•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Du Roundup utilisé dans le sentier de la falaise de Sillery

Le désherbant Roundup de Monsanto.

La Ville de Québec utilisera le Roundup pour des travaux préparatoires à l'aménagement du sentier de la falaise.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

La Ville de Québec utilisera l'herbicide Roundup, à base de glyphosate, pour des travaux préparatoires à l'aménagement du sentier de la falaise, sur les grands domaines de Sillery. Elle estime le recours à ce produit « exceptionnel » mais nécessaire en raison de la présence de plantes envahissantes et nuisibles à l'humain.

La Ville prévoit amorcer la phase 1 des travaux d'aménagement du sentier cet automne afin de livrer le projet en 2021. Des travaux préparatoires sont déjà en cours sur le terrain.

Martine Després, une citoyenne qui fréquente l'endroit depuis une quinzaine d'années, marchait le long de la falaise la semaine dernière quand elle a aperçu des travailleurs. Je leur ai demandé ce qu'ils étaient en train de faire, raconte-t-elle.

Le groupe procédait essentiellement à l'arrachage mécanique de certaines espèces nuisibles comme l'herbe à poux et l'herbe à puce, présents aux abords du sentier aux points de vue spectaculaires.

Lieu de coupe de plantes envahissantes

Certaines plantes nuisibles aux abords du sentier de la falaise ont été coupées dans les derniers jours.

Photo : Radio-Canada / David Rémillard

La suite de la réponse a inquiété Mme Després. Une fois les coupes terminées, la Ville va épandre du Roundup, lui a-t-on indiqué.

La citoyenne s'explique mal cette décision et a commencé à mobiliser le voisinage. On aimerait que la Ville montre l'exemple pour les générations futures, tranche-t-elle, déplorant que l'utilisation de l'herbicide controversé n'avait pas été mentionnée lors de rencontres d'information sur l'aménagement du sentier.

La Ville a expliqué dans sa séance d'information [sur le projet] qu'elle souhaitait respecter l'environnement et la nature. Je trouve que ce n'est pas très cohérent d'utiliser du Roundup.

Une citation de :Martine Després

En plus de s'inquiéter pour la biodiversité, les insectes et les animaux, Mme Després évoque la présence du Collège Jésus-Marie à proximité. Des élèves, dit-elle, ont l'habitude de fréquenter les terrains où sera aspergé le produit.

La direction du Collège a refusé de commenter la situation, mais n'était visiblement pas au courant des intentions de la Ville.

Une affiche anti-Roundup dans un sentier boisé

Martine Després a placé des affiches le long du sentier pour sensibiliser et mobiliser les marcheurs.

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

« Cas exceptionnel »

Invitée à réagir, l'administration municipale confirme qu'elle utilisera le Roundup prochainement dans le cadre de ses travaux.

L'usage de Roundup est limité dans les cas exceptionnels d'infestation de la berce du Caucase, de l'herbe à poux, de l'herbe à puce ou de la renouée du Japon, explique David O'Brien, porte-parole de la Ville de Québec, parlant d'une solution de dernier recours.

L’application, ajoute M. O'Brien, sera confiée à une firme professionnelle. Au total, 5000 m2 seront couverts par l'opération. La réglementation exige un affichage dans les 24 heures suivant l'épandage du Roundup, ce que la Ville fera.

La Ville de Québec respecte en tout temps les législations fédérales et provinciales en la matière et possède les autorisations nécessaires pour procéder ainsi.

Une citation de :David O'Brien, porte-parole de la Ville de Québec

Selon la Ville, les plantes ciblées peuvent porter atteinte à l'humain ou aux végétaux comme c'est le cas pour les travailleurs qui seront impliqués prochainement dans la construction du Sentier des Grands-Domaines-de-Sillery.

Dans ce cas précis, les autres méthodes et alternatives comme le fauchage, l’arrachage manuel ou le bâchage ont été écartées à cause du risque de contaminer la personne qui fauche ou qui arrache la plante, poursuit David O'Brien.

Une importante colonie d'herbe à puce se trouve dans la falaise. Quant à la berce du Caucase, elle contient des toxines pouvant causer des lésions s'apparentant à des brûlures.

La Ville affirme qu'il en va aussi de la sécurité des citoyens qui emprunteront le sentier par la suite.

Le plan du futur sentier de la falaise à Québec

Le plan du futur sentier de la falaise.

Photo : Courtoisie / Ville de Québec

Produit controversé

Le glyphosate, contenu dans le produit Roundup commercialisé par la multinationale Bayer-Monsanto, est source de débats depuis des années. Il est amplement répandu dans le milieu agricole.

Depuis que l'Organisation mondiale de la santé l'a classé comme agent cancérogène probable pour les humains, en 2015, son usage a été restreint à certains endroits dans le monde, mais pas au Canada.

Santé Canada a renouvelé son autorisation en 2017 pour une période de 15 ans. Le fédéral a conclu que le produit était sans danger si utilisé et étiqueté de manière appropriée. Une réévaluation de la décision est arrivée aux mêmes conclusions en 2019.

En Italie, par exemple, le glyphosate n'est plus utilisé dans les lieux publics comme les parcs. Même chose en France, qui a également restreint la vente de produits à base de glyphosate en ce qui concerne les usages non professionnels.

L'an dernier, l'Autriche est devenu le premier pays de l'Union européenne à interdire tout produit à base de glyphosate.

En l'absence de certitudes et de consensus scientifiques, ces gouvernements ont décidé d'appliquer le principe de précaution. Principe évoqué par la Ville de Montréal lorsqu'elle a annoncé son intention de bannir le produit.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !