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Non, ce graphique ne prouve pas que l'épidémie de COVID-19 a été exagérée

Les données sont vraies, mais n'illustrent pas bien la situation. De plus, il existe des données plus récentes.

C'est une publication Facebook avec le mot « attention » apposé par dessus.

Attention avant de partager des statistiques sur Facebook.

Photo :  Capture d’écran - Facebook

Un graphique de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) montrant seulement 100 décès de plus en mars 2020 qu'au même mois en 2019 est utilisé pour affirmer que la pandémie de COVID-19 a été exagérée. Or, des données plus récentes offrent un tout autre portrait de la situation.

Les statistiques du mois de mars sont enfin sorties, hummmm 100 décès de plus que l’an passé au Québec... et on a été confinés pour ça? a écrit une internaute dans une publication Facebook datée du 8 juin. Elle a été partagée plus de 1100 fois.

Il s'agit d'une publication Facebook, ainsi qu'un tableau rempli de chiffres. Le nombre de décès pour les trois premiers mois des trois dernières années est souligné.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Capture d'écran de la publication qui circule.

Photo :  Capture d’écran - Facebook

L'image qui accompagne celle-ci est une capture d'écran d'un vrai tableau apparaissant sur la page web (Nouvelle fenêtre) de l'ISQ. Ce tableau présente le nombre de morts dans la province par mois pour les 10 dernières années. En effet, le nombre de morts comptabilisé en mars 2020 est de 6150, soit 100 de plus qu'en mars 2019.

Toutefois, ce graphique ne raconte pas toute l'histoire. La courbe des décès est en retard par rapport à la courbe des cas [de COVID-19] (entre 1 et 3 semaines) puisque la transmission et l’évolution clinique de la maladie prennent du temps, ce qui peut expliquer le fait qu'il ne semble pas y avoir de surmortalité en mars, explique Madalina Burtan, conseillère en communication à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

En effet, si le gouvernement du Québec a décrété l'état d'urgence sanitaire le 14 mars, la majorité des décès liés à la COVID-19 ont eu lieu au cours des mois d'avril et de mai (Nouvelle fenêtre).

Cependant, il faut faire attention quand on compare les chiffres de décès d’une année à une autre. Il y a beaucoup de variation entre les années, prévient Mme Burtan. Étant donné le vieillissement de la population, le nombre de décès va en augmentant chaque année.

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En 2020, le facteur le plus important a été la COVID-19, mais il y a eu d’autres changements dans le fonctionnement de la société québécoise qui ont pu avoir un impact sur la mortalité, soit à la hausse, soit à la baisse, ajoute-t-elle.

D'ailleurs, le graphique apparaissant dans la publication a été mis à jour jeudi matin. Cette nouvelle version (Nouvelle fenêtre) montre qu'il y a eu 2250 décès de plus en avril 2020 qu'au même mois l'année précédente.

L'ISQ présente aussi des données montrant tous les décès dans la province par semaine (Nouvelle fenêtre) jusqu'au 23 mai 2020. Nous avons utilisé ces données pour créer le graphique ci-dessous, qui montre le nombre de décès hebdomadaires pour les 21 premières semaines des années 2015 à 2020, toutes causes confondues. La courbe représentant l'année 2020 est pointillée. Les données au-delà de la 21e semaine ne sont pas encore disponibles.

Il est évident que le nombre de décès à partir de la 12e semaine de l'année 2020 (du 15 au 21 mars) dépasse largement celui des années précédentes.

L'ISQ et l'INSPQ préviennent que les données les plus récentes sont provisoires. Il y a un délai dans la déclaration et la saisie des décès. L’estimation est basée sur le rythme de déclaration des années précédentes, et donc les chiffres donnent une idée de la magnitude, mais ne sont pas exacts, explique Mme Burtan.

Malgré tout, le dépassement de la mortalité en 2020 présenté sur le site de l’ISQ peut correspondre plus ou moins au nombre de décès COVID-19 déclarés par la santé publique, ajoute-t-elle. Ceci dit, à ce stade-ci, le risque de conclusions rapides et potentiellement incomplètes est élevé.

L'INSPQ effectuera des recherches sur la surmortalité en 2020 en lien avec la COVID-19 et publiera ses résultats lorsqu'ils seront disponibles, conclut-elle.

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