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La communauté gaie pleure la mort de la militante Sarah Hegazi

Sarah Hegazi brandit le drapeau arc-en-ciel dans la foule lors d'un concert au Caire en 2017.

Sarah Hegazi avait brandi le drapeau arc-en-ciel lors d'un concert au Caire en 2017.

Photo : Twitter/Amr Magdi

Radio-Canada

La militante gaie Sarah Hegazi, qui s'était réfugiée au Canada après avoir été torturée en Égypte, a été retrouvée morte samedi à Toronto, dans ce qui semble être un suicide.

La jeune femme de 30 ans n'aura donc pu réaliser son rêve de retourner dans son pays d'origine, se battre pour ceux qui sont persécutés en raison de leur orientation sexuelle ou de leurs convictions politiques.

Sarah Hegazi avait été emprisonnée à l'automne 2017, après avoir brandi le drapeau arc-en-ciel lors d'un concert au Caire du groupe libanais Mashrou'Leila. Le chanteur du groupe, Hamed Sinno, est ouvertement gai.

La vue du drapeau en avait choqué plusieurs dans la société égyptienne. Un mouvement de répression des membres de la communauté LGBTQ avait suivi. Sarah Hegazi avait été la seule femme arrêtée.

C'était un choc, pour la société conservatrice et le gouvernement égyptien, a raconté son ami Ahmed Alaa, qui avait lui aussi été emprisonné après avoir brandi le drapeau arc-en-ciel lors du concert.

Sarah Hegazi sourit au cours d'une entrevue.

Sarah Hegazi s'était réfugiée au Canada après avoir été emprisonnée et torturée en Égypte.

Photo : CBC/Evan Tsuyoshi Mitsui

Sarah Hegazi avait raconté lors d'entrevues avoir été torturée pendant trois mois par le gouvernement avant d'être libérée sous caution.

Craignant de nouvelles persécutions, dans un pays qui accuse régulièrement ses citoyens gais de débauche et de blasphème, la jeune femme s'était enfuie au Canada.

Dans une entrevue accordée à CBC en 2018, elle avait parlé du traumatisme causé par son emprisonnement, au cours duquel elle avait notamment été torturée avec des décharges électriques.

Je veux passer par-dessus et je veux oublier, avait-elle dit, mais je me sens toujours coincée en prison.

Sa vie était marquée par les cauchemars, la dépression et les attaques de panique. Elle souffrait aussi énormément de solitude.

Bien que reconnaissante de l'accueil du Canada, elle souhaitait retourner dans son pays, pour être près des siens, et pour continuer à se battre contre la discrimination, l'impérialisme occidental et le capitalisme.

D'après les informations de Nick Boisvert de CBC

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