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Ligne bleue : les coulisses de la bataille entre les Galeries d’Anjou et la STM

Ivanhoé Cambridge et Cadillac Fairview s'adressent aux tribunaux pour contester leur expropriation en vue du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal.

Plan de la ligne bleue incluant les stations projetées Pie-IX, Viau, Lacordaire, Langelier et Anjou

Le projet le plus récent du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal comprend cinq nouvelles stations jusqu'à l'arrondissement d'Anjou.

Photo : Radio-Canada

Les propriétaires des Galeries d’Anjou contestent à coup de mots virulents l’expropriation par la Société de transport de Montréal (STM) d’un vaste pan de leur terrain en vue d’y construire le terminus du futur prolongement de la ligne bleue.

Ces propriétaires sont nul autre que Cadillac Fairview et Ivanhoé Cambridge, le bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Ironiquement, CDPQ Infra, une autre filiale de la Caisse, avait bénéficié des largesses du gouvernement en 2017 pour procéder à des évictions sans possibilité de contestation, mais avec une compensation à une juste valeur, afin de construire le Réseau express métropolitain.

L’adoption du projet de loi 61 visant à accélérer les projets d’infrastructure, la semaine dernière, aurait d’ailleurs permis d’éviter un blocage du prolongement en raison d’une telle contestation, mais le gouvernement a perdu sa mise en incluant la ligne bleue dans son fourre-tout législatif.

Le 21 février, les propriétaires déposaient un recours en Cour supérieure pour contester l’avis d’expropriation visant une partie importante de leur terrain, soit près de 2000 places de stationnement et la démolition de plusieurs commerces et restaurants, dont Best Buy et McDonald’s.

Ledit terrain serait gravement amputé pour y construire une station de métro, un terminus d’autobus à ciel ouvert et un stationnement incitatif.

Il s’agit d’une expropriation sans précédent pour un centre commercial comme celui qu’exploitent les demanderesses [propriétaires].

Fasken Martineau DuMoulin, pour Cadillac Fairview et Ivanhoé Cambridge

« Démarche trompeuse » et « agenda caché », plaident les propriétaires

Une entente de collaboration avec la STM a débuté en 2016, mais depuis, il semble que les discussions aient dégénéré.

Dans leur recours, Cadillac Fairview et Ivanhoé Cambridge allèguent que la STM a abusé de son droit à l'expropriation, a fait cheminer son projet unilatéralement, n’a jamais eu l’intention de négocier de bonne foi et a tenu des réunions factices à des fins cosmétiques sans égards à leurs préoccupations et attentes.

Une semaine plus tard, la STM a demandé à la Cour supérieure de rendre irrecevable cette contestation, parce qu’elle serait mal fondée à sa face même en faits et en droit.

Il est manifeste que ce que les demanderesses [propriétaires] recherchent par leur demande est soit d’imposer leurs exigences et de contraindre la STM à les accepter, ou encore de retarder la réalisation du projet de telle façon que la STM se verrait contrainte d’accéder à leurs demandes pour respecter l’échéancier serré du projet.

DHC Avocats, pour la Société de transport de Montréal

Au même moment, la STM demandait au tribunal de poursuivre les procédures d’expropriation, malgré la contestation de Cadillac Fairview et d'Ivanhoé Cambridge, puisque tout retard causerait un préjudice considérable en compromettant la mise en service de l’ensemble du prolongement de la ligne bleue en 2026.

Une audience est prévue le 29 juin.

Les documents judiciaires ne disent pas ce que revendiquent les propriétaires comme compensation, et aucune partie n’a accepté de répondre à nos questions. Cependant, nous savons qu’au moins 300 millions de dollars des 4,5 milliards de la ligne bleue ont été réservés aux fins d’expropriation le long des 5,8 kilomètres et cinq stations.

Tout indique que la facture pourrait être bien plus salée.

Le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal

Le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal

Photo : Radio-Canada

Des délais de quatre ans?

Sur les près de 500 dossiers d’expropriation pour la ligne bleue, le gouvernement estime que la moitié pourrait faire l’objet de contestations. Celles-ci pourraient prolonger les délais jusqu’à quatre ans avant une première pelletée de terre, d’où cette idée de les bloquer par un projet de loi.

Dans le cas des Galeries d’Anjou, la démarche est-elle exagérée? Peut-être, répond la ministre déléguée aux Transports Chantal Rouleau. Voilà pourquoi il faut absolument modifier cette loi des expropriations pour permettre la réalisation du prolongement de la ligne bleue. C’est essentiel.

Il y a toujours eu des gens qui ont des moyens et qui veulent en profiter. C’est cela que ça permettrait d’éviter. Ça permettrait d’établir un meilleur équilibre et de travailler pour les gens qui ont vraiment besoin de ce service de transport collectif.

Chantal Rouleau, ministre déléguée aux Transports et responsable de la Métropole et de la région de Montréal

À la Ville de Montréal, la mairesse Valérie Plante préfère laisser le processus juridique suivre son cours avant de commenter, mais elle rappelle que l’arrivée du métro est une opportunité économique importante pour les propriétaires du secteur.

Avec la collaboration de Geneviève Garon

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