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Jagmeet Singh refuse de s'excuser pour avoir traité un député bloquiste de raciste

Jagmeet Singh parle sur une tribune.

Le chef du NPD Jagmeet Singh a traité de « raciste » le député Alain Therrien, leader parlementaire bloquiste, mercredi à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La Presse canadienne

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n'a pas l'intention de passer l'éponge tant que son adversaire néo-démocrate Jagmeet Singh n'aura pas présenté des excuses.

Or, le bureau de Jagmeet Singh a fait savoir jeudi qu'il n'y aura pas d'excuses pour l'insulte lancée au député bloquiste Alain Therrien, mercredi. Et on estime que la punition imposée par le président de la Chambre, l'expulsion de M. Singh, est terminée.

M. Singh ne s'excusera pas. Le président a dit que c'était pour la journée hier. Ce qu'on comprend, c'est qu'il a droit à la Chambre aujourd'hui et il sera là, a écrit dans un courriel Mélanie Richer, porte-parole du bureau du chef néo-démocrate.

M. Singh a traité de raciste le député Alain Therrien, leader parlementaire bloquiste, parce que le Bloc a refusé l'unanimité de la Chambre pour l'adoption d'une motion qui affirme qu'il y a du racisme systémique à la GRC.

Le Bloc a expliqué que comme il venait d'appuyer une demande néo-démocrate d'une étude, en comité parlementaire, du racisme systémique dans les corps de police, y compris la GRC, la motion était prématurée.

Selon M. Blanchet, depuis mercredi après-midi, les médias sociaux de sa formation politique sont assaillis par des accusations de racisme.

C'est déplorable pour tous les élus et pour tous les gens qui travaillent au Bloc québécois. On se fait tous traiter de racistes en même temps, en tas.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

M. Blanchet réclame que le président de la Chambre n'accepte pas le retour de M. Singh sans excuses.

Si le président de la Chambre ne prend pas de mesures sévères, dans l'éventualité où le chef du NPD refuse de présenter des excuses sincères, à la hauteur et à la durée des accusations portées hier, n'importe qui dans le Parlement va se dire qu'il peut dire n'importe quoi et avoir une suspension de 24 heures, a-t-il fait valoir.

L'autorité de la présidence

Selon Yves-François Blanchet, il en va donc de l'autorité morale de la présidence.

La procédure et les usages de la Chambre des communes décrivent la marche à suivre pour le président Anthony Rota.

Si le député refuse d'obéir au Président et de se rétracter, la présidence peut refuser de lui accorder la parole jusqu'à ce qu'il ait retiré ses propos ou peut le « désigner par son nom pour mépris de l'autorité de la présidence et lui ordonner de se retirer de la Chambre pour le reste de la séance », peut-on lire dans le document.

Le reste de la séance signifie le reste de la journée. Et M. Rota a choisi cette avenue, mercredi, soit nommer M. Singh et l'expulser.

Le Bloc québécois a refusé de dire s'il contemplait la possibilité de recours légaux, M. Singh ayant répété l'insulte hors de la Chambre, mercredi en fin de journée, sans la protection du privilège parlementaire.

J'ai un immense malaise avec cette histoire-là. J'ai un immense malaise avec l'idée que ça s'étire et que ça perdure. [...] J'aimerais ça que ça finisse, a simplement répondu M. Blanchet.

Au parti, on indique qu'Alain Therrien réfléchit à ses diverses options et que la décision d'aller plus loin ou pas sera la sienne.

Réaction de Justin Trudeau

Ce n'est pas à moi de dire à un Canadien racialisé qu'il ne devrait pas rendre les autres mal à l'aise par ses propos quand ça vient à une question de racisme et de discrimination, a offert le premier ministre Justin Trudeau lorsqu'on lui a demandé son avis sur l'incident.

M. Trudeau n'a pas raté l'occasion, toutefois, à son point de presse de fin d'avant-midi, jeudi, de reprocher au Bloc québécois de refuser de reconnaître l'existence du racisme systémique au Canada.

Quelques heures plus tôt, M. Blanchet avait pourtant corrigé une fois de plus cette perception. Je crois à la notion de racisme systémique, avait répété le chef bloquiste.

Pour ce qui est du premier ministre du Québec qui, lui, a dit publiquement qu'il ne croit pas qu'il y ait du racisme systémique au Québec, M. Trudeau a dit ce qu'il en pensait, sans nommer François Legault.

Je pense que la première étape, c'est de reconnaître qu'il y a un problème pour pouvoir l'adresser. J'espère que le Bloc et d'autres organismes et paliers de gouvernement vont reconnaître que le racisme systémique existe, pour pouvoir mieux le contrer, a-t-il dit.

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