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Les dépanneurs, des lieux indispensables depuis 50 ans

Devanture de dépanneur Perrette avec voiture en avant plan.

Plusieurs chaînes de dépanneurs sont aujourd'hui disparues au profit de Couche-Tard. C'est le cas des dépanneurs Perrette.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Ils font partie du décor québécois depuis plus de 50 ans. Les dépanneurs sont ouverts beau temps mauvais temps, de jour comme de nuit. Même si plusieurs se sont modernisés, d’autres n’ont pas changé leur allure depuis les années 1970.

Plus cher, mais plus près de sa clientèle

Selon l’auteure du livre Sacré dépanneur! (éditions Héliotrope) Judith Lussier, on dénombre 5897 dépanneurs dans la Belle Province.

C’est à Montréal, aux coins de Saint-Zotique et de la 1re avenue que le premier commerce du genre voit le jour. Un dénommé Paul-Émile Maheu décide de profiter de la loi 84 sur les heures d’ouverture votée en 1970.

Cette loi autorise les petits commerces alimentaires de trois employés et moins à ouvrir 24 heures sur 24 et les fins de semaine. Il nomme sa toute petite épicerie, qui sert à dépanner les gens du quartier, Le Dépanneur. Le mot est né et plusieurs autres souhaiteront l’utiliser.

Le journaliste Jean Giroux s’intéresse à leur prolifération à l’émission Consommateurs plus du 4 mai 1979. C’est que neuf ans après l’ouverture du premier dépanneur, le Québec en compte déjà plus de 3000. Ils représentent 10 % de toutes les ventes du domaine de l’alimentation.

Consommateurs plus, 4 mai 1979

En 1979, Gaétan Frigon, vice-président chez Métro-Richelieu, affirme que les épiciers indépendants contrôlent 58,5 % du marché de l’alimentation, alors que les grandes chaînes, par exemple Steinberg, en contrôlent 41,5 %.

L’épicier indépendant au Québec contrôle 58,5 % en alimentation. En comparaison, en Ontario, l’épicier indépendant n’en contrôle plus que 27 %

Gaétan Frigon v-p Metro-Richelieu, 1979

Même si, selon l’enquête menée par le journaliste en 1979, les produits y sont 35 % plus chers qu’en épicerie, la popularité des dépanneurs ne se dément pas. Les gens apprécient leur proximité et leur flexibilité.

Le consommateur s’attend à ça. Il n’est pas normal de demander à un propriétaire de dépanneur de vendre au même prix qu’un supermarché. Il faut quand même que ses longues heures d’opération soient rémunérées de façon équitable.

Jean-Claude Merizzi, v-p Provigo, 1979

Le 11 mai 1983 à Au jour le jour, Hélène Roy présente un reportage sur les dépanneurs et les petits épiciers. C’est également en 1983 que le mot dépanneur est officiellement reconnu par l’Office québécois de la langue française.

Au jour le jour, 11 mai 1983

Cette année-là, les propriétaires de dépanneurs sont inquiets, car les épiceries Steinberg pourraient obtenir un permis de vente d’alcool et ainsi menacer leur survie.

La bière et le vin représentent 25 % des revenus, et un autre 25 % des revenus est généré par d’autres produits que l’on vend parce qu’on vend la bière et le vin. Donc c’est 50 % de nos revenus.

René Ouellette, propriétaire d’un dépanneur à Saint-Jean d’Iberville

Au Québec, le nombre de dépanneurs tend de nos jours à diminuer. Les nombreux permis demandés pour exploiter ce type d’entreprise, la baisse des revenus liés à la vente de journaux papier et de cigarettes et les longues heures de travail exigées pour rester rentable en font fuir plus d’un.

Selon Michel Gadbois, président de l'Association québécoise des dépanneurs en alimentation, le nombre de dépanneurs a chuté de 35 % depuis les années 1990.

Couche-Tard, ou quand le dépanneur devient un empire

Le paysage des dépanneurs a bien changé depuis les années 1980. Si les petits indépendants se font moins nombreux, les dépanneurs Couche-Tard, eux, ont connu une ascension fulgurante au cours des dernières décennies.

Au Téléjournal, le 6 octobre 2003, Michel Marsolais présente un reportage sur l’achat par Alimentation Couche-Tard des dépanneurs CircleK aux États-Unis pour 1,12 milliard de dollars.

Le Téléjournal, 6 octobre 2003

En 1980, Alain Bouchard ouvre son premier dépanneur à Laval. Après avoir travaillé à l’administration pour les bannières Perrette et Provi-Soir, il fait sa première acquisition des dépanneurs Couche-Tard en 1985. Il achète 11 magasins.

Couche-Tard possède aujourd’hui plus de 16 000 établissements dans 27 pays.

L’acquisition fait faire un bond de géant au roi des dépanneurs. (…) Une chose est sûre, le monde des affaires ne regarde plus le dépanneur du coin comme avant.

Michel Marsolais, journaliste
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