirs, ce sont près de 20 % de tous les emplois de la ville. C’est le coeur de l’identité de Montréal. Et ce coeur recommence à battre lentement. Il faudra du temps pour redémarrer la machine.

Pouvoirs limités

Un homme sur les escaliers roulants du Palais des congrès de Montréal.

L'agrandissement du Palais des congrès de Montréal fait partie des projets sur la liste de la mairesse.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les pouvoirs d’actions de la Ville de Montréal, il faut en convenir, sont extrêmement limités. C’est pourquoi la mairesse Plante, dans son plan de relance, dresse une liste importante de projets que les gouvernements devraient se presser d’appuyer.

Parmi les projets cités : la réanimation de la Place des Nations, la mise à niveau de la Biosphère, la revitalisation de la rue Saint-Denis, de la bibliothèque Saint-Sulpice, de l’Hôpital de la Miséricorde, de l’Institut des Sourdes-muettes, le recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie et l’agrandissement du Palais des congrès.

Ce ne sont pas des projets qui vont stimuler l’économie cet été. Mais, ils pourront aider à la reprise dans les prochains mois et contribuer à l’embellissement et à la bonification de l’offre culturelle de la ville pour les prochaines années.

Québec a un rôle à jouer aussi dans la réalisation des projets de transports durables qui doivent transformer la ville avec, notamment, la réalisation d’un tramway et le prolongement de la ligne bleue du métro. On imagine que la déclaration du président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, qui disait qu’il fallait oublier la ligne bleue sans l’adoption de son projet de loi 61, a dépassé sa pensée.

Aéroports de Montréal demande également de l’aide aux gouvernements du Québec et du Canada. Le trafic aérien a chuté de 97 % et l’organisme prévoit une chute de 60 % de ses revenus en 2020. Aéroports de Montréal affirme qu’il ne sera pas possible de financer la construction de la station du REM (Réseau express métropolitain) à l’aéroport sans un soutien gouvernemental.

En retardant continuellement la réouverture des activités dans la région de Montréal, le gouvernement du Québec a joué de prudence. Maintenant, il doit agir plus vigoureusement pour soutenir la moitié de l’économie du Québec, dont la structure économique est ébranlée et risque d’être plus endommagée qu’ailleurs.

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