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Revers pour Trump : la Cour suprême des États-Unis valide le statut des Dreamers

Deux jeunes tiennent des pancartes sur lesquelles sont écrits des slogans en faveur des Dreamers.

L'administration Trump tentait d'abolir la protection dont jouissaient 700 000 jeunes migrants depuis 2012.

Photo : Getty Images / John Moore

Agence France-Presse

La Cour suprême des États-Unis s'est attiré jeudi les foudres de Donald Trump en validant la protection dont bénéficient 700 000 jeunes migrants baptisés Dreamers (sans-papiers). Un statut que désirait abolir le président.

Après avoir étendu lundi les droits des salariés homosexuels et transgenres, la plus haute juridiction des États-Unis, pourtant profondément remaniée par Donald Trump, a accordé jeudi sa protection à ces jeunes migrants, arrivés clandestinement aux États-Unis quand ils étaient enfants.

Avez-vous l'impression que la Cour suprême ne m'aime pas?, a tweeté le locataire de la Maison-Blanche en dénonçant des décisions politiques et horribles.

Jusqu'ici, Donald Trump ne cessait de vanter ces « deux juges formidables », qui ont renforcé la majorité conservatrice de la Cour. Désormais, il réclame un second mandat pour consolider ce bloc. Votez en 2020, a-t-il encore tweeté.

Dans une décision prise à une courte majorité (cinq juges sur neuf), la Cour suprême a jugé arbitraire et capricieuse la volonté de l'administration républicaine de mettre un terme à un programme adopté en 2012 par le président démocrate Barack Obama, qui empêchait de les expulser.

Il y a huit ans, nous protégions ces jeunes. [...] Aujourd'hui, je suis content pour eux, pour leurs proches et pour nous tous, a de son côté affirmé Barack Obama.

Les jeunes concernés vont donc pouvoir se maintenir sur le sol américain et conserver les numéros de sécurité sociale, précieux sésame pour étudier, travailler, conduire... que leur avait accordé le président Obama.

Je me préparais au pire, a réagi l'un d'eux, Jesus Contreras, un professionnel de la santé de Houston, arrivé enfant du Mexique.

C'est bon de savoir qu'on est protégé et en sécurité, au moins pour l'instant.

Jesus Contreras

Les Dreamers étaient dans l'incertitude depuis l'élection de Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un de ses chevaux de bataille. En 2017, il avait décidé de mettre un terme au programme de son prédécesseur, baptisé DACA, le décrétant illégal.

Saisis en urgence, des tribunaux avaient suspendu sa décision, offrant un répit aux jeunes migrants qui pour la plupart n'ont pas ou peu de liens avec leur pays d'origine.

Cinq juges contre quatre

Le gouvernement avait alors fait appel jusqu'à la plus haute juridiction, qui a finalement décidé de lui donner tort pour des raisons de procédure.

Nous ne disons pas si DACA ou sa suppression étaient des politiques fondées. La "sagesse" de ces décisions n'est pas de notre ressort, écrit dans l'arrêt le chef de la Cour John Roberts, qui a joint sa voix à ses quatre collègues progressistes.

Nous avons seulement cherché à savoir si le gouvernement avait suivi les obligations de procédure et fourni une explication raisonnée à son action, a-t-il poursuivi. Et dans ce dossier, il a échoué, a-t-il conclu.

Si cette décision a déclenché la colère de la Maison-Blanche, elle a été immédiatement saluée par l'opposition démocrate, le monde économique et la société civile.

Un apport pour la société

La décision de Trump de suspendre le programme DACA était l'une des plus laides et cruelles jamais prise par un président, et il a perdu, a tweeté le sénateur Bernie Sanders, en félicitant les Dreamers et leurs soutiens pour cette énorme victoire.

Notre nation dépend de professionnels talentueux comme les bénéficiaires du DACA, a renchéri l'association TechNet qui représente des employeurs du secteur des hautes technologies.

Pour la grande association de défense des droits civiques ACLU, cette décision confirme ce que nous avons toujours su : l'Amérique est leur pays.

Les défenseurs de ces jeunes ont, tout au long de la procédure, insisté sur l'importance de leur contribution à la vie des États-Unis.

En avril, ils avaient transmis un nouvel argumentaire à la Cour pour souligner le rôle joué par ces jeunes migrants dans la réponse à la pandémie de COVID-19.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des manifestants, plusieurs ayant le poing en l'air, se tiennent debout devant la Cour suprême.

Environ 27 000 bénéficiaires du programme DACA sont des professionnels de la santé, dont des infirmiers, des dentistes, des pharmaciens, des aides-soignants, des aides à la personne... et environ 200 sont des étudiants en médecine, des internes ou des médecins, avaient-ils souligné, en mettant en garde contre l'impact catastrophique de la fin du programme DACA.

De son côté, Donald Trump, conscient de leur popularité dans l'opinion publique, a toujours soufflé le chaud et le froid sur les Dreamers.

Beaucoup de bénéficiaires de DACA, plus tout jeunes, sont loin d'être des "anges". Certains sont des criminels endurcis, avait-il tweeté le jour de l'audience, le 12 novembre, tout en promettant de chercher une solution pour qu'ils puissent rester sur le sol américain.

Dans le passé, il avait essayé de les utiliser comme monnaie d'échange avec son opposition, proposant de leur accorder un statut définitif en échange de financement pour son mur à la frontière avec le Mexique.

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