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Les services de garde en milieu familial en grève à travers le Québec

Des éducatrices se tiennent chaque côté du pont avec des drapeaux.

Des responsables de services de garde en milieu familial manifestent sur le pont Claude Richard à La Baie.

Photo : Radio-Canada / Louis Martineau

Radio-Canada

Les responsables des services de garde en milieu familial observent une journée de grève et de manifestations jeudi à travers le Québec pour dénoncer le manque de reconnaissance de leur profession.

Les parents qui profitent habituellement de ces services ne peuvent donc pas y conduire leur enfant pour la journée.

De Montréal à Saguenay, en passant par Québec, les 3000 membres de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) manifestent alors que les négociations doivent reprendre en soirée. L’entente collective entre les RSG et le gouvernement du Québec est échue depuis la fin mars 2019.

Les grévistes réclament notamment l'équité avec les travailleuses des centres de la petite enfance (CPE), d’autant plus que plusieurs services de garde ont dû fermer leur porte au cours des derniers mois en raison de problèmes financiers.

Les responsables des services de garde en milieu familial ne sont pas rémunérées à l'heure. C'est le ministère qui leur verse une subvention pour qu'elles offrent ce service à leur domicile.

Le syndicat considère que ces services de garde ont été abandonnés par Québec et déplore une fermeture totale du gouvernement envers l’amélioration des conditions de travail des milliers de femmes qui composent le réseau.

Depuis le début de l'année, ce sont des centaines de services de garde qui ont fermé, déplore la porte-parole des RSG à la CSN, Karine Morisseau.

Des enfants décorent des pots de terre avec des morceaux de papier.

Les négociations entre le ministère et les organisations syndicales qui représentent des responsables de services éducatifs en milieu familial durent depuis plusieurs mois déjà.

Photo : Gracieuseté de Geneviève Poulin

Le syndicat représente environ 3200 RSG sur un total de près de 10 000 au Québec.

Parmi les garderies touchées par les moyens de pression, 32 se trouvent aux Îles-de-la-Madeleine, 79 en Gaspésie, 120 dans la région de Rimouski et 53 ailleurs au Bas-Saint-Laurent.

Mme Morisseau juge qu’une amélioration des conditions de travail est nécessaire pour freiner l'exode massif des RSG qui quittent le métier.

Les éducatrices disent devoir composer avec des offres sous l’inflation projetée au cours des prochaines années, dans un contexte où la pandémie entraîne de nouvelles dépenses et des exigences accrues pour les milieux de garde.

À Saguenay, elles étaient une cinquantaine de femmes à manifester dans une ambiance bon enfant, tout en respectant la distanciation physique et le port du masque.

Marie-Christine Boies, présidente régionale du syndicat et organisatrice de la manifestation, dénonce l’incohérence du gouvernement.

Le ministère [de la Famille] a essayé de nous soutenir au début de la COVID-19, il nous a qualifiés d’anges gardiens, mais pourquoi n’est-on plus capable d’avoir une reconnaissance alors que nous sommes encore dans la [pandémie]? Après, on n’aura pas plus de reconnaissance.

Marie-Christine Boies

Le syndicat affirme que d’autres journées de grève sont prévues si les négociations n’avancent pas suffisamment.

Parallèlement, les 10 000 RSG qui sont syndiquées à la Fédération des intervenantes en petite enfance de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) entreprendront une grève tournante, puis une grève générale dans l'ensemble du Québec en septembre. Plus précisément, la grève tournante touchera l'ensemble des régions du 1er au 18 septembre. Puis une grève générale illimitée sera déclenchée à compter du 21 septembre, a fait savoir Valérie Grenon, présidente du syndicat.

Les offres du ministère de la Famille ont été rejetées dans une proportion de 82 %.

C’est un vote qui est franc. Vous n’en voulez pas de l’offre globale du ministère. Il y a un message clair au ministère de la Famille : il faut renvoyer les offres sur la planche à dessin.  […] C’est le 21 septembre que les 10 0000 [responsables garderies en milieu familial de la CSQ] vont être en grève illimitée, donc il faut agir maintenant.

Valérie Grenon

Mme Grenon a déjà indiqué en entrevue qu'elle recommande de rejeter les offres « finales et globales » du ministère, qu'elle considère comme risibles.

En réaction, le ministère de la Famille, Mathieu Lacombe, a déploré le rejet de ses offres, invitant les syndicats à « se rasseoir à la table de négociation afin de conclure une entente acceptable pour toutes les parties ».

Nous le disons depuis le début, nous ne négocierons pas sur la place publique, a affirmé Antoine de la Durantaye, attaché de presse du ministre. Les responsables de services de garde souhaitent se faire entendre au-delà de la table de négociation et c’est leur droit. Toutefois nous déplorons que ce soient les parents et nos tout-petits qui fassent les frais de ces moyens de pression.

Avec les informations de Louis Martineau et Djavan Habel-Thurton

Avec les informations de La Presse canadienne

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